vendredi 23 mai 2014

L’image de l’industrie

La France a perdu 800 000 emplois industriels en 10 ans. En 2013, la région Nord Pas de Calais a perdu 9 000 postes, dont 5 300 dans l’industrie et la production industrielle n’a pas donné signe de reprise en mars dans notre région selon le bulletin de conjoncture de la Banque de France(source Voix du Nord du 14 avril 2014).
Pourtant l’industrie crée des emplois d’ingénieurs et de techniciens supérieurs essentiellement, des emplois d’intelligences comme les industrielles aiment à le dire. Parallèlement, l’automatisation et la concurrence mondiale a eu raison de la main d’œuvre.
Dans l’industrie même l’emploi manuel s’est transformé. La maintenance ou le pilotage des machines sont devenus hyper spécialisés.

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L’industrie peut-elle changer d’image ?
L’industrie change, évolue, se transforme mais son image perdure. La pénibilité, le travail de force, la saleté, les risques sanitaires lui collent à la peau.

Pire, l’industrie est toujours perçue comme très polluante. Sur le dunkerquois comme partout ailleurs. Rien n’y fait, même si les rejets ont été divisé par 4 en quelques années sur le littoral, même si les rejets de métaux lourds ont été divisés par 10, même si 39 millions d’euros ont été investis par les industries du littoral ces dernières années.
Les vieux stéréotypes ont la vie dure. Et ce ne sont pas les fermetures d’usines et les plans sociaux qui amélioreront l’image de l’industrie. Au contraire, les efforts de communication de tous sont réduits à néant ou presque par quelques uns hyper médiatisés.
Ce n’est pas le système de rémunération des actionnaires qui arrangera les choses. Dans l’  « Eco réseau » d’avril 2014 ont peut lire  «  En janvier, le laboratoire Clersé de l’université de Lille-I a rendu une étude comparative sur les choix des actionnaires des entreprises françaises et allemandes quant au versement de dividendes, et mis en évidence des chiffres éloquents : « Entre 1999 et 2008, les firmes allemandes ont réduit leur taux de versement des dividendes d’environ 10%. Entre ces deux mêmes années, les firmes françaises ont, quant à elles, augmenté leur taux de versement d’environ 50%. Malgré la crise économique de 2009, les entreprises ont continué de verser un montant élevé de dividendes. » Au moment où les partenaires sociaux signent le Pacte de responsabilité, qui vise à réduire le coût du travail et, donc, à augmenter les bénéfices, la crainte est grande de voir tout cela bénéficier d’abord aux actionnaires plutôt qu’à l’investissement et à l’emploi. »

L’industrie made in France.
Il faut qu’un ministre du redressement productif fasse la une du magazine du Parisien, revêtu d’une marinière pour faire parler des entreprises françaises, de leur savoir faire, de leur valeur ajoutée.
Mais ces coups médiatiques sont peu nombreux et ne suffisent pas à modifier l’image inscrite dans nos habitudes de consommation. Leurs raretés en font des curiosités, leurs manques de répétition n’en font pas une communication efficace.
Elles ont toutefois le mérite d’exister.
Les ouvriers français sont parmi les plus productifs du monde. Malheureusement seulement 3% de la valeur ajoutée sont réinvestis dans l’appareil productif, le reste alimente la finance.
L’initiative de Toyota au Japon, deuxième pays le plus robotisé au monde après la Corée du sud,  qui pour gagner en productivité a décidé de réembaucher des hommes est à observer avec beaucoup d’attention. En effet, Libération du 9 avril 2014 nous apprend que «  Remplacer les robots par des hommes : c’est la pari tenu par Toyota au Japon. Le premier constructeur mondial d’automobiles expérimente un retour à la main-d’œuvre humaine sur une centaine de postes en usine. Toyota explique que l’homme ne peut plus dépendre de la machine, qu’il doit la maîtriser et que cela ne peut passer que par la connaissance de la tâche effectuée… l’expérience semble concluante : elle a permis à Toyota de réduire de 10ù les gaspillages dans la production de vilebrequins et de raccourcir la chaîne de montage. Certains coûts de production ont également été réduits comme pour les châssis ou les arbres de direction. »

La communication nouvelle des entreprises
Une enquête de l’institue du leadership (filiale de BPI-Leroy consultants), indique que 60% des salariés n’osent plus dire ce qu’ils pensent vraiment, tandis que 50% s’estiment mal informés sur la stratégie, le fonctionnement, les priorités, etc., de leur organisation.
Pour Philippe Bigard, directeur de l’institut du leadership, « la com ultra positive des entreprises est mal perçue par les salariés. Elle alimente la défiance vis-à-vis de leur hiérarchie. Pour convaincre, aujourd’hui, le management doit trouver le juste milieu entre authenticité et maîtrise de sa communication. Il doit assumer une forme de sincérité. »
Pour Gérald Kartensi, pdg de Hewlette-Packard France, il n’y a pas de mystère « il faut communiquer, communiquer et communiquer encore ! Sinon, le message s’efface. » (Source magazine Management avril 2014).

La communication s’est d’abord contentée de jouer la différenciation par rapport à la concurrence. Il s’agissait exclusivement d’une bataille d’image.
Puis la crise et la montée inexorable du chômage dans les années 1990 ont modifié la fonction communication. Il s’agissait alors de gérer les  mauvaises nouvelles et limiter l’impact négatif sur l’image des entreprises.

Aujourd’hui, la communication doit évoluer et être repensée  pour rétablir le lien entre la parole des salariés et l’efficacité économique (Source Refonder la communication d’entreprise de Jean-marie Charpentier et Vincent Dubois, édts FYP).  


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