Les campagnes électorales sont les acmés, les points culminants de la vie politique. Elles représentent l’aboutissement d’un engagement : mettre un projet, des valeurs et des actions concrètes au service de l’amélioration de la vie quotidienne de tout un chacun, et en particulier de celles et ceux qui en ont le plus besoin. S’engager, c’est avant tout vouloir être utile et contribuer au bien commun. L’ambition personnelle ne doit pas l’emporter sur la compréhension de notre participation et de notre utilité à quelque chose de plus grand que soi.
Créer un souffle nouveau même en étant aux responsabilités : à chaque élection, Jacques Chirac se réinventait. Il incarnait un personnage/candidat nouveau qu’un simple slogan pouvait identifier. François Mitterrand donnait une tonalité différente, nouvelle (« La force tranquille », « Génération Mitterrand »…) à chacune de ses campagnes. Le récit s’adaptait à l’air du temps. Les campagnes électorales victorieuses de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande en sont d’autres illustrations : l’idée juste au bon moment, en résonance avec les attentes et les espoirs du moment. Ce n’est pas le slogan qui est important ou qui fait la victoire, mais l’idée, ce souffle de la campagne qu’il traduit, qu’il porte, qu’il résume. Le slogan n’est donc que l’aboutissement d’un long processus de réflexion, d’analyse et de préparation. L’improvisation n’a pas sa place dans une campagne électorale. Le projet, sa ligne directrice, ses propositions impactantes, sa dynamique, l’image du candidat, l’iconographie, la mise en forme, les soutiens, l’entourage… tout est important et contribue à donner de l’allant à une campagne électorale, qui démarre sur la même ligne de départ que toutes les autres. Cette volonté oblige à écouter, à entendre et à prendre en compte l’expression des plus humbles de l’électorat. Il s’agit même d’une obligation pour qui veut répondre à la réalité et au vécu de celles et ceux à qui il propose sa candidature.