L’idée que l’on se fait d’un film, d’un album ou d’un livre à découvrir se révèle parfois plus forte que la découverte elle-même. Pour autant, nous ne sommes pas forcément déçus : le contenu peut s'avérer de grande qualité, tout en restant, peu ou prou, à distance de nos attentes. Cela ne ressemble ni à un regret ni à une déception, mais plutôt à une simple mise à niveau entre nos fantasmes et ce que les auteurs, compositeurs ou réalisateurs ont choisi de nous proposer. En réalité, nous créons facilement « l’œuvre avant l’œuvre ». Nous voudrions que nos propres désirs soient la réalité des autres.
Un oeil sur la com', un autre sur le monde
Le blog qui décrypte et explique, qui informe et éclaircit sur la communication.
lundi 22 juin 2026
L’œuvre avant l’œuvre
Il
s’agit là d’une tendance qui dépasse le cadre artistique pour toucher tous les
domaines. Qu'il s'agisse de culture, de vie en collectivité ou de la marche du
monde, nous aimerions que tout s’adapte parfaitement à nous. C'est un penchant
individualiste qui se heurte au commun, à l’ouverture à l’autre et à cette
capacité de « faire société », comme on le dit aujourd’hui.
vendredi 19 juin 2026
Le piège du bavardage
Attirer l’attention devient le grand enjeu de notre société d’hypercommunication, à l’ère des réseaux sociaux et de la surmédiatisation. Quels que soient les moyens employés, l’indifférence y est perçue comme l’ennemi mortel.
Mais le
bavardage relève-t-il vraiment de la communication ? Cette disposition
reflète-t-elle l’esprit de celles et de ceux qui s'y livrent ? Parfois, les
mots s’accumulent et les idées s’absentent. On parle alors pour ne pas laisser
de place au silence, quitte à ne plus savoir précisément ce que l’on raconte.
On comble les espaces de peur que le vide de l’indifférence ne s’impose. Dès
lors, un flot de paroles sans interruption peut-il encore s’apparenter à un
dialogue ?
mardi 16 juin 2026
Retrouver l'essentiel : la démarche 3S
La communication s’installe au cœur de notre vie, de nos liens familiaux et sociaux, de notre parcours professionnel, de notre besoin chronique de reconnaissance, ainsi que de la confiance en soi qui se construit dans les réussites. Elle est tout aussi présente dans l’appréhension de nos échecs, dans notre façon d’aborder le monde et dans ce qu’il nous inspire.
Chaque jour, dans cet
effort de communication, notre recherche d’efficacité nécessite une parfaite
clarté sur le pourquoi, le comment et le pour qui. Toute réflexion me ramène
ainsi à la communication 3S - Sens, Simplicité, Sincérité -que j’ai
conceptualisée et que je défends avec assiduité.
Agir pour exister
Nos victoires, aussi modestes soient-elles, constituent des repères essentiels auxquels s’accrocher pour continuer à avancer et ne pas renoncer. Nous construisons les possibles de demain par ce que nous réalisons aujourd’hui : rien n’advient sans action. Oser entreprendre, c'est déjà amorcer le changement. Prendre des risques peut effrayer, mais lorsqu’ils sont mesurés, ils s'avèrent souvent les plus féconds.
La
confiance se bâtit au long cours. En amont, l’interrogation, la méfiance et la
distance sont autant de passages obligés qui précèdent l’acceptation.
Parfois,
lorsque les difficultés s'accumulent, nous pouvons sombrer dans un profond
pessimisme. Cet état d’esprit s'assombrit encore, donnant l'illusion d'ombres
prêtes à planer sur nos existences. Mais au bout du compte, nous restons
habités par la quête de ce que nous considérons comme le bonheur. Chacun le
définit à sa façon, y projette ses propres aspirations et pousse le curseur
plus ou moins loin. C’est le propre d’une quête constante, l'œuvre de toute une
vie.
S'inscrire dans la marche du monde
Observer le monde ne suffit pas : y agir représente la meilleure des options. Se contenter de le raconter ne peut être satisfaisant ; essayer d’en écrire ne serait-ce qu’une miette sera bien plus valorisant. Écrire le souffle du monde ou vouloir participer à son histoire peut paraître prétentieux. Mais n’est-ce pas le rôle de chacun d’entre nous ?
Pour autant, se croire le centre du monde nous berce d’illusions, alors que s’inscrire dans sa marche renforce notre confiance en nous. Le monde d’aujourd’hui ne connaît plus de bornes dans l’extravagance ni dans le dépassement des limites de la raison. Cela profite à quelques-uns et désespère tous les autres — c'est-à-dire la grande majorité — face à d'incommensurables injustices.
lundi 15 juin 2026
Le rempart contre l'ignorance ou Expliquer la marche du monde
Chaque matin, la lecture du journal offre une occasion salutaire de s’extraire de sa bulle pour se reconnecter au monde. C'est le moyen de ressaisir le fil des événements et de décrypter ces décisions publiques qui impactent directement nos vies. Loin d'être un simple outil pour alimenter les conversations de bureau, cette habitude permet d'anticiper l’avenir : elle éclaire ce qu’il convient d’entreprendre, de planifier, de reporter ou d'annuler. En enrichissant nos connaissances, elle aiguise notre esprit critique et nourrit nos réflexions sur les mutations de la société et les défis majeurs auxquels nous faisons face.
S’informer est le meilleur rempart contre la solitude de
l’ignorance. C'est un exercice qui nous rapproche des autres et maintient notre
conscience en éveil. En favorisant la connaissance et la compréhension,
l'information désamorce les préjugés, les refus et les rejets. Chaque fait
appris s'agrège naturellement à nos acquis antérieurs, venant enrichir un
corpus de connaissances qui ne se perd jamais.
Expliquer la marche du monde est une tâche complexe, mais c'est précisément l'ambition - pour ne pas dire la mission - que s'impose l'information. Rendre intelligible ce qui nous entoure et nous touche directement, mettre en perspective, analyser et simplifier sans outrance : telles sont les exigences fondamentales qui incombent aux médias d'aujourd'hui.
vendredi 12 juin 2026
Alléger la mémoire, déployer l'idée
Tout noter sur notre agenda, c’est la garantie de retrouver des informations qui n’ont pas vocation à encombrer notre mémoire. Il s’agit de laisser de la place à ce que nous considérons comme réellement important.
Face à nos
limites, l'utilisation de différents supports nous permet de ne rien oublier et
de conserver, pour un usage ultérieur, les idées qui s'accumulent au fil de nos
réflexions. Agenda, carnet, brouillon : à tout instant, les mots, les phrases
et les textes s’imposent, comme si l’essentiel résidait dans l’idée développée
le plus loin possible.
Mes carnets
sont une extension de moi-même, le disque dur externe de ma mémoire. Sans eux,
comment être un tant soit peu productif ? Le "moins bon", forcément
présent, ne doit pas contrarier ce qui peut être utile à mes projets. Nous ne
pouvons pas tout retenir ; par conséquent, ne pas noter revient à perdre ce qui
pourrait être nécessaire, pour ne pas dire indispensable.
Nos actes
nous viennent à l’esprit avant de se concrétiser. René Descartes nous disait :
« Je pense, donc je suis ». Autrement dit : je pense donc j’existe, je pense
donc j’agis. J’existe en fonction de mes actions. De fait, par extrapolation,
peut-on affirmer : « Je suis ce que je fais, j’existe à condition d’agir » ?
De quoi notre
curiosité se nourrit-elle ? En observant ce qui nous attire, nous titille ou
éveille notre intérêt, nous pouvons deviner nos centres d’intérêt récurrents et
structurants. Nos recherches révèlent ce que nous essayons de comprendre.
Nous avons
toutes et tous nos préférences en termes de plume, de stylo, de papier ou de
support. Reste que si la facilité d’écriture n’influence pas directement le
contenu, elle favorise le plaisir d’écrire et, par là même, l’envie de
poursuivre la phrase, le paragraphe, le chapitre ou l’ouvrage.
jeudi 11 juin 2026
L’Harmonie des Contraires
La lutte entre convictions et ambitions résonne à chaque instant de notre vie. Ce combat intime s’exprime différemment en chacun de nous. La tension qui en résulte peut nous broyer, comme elle peut nous pousser à trouver notre propre voie. Dans ce second cas, nous nous confrontons à nous-mêmes pour mieux nous positionner et tracer un chemin forcément unique, mais toujours indispensable. Nous nous défions pour relancer une machine qui, autrement, s'endormirait dans le ronronnement de rassurantes habitudes. Nous sommes le produit concret de cette dualité, qu'elle se manifeste posément ou fiévreusement.
Parce
que nos émotions gouvernent nos actions, nous ne pouvons plus ignorer ce
questionnement que nous portons tous en nous, parfois même inconsciemment. Nos
interrogations, nos remises en cause et nos dualités sont des richesses uniques
que nous sommes les seuls à pouvoir offrir au monde.
mercredi 10 juin 2026
Changer de regard pour simplifier l'immense
Ce qui effraie de prime abord gagne à être envisagé sous un autre angle. Une tâche dont la dimension rebute peut être décomposée en plusieurs actions simples : fractionner le travail le rend tout de suite moins intimidant. Une destination qui nous sort de nos habitudes, et dont on se fait souvent à tort une montagne, doit s’aborder par étapes. Il s’agit d’identifier les jalons à franchir l'un après l'autre et de les planifier méthodiquement. Maîtriser le trajet, le transport, l’hébergement ou les horaires suffit à désamorcer l’inconnu d'un déplacement.
De même, rédiger un
texte, concevoir un cours universitaire, débuter un ouvrage ou formuler un
projet — bref, tout ce qui s’expose à la lecture et à la critique — peut
générer un blocage et paraître insurmontable. Dans ce cas, la meilleure
approche consiste à jeter des notes sur le papier, parfois de simples mots ou
des phrases éparses, à laisser libre cours à son imagination et à trouver le
bon angle d’attaque. Il sera toujours temps, ensuite, de retravailler l'ensemble
pour lui donner sa cohérence et sa forme définitive.
Ces trois exemples
démontrent que la complexité naît souvent de notre volonté de tout embrasser
d’un seul coup, d’un seul tenant, d’un même mouvement. À l’inverse, la
simplicité réside dans l’art de ne voir le but à atteindre que comme une
succession de petits pas à accomplir. C’est cette dynamique, menée pas à pas,
qui édifie patiemment une œuvre plus grande et plus ambitieuse.
mardi 9 juin 2026
Le contrat de lecture : le piège de la confiance ?
Le contrat de lecture entre un média et son public repose sur un a priori de confiance, ce qui conduit souvent à accepter l’information d’emblée, sans la remettre en question. Cette acceptation tacite peut toutefois nous pousser plus loin, jusqu'à :
Abandonner
notre esprit critique ;
Approuver
les analyses et les conclusions sans réserve ;
Adopter,
par simple habitude, une manière de penser induite par la ligne éditoriale ;
Renoncer
à rechercher d'autres points de vue ou des approches alternatives.
Ces
effets induits s'apparentent, pour ne citer qu'eux, à autant de renoncements.
Le
contrat de lecture se présente également comme un rendez-vous ritualisé. Un média
propose à son public une mise en forme de l’actualité qui offre des repères et
une facilité de lecture. Grâce à une mise en page et un rubricage constants,
chaque lecteur ou lectrice retrouve quotidiennement un usage coutumier du
média.
En somme, le contrat de lecture donne à voir une certaine interprétation du monde que l’on accepte par adhésion, par habitude ou par paresse, sans plus la questionner. Il peut ainsi devenir un piège dès lors qu'il s'accompagne d'un manque de curiosité.
lundi 8 juin 2026
Changer ou subir
Le monde change tout autour de nous, dans l’espoir secret que cela ne modifiera rien à notre propre existence. Bien souvent, nous soutenons le changement à l’unique condition qu’il n'induise rien à notre niveau et qu’il ne nous touche qu’un minimum.
Mais peut-on
réellement se protéger du mouvement du monde ? Refuser les progrès techniques,
technologiques et numériques, c’est tenter de rester coincé sur son Aventin en
espérant être épargné. Une telle posture est une illusion. Se retrancher
derrière un « c’était mieux avant » est certes commode pour qui souhaite ne pas
bouger, mais face à des évolutions qui s’enchaînent à une vitesse vertigineuse,
le refus a priori n'est pas une défense : c'est une abdication.
Nous sommes des monstres d’habitudes et toute adaptation demande un effort considérable. Il n’y a rien de naturel dans le changement. Il exige des renoncements, une malléabilité de nos routines et le courage de concevoir une approche entièrement nouvelle de notre vie courante, professionnelle et personnelle. C'est à ce prix, et à ce prix seulement, que nous cessons de subir l'époque pour recommencer à l'écrire.
vendredi 5 juin 2026
L'information au miroir de soi
Nous ne recevons pas l’information de la même façon. Nous pouvons même dire que nous la recevons de manière unique. Notre situation familiale et socioprofessionnelle, nos convictions, nos opinions, notre éducation et notre état d’esprit… tout influe sur notre perception.
Le choix de nos médias de prédilection concourt également à notre lecture de l’actualité. Le contrat de lecture que chaque média passe avec son public détermine la perception et l’interprétation de l’information. La ligne éditoriale et le traitement de l'actualité répondent aux attentes et aux recherches de celles et ceux qui choisissent, quotidiennement ou régulièrement, ce média.
L’équation se complète par une troisième donnée : les journalistes et responsables de rédaction sont soumis aux mêmes tamis filtrants que les consommateurs de médias. Les uns perçoivent d’une certaine manière, les autres comprennent autrement, et les derniers retranscrivent l’actualité immédiate d’une façon qui n’appartient qu’à eux. Dès lors, on comprend les raisons qui rendent une information unique pour chacune et chacun d’entre nous.
Chaque jour, l’information nous surprend, nous inquiète, nous instruit ou nous rend méfiants. Elle ne peut être ni neutre ni transparente. Elle s’invite dans toutes les conversations, des plus sérieuses aux plus anodines. Elle revêt trop d’importance pour que l'on puisse toujours s'en détacher. Pourtant, nous nous y intéressons, de façon consciente ou non, en la surveillant du coin de l’œil. Notre intérêt se concentre alors sur une ou plusieurs formes d’information. Pour l’essentiel, nous pouvons distinguer plusieurs de ses visages : pluralité face à l’objectivité, opinion face à l’interprétation, ou encore information spécialisée face à l’information géographique.
jeudi 4 juin 2026
Faire société malgré tout
Chacun appréhende le monde à sa façon. Chacun voit le monde de sa fenêtre. Chacun juge le monde avec plus ou moins de sévérité ou de complaisance.
Chacun ressent le monde, ses soubresauts, ses conflits et ses bouleversements avec plus ou moins d’inquiétude ou de certitude. Chacun admire le monde, sa beauté, ses richesses naturelles et culturelles, ses vestiges et ses savoirs ancestraux de différentes manières. Chacun regarde le monde et ses occupants évoluer avec plus ou moins de peine, avec peu ou prou de bonheur.
Chacun épie le monde
en essayant d’en tirer le meilleur parti à son profit, quitte à abandonner son
prochain sur le bord de la route. Chacun se méfie du monde et des autres, n’y
voyant qu’ennemis, dangers et incertitudes. Chacun aborde le monde avec
pessimisme ou, à l'inverse, avec une bonne dose de confiance.
Chacun se croit au centre du monde, adoptant les comportements inhérents à cette illusion, alors qu’il ne s’agit que du cœur de son propre univers. Chacun regarde le monde avec empathie ou avec la plus grande méfiance, persuadé que le complot se cache toujours derrière les apparences.
Chacun construit son monde dans la difficulté ou l’opulence, avec ses atouts et ses accrocs. Chacun vit le monde diversement, les conditions de départ n’étant jamais les mêmes. Chacun refuse le monde ou l'espère, le subit ou en profite.
Dès lors, comment, après tout cela, espérer faire société ? Comment croire en la possibilité du commun ? La politique retrouve alors sa plus belle mission, ses lettres de noblesse.
mercredi 3 juin 2026
Le Mythe du Bon Moment ou L'Illusion du Bon Moment
Le succès ne tient à pas grand-chose, tout comme l’échec. Juste un instant où la pièce tombe du bon côté, ou bien où tout semble s’enrayer d’un coup. La question est alors de savoir ce qui peut vraiment faire la différence entre l’un et l’autre destin. La vie bascule en un seul jour, pour le meilleur ou pour le pire. Et cela dépend également de nous : de notre manière de réagir, d’appréhender les situations, et de notre capacité à transformer l'épreuve en une étape positive sur un nouveau chemin, plutôt que de se désoler que le ciel nous tombe sur la tête.
Rester fixé sur son sort en cas de difficulté revient à s’agiter dans des sables mouvants. Un électrochoc peut parfois se révéler nécessaire pour reprendre sa vie en main. Il arrive le plus souvent au moment où l’on s'y attend le moins. Pourtant, ces secousses sont souvent indispensables au réveil de notre existence, de nos ambitions et de notre avenir. Qu’importe l’âge, il ne fait rien à l’affaire. Tout est possible à tout moment. "Trop tôt" ou "trop tard" n’existent pas. Le bon moment est une illusion, une excuse dont nous nous servons pour procrastiner, pour reporter aux calendes grecques ce que nous n’osons pas entreprendre. Il ne s’agit ni de moment, ni d’opportunité, ni de circonstances, mais de confiance en soi — celle-là même dont le niveau insuffle ou paralyse le courage d’agir.
mardi 2 juin 2026
Le dernier tapis
Une dernière chance, une ultime opportunité, une ultime audace qui brûle le front. Celle qu’il ne faut pas rater, au risque de ne plus avoir d’occasion à saisir et d’épuiser définitivement son réservoir. À force d’avoir laissé passer tant d’espoirs, l’être se concentre sur le dernier rêve, la dernière réalité qui s’offre à lui.
Pourtant,
savoir saisir ce qui ressemble à un « tapis » au poker ne vient pas
naturellement. Nous sommes au contraire peu enclins à percevoir ces
opportunités lorsqu’elles se présentent, comme si nous n’étions pas armés pour
en déployer tout le potentiel. Nous préférons le confort de la simplicité. Nous
choisissons le chemin le plus court, quitte à minimiser la portée de ce qui
s'offre à nous. Alors, nous détournons volontairement le regard pour ne pas
être bousculés, pour ne pas ressentir une trop grande distorsion entre ce qui
est et ce qui pourrait être. C'est une stratégie pour s'épargner le regret de
ne pas avoir osé. L’enjeu est immense : il y va de l’image que l’on a de
soi-même et de notre capacité à vivre avec nos propres renoncements.
lundi 1 juin 2026
L'élan de l'erreur
Écraser accidentellement un fichier Word, par exemple, représente beaucoup de travail perdu. Au moins une semaine de publication pour ce blog disparaît définitivement, sans compter les essais, les bouts de phrases, les réflexions en devenir et les idées à développer. Avoir la possibilité de se projeter sur la semaine à venir apporte du confort ; cela permet de préparer sereinement et de travailler sérieusement les publications de la semaine suivante. Les sujets et les angles d’attaque sont à puiser dans les quelques lignes déjà formées, qui n’attendent que de l’intérêt et un peu d’attention. Mais eux aussi n’existent plus.
Tout mettre dans un seul fichier peut paraître pratique, mais s'avère aussi être un danger. La démonstration vient d’être faite. Reste que les expériences malheureuses nous laissent des leçons à méditer. Voilà pourquoi le fichier du début de mon prochain livre, le neuvième, vient de s’enrichir d’une copie de sauvegarde. D’ailleurs, beaucoup d’autres apparaîtront afin de sécuriser les différents projets qui allongent la liste de mes dossiers et encombrent le bureau de mon ordinateur — ou mon bureau tout court.
L’informatique se révèle un outil fantastique lorsque tout se déroule bien, mais un enfer dans le cas contraire, alimenté par nos propres erreurs irrécupérables. Et puis, au final, doit-on se dire que d’un mal peut naître un bien ? Qu’il s’agit de prendre la situation comme une opportunité de remettre l’ouvrage sur l’établi, de rompre avec un possible ronronnement ? Que la brièveté et les maladresses ne feront pas des prochains écrits des textes moins authentiques et sincères, avec moins de sens et de simplicité ? Une erreur peut-elle redonner de l’élan ?
vendredi 29 mai 2026
Pourquoi vous ne devriez plus jamais rougir de votre parcours
Toutes les périodes de notre vie contribuent d’une manière ou d’une autre à nous rendre uniques. Dès lors, nous n’avons pas à rougir de notre parcours, mais plutôt à le revendiquer comme une richesse inestimable. Notre confiance dépend de la vision que nous avons de nous-mêmes et de la valorisation que nous accordons à nos propres expériences. Bons ou mauvais passages, les bonheurs et les accidents forgent, ensemble, ce que nous devenons au fil des événements qui jalonnent notre existence. C’est dire combien les regrets ne servent à rien.
Savoir être à soi : L'exercice de la lucidité
À chaque jour suffit sa peine. Se fixer des objectifs à notre mesure reste le meilleur moyen d'avancer, pas après pas, pour bâtir un projet de vie authentique.
Dresser le bilan
quotidien de nos actions, mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à
faire, est un exercice de lucidité. Cette liste de progression est un miroir :
elle révèle nos avancées tout comme nos errances, nous forçant à distinguer
l'effort réel de l'agitation stérile que l'on s'impose pour ne pas
culpabiliser.
C'est dans ce
face-à-face honnête avec soi-même que prend sens la formule de Montaigne dans
ses Essais : "La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à
soi."
jeudi 28 mai 2026
L'Épuisante Illusion
Baisser les bras n’a rien de déshonorant, mais c'est souvent perçu comme une faute morale contre nous-mêmes. Se dévaloriser à ses propres yeux est sans doute plus douloureux que de se dévaloriser à ceux des autres. Nous sommes nos propres limites et notre premier juge. La seule opinion qui vaille vraiment nous renvoie à la vision que nous avons de nous-mêmes, à l’image que l’on se forme de soi et à celle que nous arrivons à construire, peu ou prou.
À chaque instant, nous décidons, consciemment ou non, de ce que seront
nos prochaines heures, de leur utilité ou non en fonction d’objectifs plus ou
moins bien déterminés.
Avec la confiance vient la réussite. Et chaque réussite améliore le
niveau de confiance. Nous sommes suspendus à ce thermomètre individuel mesurant
tantôt notre assurance, d’autres fois nos doutes et nos questionnements. Tout
réside dans l’image que l’on a de soi, dans la confiance que l’on s’accorde,
dans le syndrome de l’imposteur auquel nous essayons de résister. Rien ne
conviendra véritablement. Comme si aucune solution ne pouvait être la bonne. Il
s’agit d’une perpétuelle remise en cause, avec l’obsession dévorante que les
difficultés viennent d’abord de soi avant même de s’interroger sur ce qu’est la
vérité de l’autre. La plupart du temps, nous nous épuisons à lutter contre
nous-mêmes. Nous y laissons trop de forces pour aborder comme il se doit les
événements que la vie nous réserve.
Nous prenons des décisions en fonction de ce que nous vivons. D’autres en
prennent de différentes car leur vécu diffère. Nous avons toutes et tous la
certitude que quelque chose de plus grand nous attend. Que ce que nous vivons
ne représente pas la vie que nous méritons. Alors, nous nous mettons à rêver si
fort que nous oublions le présent.
mercredi 27 mai 2026
La valse infernale
Les politiques se veulent réactifs et se calent en permanence sur l’actualité. En parallèle, ils ambitionnent de maîtriser l’agenda, d’être les « maîtres des horloges » et, par conséquent, de dicter les sujets du débat public. Politiques et médias forment ainsi un duo aussi inséparable qu’infernal.
Chacun s’épie,
s’accuse à l’occasion et rejette toujours la faute sur l’autre. Pourtant, ce
couple avance main dans la main : aucun ne peut prospérer sans son double. Qui,
en définitive, tire profit de cette relation ? Probablement personne, tant ce
duo s’utilise, se blesse et se déchire. « Je lèche, je lâche, je lynche », nous
dit cette expression populaire qui s’applique admirablement à l’un comme à
l’autre.
Les reproches fusent
des deux côtés : l’un est accusé de sortir une phrase de son contexte, l’autre
de céder aux mauvais comportements. Au fond, qui fait l’actualité ? S'agit-il
des événements bruts ou des décisions collectives ? Là encore, la même
mécanique est à l'œuvre : les événements influent sur les choix politiques, et
ces choix provoquent les crises de demain. Déclencher une guerre, par exemple,
écrit l’histoire à venir, et les conséquences de ce conflit obligeront à
prendre de nouvelles mesures.
C’est dans cette
même détestation et cette même valse à deux temps que politiques et médias se
retrouvent, à jamais, intimement liés.
mardi 26 mai 2026
Le syndrome de l'hélicoptère : quand s'agiter ne produit que du vent
Il y a des objectifs que l’on se fixe et des actions que nous mettons en œuvre pour y parvenir. Mais il reste un aspect qui ne fait généralement l’objet d’aucune réflexion : l’efficacité. Ce que nous faisons peut s'avérer inefficient, et donc stérile, si l'impact n'est pas mesuré. Ce que nous faisons se révèle utile et nécessaire à la condition d’être réellement efficace. Sinon, il ne s’agit que de gesticulation, du syndrome de l’hélicoptère : s’agiter beaucoup, dans tous les sens, mais ne produire que du vent. Alors, comment s’orienter vers une efficacité optimale ?
Le rasoir d’Ockham nous indique une direction : la solution la plus
simple est souvent la meilleure. Il faut rechercher dans ce sens en priorité.
Ensuite, nous devons nous assurer que ce que nous projetons de faire correspond
bien à la réalisation de nos objectifs et apporte une réponse concrète. Cela
peut sembler simple à énoncer, mais l'exécution en est autrement difficile. Il
faut en priorité se projeter dans nos objectifs et s’assurer que l’action
envisagée entrainera la prochaine. Agir simplement pour être occupé et se
donner bonne conscience ne mène pas bien loin. Il faut, de plus, ne pas vouloir
tout préparer jusqu’à la perfection avant de se lancer. La perfection n’existe
pas ; dès lors, la préparation sera sans fin et n'aboutira à aucune mise en
route. Enfin, nous ne devons pas nous attaquer à un trop gros morceau, au
risque d’un découragement très rapide. Découper le morceau en petites tranches
permet d’avancer plus sûrement que de vouloir avaler un éléphant en une seule
fois.
vendredi 22 mai 2026
Quand la prière de l’homme moderne sonne faux
« La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne », disait le philosophe allemand Hegel. Cela était vrai avant que l’image et la télévision ne viennent tout bouleverser et prendre le pas sur l’écrit et la presse imprimée. Aujourd’hui, il apparaît qu’Internet et les réseaux sociaux s’imposent à leur tour. Ce pourrait être une évolution tout à fait naturelle, sauf qu’il ne s’agit plus de passer d’un média à un autre. En effet, peu de plateformes de partage de vidéos et de réseaux sociaux se revendiquent comme étant un média. Au contraire, ils se défendent d’en être afin de ne pas respecter les règles inhérentes à tout média. X ou Facebook, par exemple, expliquent qu’ils ne produisent pas de contenu mais se revendiquent uniquement comme des réceptacles des publications des utilisateurs.
Sans contrainte ni déontologie, hors de la législation de la presse, tout
– et souvent le pire – peut s’exprimer en laissant croire qu’il s’agit de
réelles informations, ce qui n’est pas le cas. Là se situe toute l’ambiguïté et
la rupture entre les sources de diffusion d’une actualité vérifiée et un
ramassis de rumeurs et de mauvaises intentions. À partir de là, il ne peut plus
s’agir que d’une vision déformée, d’un monde tronqué : un regard trompé par de
fausses nouvelles, des délires complotistes, des lectures erronées et/ou
orientées des faits, ou un prosélytisme en tout genre.
La prière de l’homme moderne d’aujourd’hui sonne faux, tant ses nouvelles
croyances reposent sur des sources peu fiables, sur l’effritement de la vérité
et sur les distances prises avec la réalité. Ce qui est et ce que l’on voudrait
qu’il soit sont deux choses complètement différentes ; la distorsion est évidente.
Le plus compliqué consiste à résister, peu ou prou, à la facilité du scrolling
et à conserver un point d’ancrage informationnel sérieux, soumis aux exigences
des médias dits « traditionnels » par commodité. Ce média doit porter une vision de l’information, des
valeurs, ainsi qu'un respect des obligations qui s’attachent à son statut. Il
doit vouer une passion fiévreuse et respectueuse pour l’actualité en général et
l’information en particulier.
jeudi 21 mai 2026
Le Sursaut de la Raison
Nous jugeons généralement sévèrement les autres – surtout les personnages publics, au nom d’un principe d’exemplarité –, et plus durement encore les responsables politiques. Nous portons des accusations souvent infondées, guidés par de simples impressions ou des a priori négatifs. Nous décrétons la culpabilité sans même en connaître les motifs. Il s’agit là d’un jugement de valeur alimenté par l’ignorance et, parfois — pour ne pas dire presque toujours —, par la bêtise.
Juger sans savoir ne semble plus déranger
personne. Les réseaux sociaux et les adeptes du complotisme apportent des
justifications à ce qui échappe à toute logique. La raison : voilà le combat,
sinon le combat le plus essentiel. C'est d'autant plus vrai dans une société de
l’hyper-communication et de la surmédiatisation, à l’ère des médias d’opinion
triomphants, de la poussée sans précédent des extrêmes de tous bords, de la
superficialité et de l’individualisme élevé au rang de mode de vie.
Nous n’avons plus la lucidité nécessaire pour
reconnaître en nous ce que nous reprochons aux autres. Ainsi, l’ambition est
jugée légitime pour nous-mêmes, mais devient un défaut chez les autres. Il en
va de même pour les revenus, la promotion sociale, le succès, la
reconnaissance, les fonctions électives, le niveau de vie, le patrimoine
immobilier, la création d’entreprises, les récompenses de toutes sortes,
l’exposition médiatique et bien d’autres aspects encore. Aucune liste ne
saurait être exhaustive tant la nature humaine se révèle surprenante. C’est
ainsi que la jalousie, les incompréhensions, les rancœurs et l’ignorance ne
connaissent aucune limite.
On en revient, encore et toujours, à la raison,
dont l’absence autorise toutes les dérives, tous les mauvais comportements,
tous les rejets injustifiés et injustifiables, ainsi que tous les jugements
péremptoires. Et ce, sans que la moindre once de réalité n’intervienne comme
correcteur, ou comme un retour salvateur à un raisonnement intelligent, étayé
et sans préjugés.
mercredi 20 mai 2026
Pourquoi le mensonge est le seul péché capital en politique
En politique, rien n’est pire que le mensonge. Il s’agit du seul travers que l’électorat ne pardonne pas. Faire un pas de côté, changer d’avis, avoir une mauvaise appréciation des événements, une parole malheureuse, un excès de confiance et d’ego, un échec ou une erreur… Les accrocs d’une vie publique sont innombrables. Dans une société de l’hypermédiatisation, ils semblent même inévitables. Seul le mensonge flagrant et délibéré ne trouve aucune excuse, parce qu’il brise le lien de confiance qui relie un politique à son électorat.
Les approximations,
les omissions, la langue de bois, les circonvolutions et les excès de langage
n’apparaissent pas comme des mensonges, mais comme des défauts qui réclament
quelque mansuétude. Même l’intoxication idéologique par des interprétations
tendancieuses, ou même erronées des faits, peut ne pas apparaître comme de
véritables mensonges. Au fond, à chacun sa lecture en fonction de ses
convictions et de ses a priori.
Tromper sciemment le
plus grand nombre, raconter autre chose et donner une fausse image de soi, de
ses actes, de sa morale, dissimuler une cupidité, cacher des attitudes
répréhensibles, ne pas avouer ses intentions réelles… Le mensonge se dissimule
partout. Parfois, nous avons les mensonges devant les yeux et nous refusons de
les voir, de nous dessiller le regard. C’est lors d’une prise de conscience qu’une
marée électorale ressemble à un tsunami démocratique. Le résultat en étant
souvent favorable aux positions extrêmes, tout le danger du mensonge en
politique se situe là.
mardi 19 mai 2026
Rebondir en politique
Se relever n’est jamais un exercice facile. Il y a d’abord son propre regard et celui des autres. Il y a ces relations qui s'évanouissent pour ne laisser qu'une poignée de fidèles. Viennent ensuite les questions sur l'avenir personnel et professionnel, et l'éternelle interrogation : pourquoi et comment poursuivre son engagement politique ?
Il faut alors
habiter l'écart entre l'image que l'on s'était construite et celle que l'on
doit réinventer. C'est le temps de la digestion — plus ou moins lente — de la
défaite, de ses traces sur l'égo et de la remise en question. Viennent enfin
les leçons à tirer ; celles que l'on recherche dans l'échec mais que l'on
ignore dans le succès, trop aveuglé par la satisfaction de la victoire.
Comprendre
les raisons de la chute comme celles de la réussite permet d'aborder ces
transitions avec la lucidité nécessaire. C'est la condition pour agir avec
justesse et prendre les bonnes décisions, afin de rester à la hauteur de ses
ambitions et de ceux qui nous font confiance.
lundi 18 mai 2026
Le crépuscule du collectif
De mon balcon, un peu en retrait de la rue, je vois agir celles et ceux qui se croient à l’abri de tous les regards. C’est le moment où les véritables natures, les instincts, s’expriment et se laissent surprendre dans toute leur vérité ; dans cette nudité de l’être qui se révèle entièrement. L’individu, homme ou femme, qui ne se sent pas observé, se débarrasse de ce rôle qu’il joue en société par obligation ou par convenance. Surgit alors le vrai, l’authentique, qui se traduit généralement par le moins bon, et parfois le pire. Les vérités se cachent bien souvent.
Peut-on observer
sans déranger ? Se poser la question, c’est sans doute ignorer le principe
d’Heisenberg qui veut que le simple fait d’observer altère le sujet de
l’observation. C’est, de toute évidence, moins vrai lorsqu’on ignore être vu.
À la terrasse d’un
café, je vois agir des gens pour qui les autres ne comptent visiblement pas.
Dérangeants, excessifs, inopportuns, scrollant avec le son au maximum, criant
leurs conversations téléphoniques ou faisant hurler leurs échanges en visio.
Seule leur petite personne compte ; rien ne les retient, pas même de bousculer
pour obtenir la place désirée, de gâcher la vue en stationnant leur véhicule
entre vous et le paysage, ou de vouloir passer en priorité contre toute
logique. Je ne peins pas tout en noir, je vois la réalité. Je ne peux
m’empêcher d’observer l’égoïsme triomphant en pleine action. Je ne peux que
constater que l’esprit collectif s’efface de plus en plus devant
l’individualisme. Je n’ai pas trouvé d’autre solution que de regarder la
réalité en face.
vendredi 15 mai 2026
L'Atrophie du Verbe : Le Silence de la Raison
Nous prononçons de moins en moins de mots chaque jour. Une étude de chercheurs américains le démontre (réf. La Voix du Nord du mercredi 6 mai 2026) : nous sommes passés d’environ 16 000 mots prononcés quotidiennement en 2005 à moins de 12 000 en 2019. Moins de mots signifie moins d’interactions, moins de contacts interpersonnels, d’échanges et de communication. Scotchés à nos claviers, rivés à nos écrans, nous ne vivons plus le monde que virtuellement. La réalité et notre environnement direct se révèlent moins attractifs que l’illusion d’accéder à un vaste monde sans réelles limites, alors que nous ne faisons que relayer quelques images choisies par d’autres.
Les mots nous
échappent jusqu'à ne plus savoir dire ; nous voilà condamnés à « scroller » et
« liker » à l’infini. Au final, rien ne nous restera de ce flot incontrôlable
de tout et de n’importe quoi, piloté par des algorithmes. Pourtant, un
véritable dialogue porte bien plus de sens que ce sentiment trompeur de
communication. C’est une véritable supercherie que de nous faire croire que
nous pouvons comprendre le monde à travers des publications s’enchaînant sans
but ni cohérence. Un désordre, un « gloubi-boulga », un déversement de faux, de
manipulations et d’insignifiances incapables de nous apprendre quoi que ce
soit.
En l’absence de mots, l’argumentation, la logique et la raison disparaissent ; l’intelligence, la vérité et l’universalisme s’effacent. Le complotisme, le communautarisme et le wokisme s’imposent dans l’émotion immédiate, au détriment du verbe et de sa force, au détriment de la pensée qui agite les esprits et des idées constructrices d’un socle commun, rassembleur et apaisant, seul capable de nous permettre de « faire société ».
jeudi 14 mai 2026
De la marée mentale à la source d'action
Il est parfois difficile d’échapper à ce flot de pensées qui surgissent et s’enchaînent sans repos. C'est une charge mentale complexe à maîtriser, d’autant qu’elle porte souvent le poids de la négativité, du stress et de l’impossibilité de faire la part entre vie professionnelle et vie personnelle. Ne plus parvenir à s’échapper de cette marée incessante de mots, d’images, de doutes et d’espérances peut nous submerger jusqu’à l’asphyxie.
Il devient alors vital
de s’en libérer. Le moyen le plus simple, et sans doute le plus efficace, n’est
pas d’oublier, mais de noter « au fil de l’eau ». Ce support — qu’il soit
carnet, classeur ou fichier — deviendra l’une de vos richesses les plus précieuses.
Vos idées, vos analyses, vos listes et vos plans pour l’avenir constitueront la
matière première de vos accomplissements futurs.
mercredi 13 mai 2026
L'Ingratitude ou l'Oubli de l'Autre
« Ne pas mordre la main qui vous nourrit. » Ce proverbe nous rappelle que nous n’aimons guère être redevables ; nous supportons mal de devoir reconnaître que nous avons eu besoin d’aide. L’ingratitude est une attitude courante qui, mêlée à l’individualisme, forme un cocktail délétère : on se presse de recevoir, mais on ne rend rien. La bienveillance devient alors à sens unique, détournée à son seul profit. C'est le règne du « tout pour ma gueule » quand tout va bien, contrastant avec l'exigence d'une mobilisation collective dès que les choses tournent mal.
Et pourtant, nous
avons toutes et tous besoin des autres. Une rencontre peut devenir la plus
grande opportunité d’une existence, capable de la transformer radicalement. Une
confiance accordée, un soutien ou un véritable coup de pouce sont autant de
dons qui deviennent fondateurs pour le reste d’un parcours, d’une carrière et
d’un devenir.
mardi 12 mai 2026
Rêver ne suffit plus : l'impératif de créer
J’ai passé trop de temps à vouloir être un autre, à trop espérer ce qui ne peut être, jusqu’à en perdre mon avenir. Jusqu’à ne plus croire qu’un lendemain meilleur soit possible. J’ai sans doute gâché ma vie à essayer de ne pas être tout à fait moi-même, au lieu d’écrire ma propre histoire : une existence d’illusions au détriment de l’espoir et de l’action.
À un moment donné,
nous nous rappelons celui que nous aurions voulu être et nous regardons celui
que nous sommes devenus. La dichotomie est cruelle ; elle nous met face à une
évidence : j’ai trop espéré ce qui ne peut être. Il ne suffit pas de rêver, il
faut aussi créer.
Que nous apprend le
miroir sur nous-mêmes ? Il nous renvoie une image fidèle, conforme à la
réalité, même si elle ne correspond pas à celle que nous avons en tête. Nous
forgeons souvent une vision sublimée de notre être, calquée sur nos
aspirations. S’il est nécessaire de se projeter pour progresser, nous devons
également faire preuve d’une totale lucidité sur notre point de départ et sur
ce que nous sommes réellement. Sans cela, comment savoir ce qu’il nous faut
accomplir pour atteindre les résultats escomptés ? Donner du sens, faire simple
et être sincère sont les conditions indispensables de tout commencement.