La France a perdu
800 000 emplois industriels en 10 ans. En 2013, la région Nord Pas de
Calais a perdu 9 000 postes, dont 5 300 dans l’industrie et la
production industrielle n’a pas donné signe de reprise en mars dans notre
région selon le bulletin de conjoncture de la Banque de France(source Voix du Nord du 14
avril 2014).
Pourtant
l’industrie crée des emplois d’ingénieurs et de techniciens supérieurs
essentiellement, des emplois d’intelligences comme les industrielles aiment à
le dire. Parallèlement, l’automatisation et la concurrence mondiale a eu raison
de la main d’œuvre.
Dans l’industrie
même l’emploi manuel s’est transformé. La maintenance ou le pilotage des
machines sont devenus hyper spécialisés.
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L’industrie peut-elle changer d’image ?
L’industrie change,
évolue, se transforme mais son image perdure. La pénibilité, le travail de
force, la saleté, les risques sanitaires lui collent à la peau.
Pire, l’industrie
est toujours perçue comme très polluante. Sur le dunkerquois comme partout
ailleurs. Rien n’y fait, même si les rejets ont été divisé par 4 en quelques
années sur le littoral, même si les rejets de métaux lourds ont été divisés par
10, même si 39 millions d’euros ont été investis par les industries du littoral
ces dernières années.
Les vieux
stéréotypes ont la vie dure. Et ce ne sont pas les fermetures d’usines et les
plans sociaux qui amélioreront l’image de l’industrie. Au contraire, les
efforts de communication de tous sont réduits à néant ou presque par quelques
uns hyper médiatisés.
Ce n’est pas le
système de rémunération des actionnaires qui arrangera les choses. Dans
l’ « Eco réseau » d’avril 2014 ont peut lire « En
janvier, le laboratoire Clersé de l’université de Lille-I a rendu une étude
comparative sur les choix des actionnaires des entreprises françaises et
allemandes quant au versement de dividendes, et mis en évidence des chiffres
éloquents : « Entre 1999 et 2008, les firmes allemandes ont réduit
leur taux de versement des dividendes d’environ 10%. Entre ces deux mêmes
années, les firmes françaises ont, quant à elles, augmenté leur taux de
versement d’environ 50%. Malgré la crise économique de 2009, les entreprises
ont continué de verser un montant élevé de dividendes. » Au moment où les
partenaires sociaux signent le Pacte de responsabilité, qui vise à réduire le
coût du travail et, donc, à augmenter les bénéfices, la crainte est grande de
voir tout cela bénéficier d’abord aux actionnaires plutôt qu’à l’investissement
et à l’emploi. »
L’industrie made in
France.
Il faut qu’un
ministre du redressement productif fasse la une du magazine du Parisien, revêtu
d’une marinière pour faire parler des entreprises françaises, de leur savoir
faire, de leur valeur ajoutée.
Mais ces coups
médiatiques sont peu nombreux et ne suffisent pas à modifier l’image inscrite
dans nos habitudes de consommation. Leurs raretés en font des curiosités, leurs
manques de répétition n’en font pas une communication efficace.
Elles ont toutefois
le mérite d’exister.
Les ouvriers
français sont parmi les plus productifs du monde. Malheureusement seulement 3%
de la valeur ajoutée sont réinvestis dans l’appareil productif, le reste
alimente la finance.
L’initiative de Toyota
au Japon, deuxième pays le plus robotisé au monde après la Corée du sud, qui pour gagner en productivité a décidé de
réembaucher des hommes est à observer avec beaucoup d’attention. En effet,
Libération du 9 avril 2014 nous apprend que « Remplacer les robots par
des hommes : c’est la pari tenu par Toyota au Japon. Le premier constructeur
mondial d’automobiles expérimente un retour à la main-d’œuvre humaine sur une
centaine de postes en usine. Toyota explique que l’homme ne peut plus dépendre
de la machine, qu’il doit la maîtriser et que cela ne peut passer que par la
connaissance de la tâche effectuée… l’expérience semble concluante : elle
a permis à Toyota de réduire de 10ù les gaspillages dans la production de
vilebrequins et de raccourcir la chaîne de montage. Certains coûts de
production ont également été réduits comme pour les châssis ou les arbres de
direction. »
La communication
nouvelle des entreprises
Une enquête de
l’institue du leadership (filiale de BPI-Leroy consultants), indique que 60%
des salariés n’osent plus dire ce qu’ils pensent vraiment, tandis que 50%
s’estiment mal informés sur la stratégie, le fonctionnement, les priorités,
etc., de leur organisation.
Pour Philippe
Bigard, directeur de l’institut du leadership, « la com ultra positive des
entreprises est mal perçue par les salariés. Elle alimente la défiance
vis-à-vis de leur hiérarchie. Pour convaincre, aujourd’hui, le management doit
trouver le juste milieu entre authenticité et maîtrise de sa communication. Il
doit assumer une forme de sincérité. »
Pour Gérald
Kartensi, pdg de Hewlette-Packard France, il n’y a pas de
mystère « il faut communiquer, communiquer et communiquer
encore ! Sinon, le message s’efface. » (Source magazine Management avril 2014).
La communication
s’est d’abord contentée de jouer la différenciation par rapport à la
concurrence. Il s’agissait exclusivement d’une bataille d’image.
Puis la crise et la
montée inexorable du chômage dans les années 1990 ont modifié la fonction
communication. Il s’agissait alors de gérer les
mauvaises nouvelles et limiter l’impact négatif sur l’image des
entreprises.
Aujourd’hui, la
communication doit évoluer et être repensée
pour rétablir le lien entre la parole des salariés et l’efficacité
économique (Source
Refonder la communication d’entreprise de Jean-marie Charpentier et Vincent
Dubois, édts FYP).

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