Toutes les périodes de notre vie contribuent d’une manière ou d’une autre à nous rendre uniques. Dès lors, nous n’avons pas à rougir de notre parcours, mais plutôt à le revendiquer comme une richesse inestimable. Notre confiance dépend de la vision que nous avons de nous-mêmes et de la valorisation que nous accordons à nos propres expériences. Bons ou mauvais passages, les bonheurs et les accidents forgent, ensemble, ce que nous devenons au fil des événements qui jalonnent notre existence. C’est dire combien les regrets ne servent à rien.
Un oeil sur la com', un autre sur le monde
Le blog qui décrypte et explique, qui informe et éclaircit sur la communication.
vendredi 29 mai 2026
Savoir être à soi : L'exercice de la lucidité
À chaque jour suffit sa peine. Se fixer des objectifs à notre mesure reste le meilleur moyen d'avancer, pas après pas, pour bâtir un projet de vie authentique.
Dresser le bilan
quotidien de nos actions, mesurer le chemin parcouru et celui qui reste à
faire, est un exercice de lucidité. Cette liste de progression est un miroir :
elle révèle nos avancées tout comme nos errances, nous forçant à distinguer
l'effort réel de l'agitation stérile que l'on s'impose pour ne pas
culpabiliser.
C'est dans ce
face-à-face honnête avec soi-même que prend sens la formule de Montaigne dans
ses Essais : "La plus grande chose du monde, c’est de savoir être à
soi."
jeudi 28 mai 2026
L'Épuisante Illusion
Baisser les bras n’a rien de déshonorant, mais c'est souvent perçu comme une faute morale contre nous-mêmes. Se dévaloriser à ses propres yeux est sans doute plus douloureux que de se dévaloriser à ceux des autres. Nous sommes nos propres limites et notre premier juge. La seule opinion qui vaille vraiment nous renvoie à la vision que nous avons de nous-mêmes, à l’image que l’on se forme de soi et à celle que nous arrivons à construire, peu ou prou.
À chaque instant, nous décidons, consciemment ou non, de ce que seront
nos prochaines heures, de leur utilité ou non en fonction d’objectifs plus ou
moins bien déterminés.
Avec la confiance vient la réussite. Et chaque réussite améliore le
niveau de confiance. Nous sommes suspendus à ce thermomètre individuel mesurant
tantôt notre assurance, d’autres fois nos doutes et nos questionnements. Tout
réside dans l’image que l’on a de soi, dans la confiance que l’on s’accorde,
dans le syndrome de l’imposteur auquel nous essayons de résister. Rien ne
conviendra véritablement. Comme si aucune solution ne pouvait être la bonne. Il
s’agit d’une perpétuelle remise en cause, avec l’obsession dévorante que les
difficultés viennent d’abord de soi avant même de s’interroger sur ce qu’est la
vérité de l’autre. La plupart du temps, nous nous épuisons à lutter contre
nous-mêmes. Nous y laissons trop de forces pour aborder comme il se doit les
événements que la vie nous réserve.
Nous prenons des décisions en fonction de ce que nous vivons. D’autres en
prennent de différentes car leur vécu diffère. Nous avons toutes et tous la
certitude que quelque chose de plus grand nous attend. Que ce que nous vivons
ne représente pas la vie que nous méritons. Alors, nous nous mettons à rêver si
fort que nous oublions le présent.
mercredi 27 mai 2026
La valse infernale
Les politiques se veulent réactifs et se calent en permanence sur l’actualité. En parallèle, ils ambitionnent de maîtriser l’agenda, d’être les « maîtres des horloges » et, par conséquent, de dicter les sujets du débat public. Politiques et médias forment ainsi un duo aussi inséparable qu’infernal.
Chacun s’épie,
s’accuse à l’occasion et rejette toujours la faute sur l’autre. Pourtant, ce
couple avance main dans la main : aucun ne peut prospérer sans son double. Qui,
en définitive, tire profit de cette relation ? Probablement personne, tant ce
duo s’utilise, se blesse et se déchire. « Je lèche, je lâche, je lynche », nous
dit cette expression populaire qui s’applique admirablement à l’un comme à
l’autre.
Les reproches fusent
des deux côtés : l’un est accusé de sortir une phrase de son contexte, l’autre
de céder aux mauvais comportements. Au fond, qui fait l’actualité ? S'agit-il
des événements bruts ou des décisions collectives ? Là encore, la même
mécanique est à l'œuvre : les événements influent sur les choix politiques, et
ces choix provoquent les crises de demain. Déclencher une guerre, par exemple,
écrit l’histoire à venir, et les conséquences de ce conflit obligeront à
prendre de nouvelles mesures.
C’est dans cette
même détestation et cette même valse à deux temps que politiques et médias se
retrouvent, à jamais, intimement liés.
mardi 26 mai 2026
Le syndrome de l'hélicoptère : quand s'agiter ne produit que du vent
Il y a des objectifs que l’on se fixe et des actions que nous mettons en œuvre pour y parvenir. Mais il reste un aspect qui ne fait généralement l’objet d’aucune réflexion : l’efficacité. Ce que nous faisons peut s'avérer inefficient, et donc stérile, si l'impact n'est pas mesuré. Ce que nous faisons se révèle utile et nécessaire à la condition d’être réellement efficace. Sinon, il ne s’agit que de gesticulation, du syndrome de l’hélicoptère : s’agiter beaucoup, dans tous les sens, mais ne produire que du vent. Alors, comment s’orienter vers une efficacité optimale ?
Le rasoir d’Ockham nous indique une direction : la solution la plus
simple est souvent la meilleure. Il faut rechercher dans ce sens en priorité.
Ensuite, nous devons nous assurer que ce que nous projetons de faire correspond
bien à la réalisation de nos objectifs et apporte une réponse concrète. Cela
peut sembler simple à énoncer, mais l'exécution en est autrement difficile. Il
faut en priorité se projeter dans nos objectifs et s’assurer que l’action
envisagée entrainera la prochaine. Agir simplement pour être occupé et se
donner bonne conscience ne mène pas bien loin. Il faut, de plus, ne pas vouloir
tout préparer jusqu’à la perfection avant de se lancer. La perfection n’existe
pas ; dès lors, la préparation sera sans fin et n'aboutira à aucune mise en
route. Enfin, nous ne devons pas nous attaquer à un trop gros morceau, au
risque d’un découragement très rapide. Découper le morceau en petites tranches
permet d’avancer plus sûrement que de vouloir avaler un éléphant en une seule
fois.
vendredi 22 mai 2026
Quand la prière de l’homme moderne sonne faux
« La lecture du journal est la prière du matin de l’homme moderne », disait le philosophe allemand Hegel. Cela était vrai avant que l’image et la télévision ne viennent tout bouleverser et prendre le pas sur l’écrit et la presse imprimée. Aujourd’hui, il apparaît qu’Internet et les réseaux sociaux s’imposent à leur tour. Ce pourrait être une évolution tout à fait naturelle, sauf qu’il ne s’agit plus de passer d’un média à un autre. En effet, peu de plateformes de partage de vidéos et de réseaux sociaux se revendiquent comme étant un média. Au contraire, ils se défendent d’en être afin de ne pas respecter les règles inhérentes à tout média. X ou Facebook, par exemple, expliquent qu’ils ne produisent pas de contenu mais se revendiquent uniquement comme des réceptacles des publications des utilisateurs.
Sans contrainte ni déontologie, hors de la législation de la presse, tout
– et souvent le pire – peut s’exprimer en laissant croire qu’il s’agit de
réelles informations, ce qui n’est pas le cas. Là se situe toute l’ambiguïté et
la rupture entre les sources de diffusion d’une actualité vérifiée et un
ramassis de rumeurs et de mauvaises intentions. À partir de là, il ne peut plus
s’agir que d’une vision déformée, d’un monde tronqué : un regard trompé par de
fausses nouvelles, des délires complotistes, des lectures erronées et/ou
orientées des faits, ou un prosélytisme en tout genre.
La prière de l’homme moderne d’aujourd’hui sonne faux, tant ses nouvelles
croyances reposent sur des sources peu fiables, sur l’effritement de la vérité
et sur les distances prises avec la réalité. Ce qui est et ce que l’on voudrait
qu’il soit sont deux choses complètement différentes ; la distorsion est évidente.
Le plus compliqué consiste à résister, peu ou prou, à la facilité du scrolling
et à conserver un point d’ancrage informationnel sérieux, soumis aux exigences
des médias dits « traditionnels » par commodité. Ce média doit porter une vision de l’information, des
valeurs, ainsi qu'un respect des obligations qui s’attachent à son statut. Il
doit vouer une passion fiévreuse et respectueuse pour l’actualité en général et
l’information en particulier.
jeudi 21 mai 2026
Le Sursaut de la Raison
Nous jugeons généralement sévèrement les autres – surtout les personnages publics, au nom d’un principe d’exemplarité –, et plus durement encore les responsables politiques. Nous portons des accusations souvent infondées, guidés par de simples impressions ou des a priori négatifs. Nous décrétons la culpabilité sans même en connaître les motifs. Il s’agit là d’un jugement de valeur alimenté par l’ignorance et, parfois — pour ne pas dire presque toujours —, par la bêtise.
Juger sans savoir ne semble plus déranger
personne. Les réseaux sociaux et les adeptes du complotisme apportent des
justifications à ce qui échappe à toute logique. La raison : voilà le combat,
sinon le combat le plus essentiel. C'est d'autant plus vrai dans une société de
l’hyper-communication et de la surmédiatisation, à l’ère des médias d’opinion
triomphants, de la poussée sans précédent des extrêmes de tous bords, de la
superficialité et de l’individualisme élevé au rang de mode de vie.
Nous n’avons plus la lucidité nécessaire pour
reconnaître en nous ce que nous reprochons aux autres. Ainsi, l’ambition est
jugée légitime pour nous-mêmes, mais devient un défaut chez les autres. Il en
va de même pour les revenus, la promotion sociale, le succès, la
reconnaissance, les fonctions électives, le niveau de vie, le patrimoine
immobilier, la création d’entreprises, les récompenses de toutes sortes,
l’exposition médiatique et bien d’autres aspects encore. Aucune liste ne
saurait être exhaustive tant la nature humaine se révèle surprenante. C’est
ainsi que la jalousie, les incompréhensions, les rancœurs et l’ignorance ne
connaissent aucune limite.
On en revient, encore et toujours, à la raison,
dont l’absence autorise toutes les dérives, tous les mauvais comportements,
tous les rejets injustifiés et injustifiables, ainsi que tous les jugements
péremptoires. Et ce, sans que la moindre once de réalité n’intervienne comme
correcteur, ou comme un retour salvateur à un raisonnement intelligent, étayé
et sans préjugés.
mercredi 20 mai 2026
Pourquoi le mensonge est le seul péché capital en politique
En politique, rien n’est pire que le mensonge. Il s’agit du seul travers que l’électorat ne pardonne pas. Faire un pas de côté, changer d’avis, avoir une mauvaise appréciation des événements, une parole malheureuse, un excès de confiance et d’ego, un échec ou une erreur… Les accrocs d’une vie publique sont innombrables. Dans une société de l’hypermédiatisation, ils semblent même inévitables. Seul le mensonge flagrant et délibéré ne trouve aucune excuse, parce qu’il brise le lien de confiance qui relie un politique à son électorat.
Les approximations,
les omissions, la langue de bois, les circonvolutions et les excès de langage
n’apparaissent pas comme des mensonges, mais comme des défauts qui réclament
quelque mansuétude. Même l’intoxication idéologique par des interprétations
tendancieuses, ou même erronées des faits, peut ne pas apparaître comme de
véritables mensonges. Au fond, à chacun sa lecture en fonction de ses
convictions et de ses a priori.
Tromper sciemment le
plus grand nombre, raconter autre chose et donner une fausse image de soi, de
ses actes, de sa morale, dissimuler une cupidité, cacher des attitudes
répréhensibles, ne pas avouer ses intentions réelles… Le mensonge se dissimule
partout. Parfois, nous avons les mensonges devant les yeux et nous refusons de
les voir, de nous dessiller le regard. C’est lors d’une prise de conscience qu’une
marée électorale ressemble à un tsunami démocratique. Le résultat en étant
souvent favorable aux positions extrêmes, tout le danger du mensonge en
politique se situe là.
mardi 19 mai 2026
Rebondir en politique
Se relever n’est jamais un exercice facile. Il y a d’abord son propre regard et celui des autres. Il y a ces relations qui s'évanouissent pour ne laisser qu'une poignée de fidèles. Viennent ensuite les questions sur l'avenir personnel et professionnel, et l'éternelle interrogation : pourquoi et comment poursuivre son engagement politique ?
Il faut alors
habiter l'écart entre l'image que l'on s'était construite et celle que l'on
doit réinventer. C'est le temps de la digestion — plus ou moins lente — de la
défaite, de ses traces sur l'égo et de la remise en question. Viennent enfin
les leçons à tirer ; celles que l'on recherche dans l'échec mais que l'on
ignore dans le succès, trop aveuglé par la satisfaction de la victoire.
Comprendre
les raisons de la chute comme celles de la réussite permet d'aborder ces
transitions avec la lucidité nécessaire. C'est la condition pour agir avec
justesse et prendre les bonnes décisions, afin de rester à la hauteur de ses
ambitions et de ceux qui nous font confiance.
lundi 18 mai 2026
Le crépuscule du collectif
De mon balcon, un peu en retrait de la rue, je vois agir celles et ceux qui se croient à l’abri de tous les regards. C’est le moment où les véritables natures, les instincts, s’expriment et se laissent surprendre dans toute leur vérité ; dans cette nudité de l’être qui se révèle entièrement. L’individu, homme ou femme, qui ne se sent pas observé, se débarrasse de ce rôle qu’il joue en société par obligation ou par convenance. Surgit alors le vrai, l’authentique, qui se traduit généralement par le moins bon, et parfois le pire. Les vérités se cachent bien souvent.
Peut-on observer
sans déranger ? Se poser la question, c’est sans doute ignorer le principe
d’Heisenberg qui veut que le simple fait d’observer altère le sujet de
l’observation. C’est, de toute évidence, moins vrai lorsqu’on ignore être vu.
À la terrasse d’un
café, je vois agir des gens pour qui les autres ne comptent visiblement pas.
Dérangeants, excessifs, inopportuns, scrollant avec le son au maximum, criant
leurs conversations téléphoniques ou faisant hurler leurs échanges en visio.
Seule leur petite personne compte ; rien ne les retient, pas même de bousculer
pour obtenir la place désirée, de gâcher la vue en stationnant leur véhicule
entre vous et le paysage, ou de vouloir passer en priorité contre toute
logique. Je ne peins pas tout en noir, je vois la réalité. Je ne peux
m’empêcher d’observer l’égoïsme triomphant en pleine action. Je ne peux que
constater que l’esprit collectif s’efface de plus en plus devant
l’individualisme. Je n’ai pas trouvé d’autre solution que de regarder la
réalité en face.
vendredi 15 mai 2026
L'Atrophie du Verbe : Le Silence de la Raison
Nous prononçons de moins en moins de mots chaque jour. Une étude de chercheurs américains le démontre (réf. La Voix du Nord du mercredi 6 mai 2026) : nous sommes passés d’environ 16 000 mots prononcés quotidiennement en 2005 à moins de 12 000 en 2019. Moins de mots signifie moins d’interactions, moins de contacts interpersonnels, d’échanges et de communication. Scotchés à nos claviers, rivés à nos écrans, nous ne vivons plus le monde que virtuellement. La réalité et notre environnement direct se révèlent moins attractifs que l’illusion d’accéder à un vaste monde sans réelles limites, alors que nous ne faisons que relayer quelques images choisies par d’autres.
Les mots nous
échappent jusqu'à ne plus savoir dire ; nous voilà condamnés à « scroller » et
« liker » à l’infini. Au final, rien ne nous restera de ce flot incontrôlable
de tout et de n’importe quoi, piloté par des algorithmes. Pourtant, un
véritable dialogue porte bien plus de sens que ce sentiment trompeur de
communication. C’est une véritable supercherie que de nous faire croire que
nous pouvons comprendre le monde à travers des publications s’enchaînant sans
but ni cohérence. Un désordre, un « gloubi-boulga », un déversement de faux, de
manipulations et d’insignifiances incapables de nous apprendre quoi que ce
soit.
En l’absence de mots, l’argumentation, la logique et la raison disparaissent ; l’intelligence, la vérité et l’universalisme s’effacent. Le complotisme, le communautarisme et le wokisme s’imposent dans l’émotion immédiate, au détriment du verbe et de sa force, au détriment de la pensée qui agite les esprits et des idées constructrices d’un socle commun, rassembleur et apaisant, seul capable de nous permettre de « faire société ».
jeudi 14 mai 2026
De la marée mentale à la source d'action
Il est parfois difficile d’échapper à ce flot de pensées qui surgissent et s’enchaînent sans repos. C'est une charge mentale complexe à maîtriser, d’autant qu’elle porte souvent le poids de la négativité, du stress et de l’impossibilité de faire la part entre vie professionnelle et vie personnelle. Ne plus parvenir à s’échapper de cette marée incessante de mots, d’images, de doutes et d’espérances peut nous submerger jusqu’à l’asphyxie.
Il devient alors vital
de s’en libérer. Le moyen le plus simple, et sans doute le plus efficace, n’est
pas d’oublier, mais de noter « au fil de l’eau ». Ce support — qu’il soit
carnet, classeur ou fichier — deviendra l’une de vos richesses les plus précieuses.
Vos idées, vos analyses, vos listes et vos plans pour l’avenir constitueront la
matière première de vos accomplissements futurs.
mercredi 13 mai 2026
L'Ingratitude ou l'Oubli de l'Autre
« Ne pas mordre la main qui vous nourrit. » Ce proverbe nous rappelle que nous n’aimons guère être redevables ; nous supportons mal de devoir reconnaître que nous avons eu besoin d’aide. L’ingratitude est une attitude courante qui, mêlée à l’individualisme, forme un cocktail délétère : on se presse de recevoir, mais on ne rend rien. La bienveillance devient alors à sens unique, détournée à son seul profit. C'est le règne du « tout pour ma gueule » quand tout va bien, contrastant avec l'exigence d'une mobilisation collective dès que les choses tournent mal.
Et pourtant, nous
avons toutes et tous besoin des autres. Une rencontre peut devenir la plus
grande opportunité d’une existence, capable de la transformer radicalement. Une
confiance accordée, un soutien ou un véritable coup de pouce sont autant de
dons qui deviennent fondateurs pour le reste d’un parcours, d’une carrière et
d’un devenir.
mardi 12 mai 2026
Rêver ne suffit plus : l'impératif de créer
J’ai passé trop de temps à vouloir être un autre, à trop espérer ce qui ne peut être, jusqu’à en perdre mon avenir. Jusqu’à ne plus croire qu’un lendemain meilleur soit possible. J’ai sans doute gâché ma vie à essayer de ne pas être tout à fait moi-même, au lieu d’écrire ma propre histoire : une existence d’illusions au détriment de l’espoir et de l’action.
À un moment donné,
nous nous rappelons celui que nous aurions voulu être et nous regardons celui
que nous sommes devenus. La dichotomie est cruelle ; elle nous met face à une
évidence : j’ai trop espéré ce qui ne peut être. Il ne suffit pas de rêver, il
faut aussi créer.
Que nous apprend le
miroir sur nous-mêmes ? Il nous renvoie une image fidèle, conforme à la
réalité, même si elle ne correspond pas à celle que nous avons en tête. Nous
forgeons souvent une vision sublimée de notre être, calquée sur nos
aspirations. S’il est nécessaire de se projeter pour progresser, nous devons
également faire preuve d’une totale lucidité sur notre point de départ et sur
ce que nous sommes réellement. Sans cela, comment savoir ce qu’il nous faut
accomplir pour atteindre les résultats escomptés ? Donner du sens, faire simple
et être sincère sont les conditions indispensables de tout commencement.
lundi 11 mai 2026
L’Empire du "Moi"
L’égoïsme comme postulat de départ. Se donner tous les droits, les règles n'étant faites que pour les autres. Ne plus se soucier d’autrui semble devenu le summum de la décontraction.
Comment peut-on
croire que parler fort, mettre le volume de son Smartphone au maximum, avoir
l’avis le plus bruyant possible sur tout et tout le monde, ou répondre à un
appel de façon à ce que chacun en profite, puisse être le signe d'une
importance personnelle supérieure ? Comme si ce sentiment de supériorité devait
rayonner et être reconnu comme une évidence.
Albert Camus, dans
son livre La Chute, écrivait : « J’ai toujours crevé de vanité. Moi,
moi, moi, voilà le refrain de ma chère vie, et qui s’entendait dans tout ce que
je disais. » Il ajoutait : « Je me suis toujours estimé plus intelligent que
tout le monde [...] même dans les domaines où il m’était facile de vérifier mon
infériorité. [...] Je ne me connaissais aucune infériorité » (p. 53 et 54),
pour finir par affirmer : « Je ne me suis souvenu que de moi-même » (p. 55).
Prix Nobel en 1957,
Albert Camus nous parlait déjà de la société d’aujourd’hui !
vendredi 8 mai 2026
Le pas vers l'autre : les fondements de l'échange véritable
La communication interpersonnelle ne va pas que dans un seul sens : il s’agit avant tout d’un échange. Il apparaît donc indispensable de faire les efforts nécessaires afin de comprendre l’autre. Chacun doit faire un pas vers l'autre. Exiger des uns qu’ils acceptent tout ce que disent les autres, in extenso, ne correspond en rien à une bonne définition de la communication.
Au contraire, il s’agit avant tout de se mettre dans les dispositions nécessaires à une bonne compréhension de ses interlocuteurs. Camper sur ses positions de manière autoritaire ne favorise pas l’échange. Il n’est pas question de céder sur ce que l’on sait, ce que l’on croit, ce qui nous semble évident ou ce qui nous caractérise et nous paraît essentiel. Mais il nous faut reconnaître que d’autres opinions que les siennes peuvent exister et être défendues avec la même conviction que celle que nous y mettons nous-mêmes.
La communication interpersonnelle nous renvoie à notre tolérance, à notre acceptation de la réalité d’autrui. Notre compréhension et notre capacité au dialogue s’y trouvent tout entières. Nous pouvons nous efforcer d’être plus tolérants, nous entraîner à écouter véritablement et nous exercer à plus de compréhension. La communication s’apprend et, en la matière, aucun défaut ni aucun accroc n’est définitif. Nous sommes toutes et tous dépendants de cette forme de communication, car nous ne pouvons avancer seuls dans la vie ; voilà pourquoi sa maîtrise, même a minima, est essentielle.
jeudi 7 mai 2026
Vos habitudes servent-elles votre dynamique de vie ?
Nos habitudes nous rassurent, nous procurent un confort et nous rendent la vie plus facile. Pourtant, de ces bénéfices peuvent découler des effets sensiblement moins positifs. S’anesthésier, s’égarer dans l’inaction, voire s’endormir littéralement, représentent les travers contre lesquels il faut lutter avec obstination. Les moyens sont pourtant à portée de main pour s’en défaire :
․
Écrire nos objectifs et les garder
constamment sous les yeux.
․
Rédiger le récit de nos envies, de
nos rêves et de nos ambitions afin de les faire exister, de leur donner forme
et de les inscrire dans notre histoire à venir.
․
Se servir du « pouvoir de l’agenda »
en y inscrivant ce qui doit être réalisé, se créant ainsi des obligations
d’agir.
․
Suivre ses évolutions sur un plan
général ou un rétroplanning.
․
Dresser chaque semaine la liste des
contacts à entretenir ou à reprendre, des messages à envoyer, des appels à
passer ou des rendez-vous à programmer… puis inscrire tout cela dans son agenda
pour donner vie à ces intentions.
Ce ne sont là que
quelques exemples pour ne pas alourdir le propos. Tout cela s’inscrit dans la
démarche 3S (Sens, Simplicité, Sincérité) que j’évoque régulièrement au fil des
publications de ce blog. L’essentiel peut être résumé en une phrase : les
habitudes sont une bonne chose tant qu’elles ne s’opposent pas à la dynamique
de votre vie.
mercredi 6 mai 2026
L’Actualité au Tamis : La Fabrique de nos Regards
Nous abordons le monde à travers ce que l’on nous montre, c’est-à-dire l’actualité. Notre compréhension de ce qui va au-delà de notre environnement immédiat dépend des médias que nous consultons et qui nous rapportent, à leur manière, les « ailleurs ». Cette vision est donc le fruit d’une sélection, de présupposés et d’orientations idéologiques qui nous sont transmis. Notre regard sur la marche du monde dépend, pour beaucoup, de celui qui donne à voir.
Seule l’analyse que
l’on en fait nous est complètement personnelle. Pourtant, elle se base sur une
étape que nous ne maîtrisons pas et qui passe par le tamis d’une perception,
d’une éducation, d’un environnement familial et socio-économique, ainsi que de
valeurs et de convictions si profondes qu’il est quasiment impossible de les
mettre de côté. La personne qui transmet l’information possède, bien sûr, une
éthique professionnelle à laquelle elle s’efforce d’être fidèle. Mais comment
faire fi complètement de ce que l’on est, de sa nature ou de ses émotions ?
Il est impossible
d’être totalement impartial. C’est humain, et nous choisissons nos médias en
fonction de notre proximité avec telle ou telle sensibilité. Un « contrat de
lecture » s’instaure alors entre le média et son public. Voilà pourquoi, en
faisant ce choix, le public oriente, consciemment ou non, sa propre vision du
monde.
Dès lors, la
pluralité de la presse revêt une importance cruciale pour la démocratie. Avoir
accès à de multiples opinions permet de se forger un avis éclairé, plutôt que
de devoir se soumettre à un point de vue unique imposé, souvent par la force.
La diversité des médias, des courants d’opinion et de pensée représente la
garantie d’une liberté.
« L’objectivité
journalistique est un mythe », affirmait Jean-François Kahn, journaliste et
essayiste qui dirigea le quotidien Libération avant de créer les
hebdomadaires L’Événement du jeudi puis Marianne. Personne,
fût-il un journaliste expérimenté, ne peut effacer complètement ce qu’il est :
sa personnalité, les croyances qui la soutiennent, son histoire personnelle,
son vécu, ce qu’il a été et ce qu’il aspire à devenir.
mardi 5 mai 2026
Le Mirage du Prompt : quand l'apparence défie le réel
Nous pouvons aujourd'hui nous forger une image qui ne nous ressemble en rien, réécrire le récit de notre histoire en totale déconnexion avec la réalité et nous donner l’illusion d’être quelqu’un d’autre. La performance des outils nomades — le smartphone, par exemple —, la toute-puissance des réseaux sociaux et l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle générative nous offrent les moyens, la rapidité et les opportunités de nous transformer à volonté, sans rien changer concrètement à ce que nous sommes. Les apparences suffisent ; le regard de l’autre finit par primer sur la perception que nous avons de nous-mêmes.
N’est-ce pas là un réel danger ? N’est-ce pas une utilisation, sinon erronée du moins falsifiée, de possibilités qui pourraient pourtant devenir de formidables leviers de progression ? Une technologie, aussi avancée soit-elle, ne produit de résultats qu’en fonction de l’usage qu’on en fait. L’utilité n’est pas en cause ; tout dépend de l’intention de départ et de l’objectif visé.
Plus les attentes sont élevées, plus les efforts d’apprentissage s’avèrent conséquents. Bien que les technologies deviennent de plus en plus intuitives, il ne faut pas croire que tout devient facile, ni que la réussite surgira par la seule grâce d’un prompt bien rédigé. Si tout était si simple, quel bonheur ce serait ! Certes, nous pouvons estimer que les moyens d’y parvenir sont désormais plus accessibles, à portée de doigts sur nos claviers, prolongeant naturellement nos capacités numériques.
Reste que l'essentiel demeure : nous avons toujours besoin de notre volonté, de notre créativité et d'objectifs clairs. Il faut encore bâtir des plans d’action étape par étape, mobiliser des moyens matériels et financiers, porter et défendre ses projets, ou encore convaincre des alliés et des partenaires. Il s'agit de bâtir des réseaux et de fidéliser une clientèle ou des bénéficiaires qui adhèrent à nos propositions. Pour résumer : quel que soit le domaine, la maîtrise reste indispensable, technologie de pointe ou non.
lundi 4 mai 2026
De la posture à la preuve : le passage à l'action
Les passifs critiquent le plus durement les actions entreprises par d’autres. Se donner de grands airs, s'imaginer supérieur à la majorité, se prendre pour ce que l’on n’est pas : tout cela révèle une incapacité à le devenir. Lorsqu’un titre, professionnel ou autre, vous fait perdre pied, vous étalez vos propres limites sur la place publique. La modestie, la retenue, voire la discrétion caractérisent bien souvent celles et ceux qui pourraient, à juste titre, exhiber leurs réalisations, leurs positions ou leurs influences. Nous pouvons toujours nous targuer de nos réussites, mais la vantardise ne valorise rien ; au contraire, c’est le meilleur moyen de les amoindrir.
Laissez vos actes parler pour vous plutôt que de dénigrer le travail d’autrui. Cessez d’admirer votre nombril et prenez votre courage à deux mains. Évitez de vous gargariser de rien et investissez-vous dans de véritables projets. Ne vous moquez plus des erreurs des autres, mais acceptez vos propres échecs. Ne soyez plus le critique, mais le complice dans l’action. Faites preuve d’assez de lucidité pour comprendre à quel point une telle attitude nuit à votre propre image.
vendredi 1 mai 2026
L’empreinte des mots
Mes mots forment un trésor unique et personnel. J’y trouve l’essentiel de ce dont j’ai besoin pour avancer dans l’écriture. J’y puise la matière de mes textes et de mes livres. J’y construis, pas à pas, mes publications. J’y témoigne de mes pensées, de mes convictions et de la vie que je mène. J’y dépose mes émotions, mes inspirations, mes envies comme mes désespoirs.
J’imagine celui que
décrit si bien Fabrice Caron dans son livre Journal d’un scénario (Folio) : «
Celui que j’aurais aimé être et ne suis qu’à travers ses yeux – mais au fond,
n’est-ce pas la définition même du sentiment amoureux ? Voir l’autre comme on
veut qu’il soit ? Et puis un jour le filtre ne fonctionne plus, obsolescence
programmée comme elle dit, hop, poubelle. »
J’y partage un peu de
moi à chaque fois. J’y laisse, sans doute, trop de traces.
jeudi 30 avril 2026
L’art de la distance : reconquérir notre regard
L’actualité nous assaille de nouvelles ternes et d’informations inquiétantes, de malheurs et de catastrophes sans cesse renouvelés, de scandales mêlant sexe, sang et argent, de crises et d’épidémies mondiales, de jours maussades et d’accidents en tous genres, de prévisions pessimistes et d’annonces alarmantes… Comment résister à ce flot ininterrompu de messages venus du côté obscur de notre monde ? Il est difficile d’avoir assez de recul pour ne pas sombrer dans une crainte irraisonnée, un découragement et un renoncement, comme un réflexe face à toute cette négativité qui nous agresse en permanence. Sommes-nous sans défense face à cette actualité destructrice ? Comment, dès lors, ne pas perdre ses repères les plus sûrs ? Comment résister et trouver les raisons d’être optimiste ? Notre attitude face à cette actualité guide notre interprétation, définit notre degré d’acceptation et construit les armes d’un raisonnement distancié. Ne pas être « mono-média » permet de s’ouvrir à d’autres perceptions dont le cumul, l’affrontement et le questionnement reconstituent une actualité parfois moins extrême qu’à première vue.
mercredi 29 avril 2026
De la suite dans nos idées
Lorsqu’une idée me vient et que je la trouve intéressante, j’y donne suite à court, moyen ou long terme. Elle prend forme d’une manière ou d’une autre, en partie ou en totalité. Toutes nos idées ne valent pas la même chose ; elles n’ont pas toutes la même pertinence, et nous devons forcément en mettre de côté. Cependant, afin de ne pas perdre les plus prometteuses, nous avons tout intérêt à les noter si elles ne peuvent être mises en œuvre sur le moment. Notre mémoire ne peut retenir le nombre considérable d’idées, petites ou grandes, qui traversent notre esprit chaque jour. Ensuite, nous devons les planifier, comme une obligation, pour leur donner une chance de voir le jour. Nos idées sont nos opportunités. Elles concernent bien souvent le ou les sujets sur lesquels nous nous concentrons en priorité. Nous devons considérer nos idées comme un véritable capital et nous interdire de le dilapider. Ne pas y prêter suffisamment attention, les ignorer, les oublier au fond d’un vieux carnet, ne pas leur faire confiance, ne pas essayer d’en réaliser au moins quelques-unes, ou n’en inscrire aucune sur notre agenda, revient à désavouer notre valeur, nos capacités, notre créativité, nos particularités ; c'est refuser d’avancer sur le chemin qui n’appartient qu’à nous. Nos idées sont la vie que nous pouvons nous créer.
mardi 28 avril 2026
L'illusion de l'outil miracle
Les outils que nous utilisons sont là pour nous aider, et cela ne va pas plus loin. Il est inutile d’espérer trouver un outil miracle qui permettrait de réaliser, d’un coup, tous vos projets. Ils sont au service de vos actions et non l’inverse : ils ne font rien à votre place. En chemin, vous découvrirez les outils les plus adaptés, les plus pratiques et les plus efficaces. Inutile de les chercher désespérément, comme une excuse pour ne jamais commencer. C’est vous qui forgez vos outils, et non l’inverse.
Il s’agit donc d’arrêter d’accumuler, sans les utiliser, des carnets,
agendas, cahiers, classeurs ou autres trieurs en tous genres. Au départ, une
simple feuille suffit pour y inscrire vos objectifs et les premières étapes à
accomplir pour y parvenir. Comme les outils se construisent pas à pas, chemin
faisant, nos buts s’atteignent une action après l’autre.
Puisqu’il n’existe pas d’outil miraculeux, il ne peut être question d’un
« grand saut magique » qui nous propulserait vers la finalité dès l’objectif
énoncé. Nous pouvons fuir la réalité dans une recherche éperdue de la formule
magique, qui nous apportera l’outil miracle et la solution rêvée. Mais cette
recherche nous tient une vie entière pour finir nulle part.
lundi 27 avril 2026
La dictature de l’habitude : le poids de l’inertie dans les urnes
Autour de nous, le monde et les sociétés, les mentalités et les modes de vie, les structures et l’économie, les rapports et la vie sociale, la culture et la technologie évoluent en permanence. Et pourtant, nous refusons obstinément que les choses changent pour nous. Nous pouvons observer, parfois comprendre et peut-être en accepter certains aspects ; il reste que, la plupart du temps, nous résistons au fait que ces évolutions puissent s’appliquer à nous.
Nous avons besoin de
permanence, de structures, de repères, et les changements — parfois rapides,
trop rapides quelquefois — sont vécus comme de l’instabilité, dans la
fragilité, voire dans l’insécurité. Nous sommes des êtres d’habitudes et nous
n’aimons pas être bousculés à l’intérieur de cette zone qui nous rassure. Nous
restons figés dans notre routine en espérant que toute nouvelle modification
glisse sur nous, en nous impactant le moins possible. L’accumulation de toutes
ces résistances peut former des majorités généralement négatives qui
influencent les élections.
vendredi 24 avril 2026
Oser, c’est déjà réussir
Un refus n’est pas un échec ; le véritable échec serait de renoncer. Se tromper n’est pas une faute, c’est chercher la bonne solution. Chaque erreur nous enseigne et nous permet de nous améliorer. Chaque pas nous emmène un peu plus loin, quelle qu’en soit l’ampleur ou l’importance. Toutes nos tentatives sont autant d’essais qui doivent conduire aux résultats souhaités.
Ne pas réussir ne
signifie pas la fin d’une vie ; cela relève plutôt du début de quelque chose de
plus grand. Rien n’est définitif. Au contraire, les revers représentent autant
d’apprentissages nécessaires à la réalisation de nos objectifs. Oser commencer,
c’est déjà réaliser l’essentiel !
Le pire serait de se
dire : « Si seulement... » ; de regretter en se disant : « Si j’avais su, si
j’avais fait, si j’avais osé, si j’avais cru en moi, en mes projets, en mes
envies, en mes intuitions. »
jeudi 23 avril 2026
Le Tranchant des Mots
Les mots, les ragots, les rumeurs ont leurs victimes : Roger Salengro, Pierre Bérégovoy, pour ne citer que ces deux exemples. Chaque mensonge imprimé atteint, peu ou prou, sa cible. S’en détacher ou se laisser taillader le cuir — cette armure que l’on se forge au fil du temps — par des mots acérés comme des lames de rasoir.
« Toutes les
explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens
l’honneur d’un homme et, finalement, sa vie, au prix d’un double manquement de
ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République », a déclaré
François Mitterrand, président de la République, aux obsèques de son ancien
Premier ministre.
La calomnie est une
blessure lorsqu’elle surgit, puis elle devient une douleur permanente qui vous
détruit de l’intérieur. Les mots sont lourds de sens et pèsent des tonnes,
malgré nous, au point d’écraser toute énergie, toute honnête conscience. Jean
de La Fontaine ne disait-il pas : « L’homme est de glace aux vérités ; il est
de feu pour les mensonges » ?
mercredi 22 avril 2026
L’Audace de l’Action
Subir ou agir. Il s’agit soit de se laisser porter par le cours de la vie, les événements ou les décisions des autres, soit de se prendre en main, d’être à l’initiative et de ne pas jouer en défense. Voilà les deux choix qui s’offrent à nous dans tous les aspects de la vie, personnelle comme professionnelle.
Subir ou agir :
l’alternative est simple, mais capitale. Parfois, notre histoire nous amène
inconsciemment vers l’un ou l’autre de ces chemins. Et lorsque la pièce tombe
du mauvais côté, il n’existe aucune raison de croire que rien ne pourra
évoluer. Au contraire, un nouveau choix se présente à nous : continuer à subir
ou tout faire pour entrer dans l’action. En réalité, ce choix est permanent, à
chaque instant. Il faut en prendre conscience. Sans cela, la tartine tombera
toujours du côté beurré ; nous serons les éternelles victimes de la loi de
Murphy, de « l’emmerdement maximal » où, entre deux options, le hasard choisit
toujours la pire.
C’est facile à dire,
plus difficile à faire. Subir est une position confortable : c’est toujours la
faute d’un tiers, des circonstances ou des accidents de la vie. Agir exige de
se remettre en question, un peu de lucidité et beaucoup d’efforts. À ce
compte-là, la posture de victime se révèle attirante, car elle évite d’être
face à ses propres manques. Pourtant, une seule voie apparaît justifiable :
agir. C’est la solution la moins facile, la plus exigeante, la plus
culpabilisante parfois, mais c’est la seule attitude capable de construire la
vie que nous voulons vraiment vivre.
mardi 21 avril 2026
L'Illusion du Devenir
Nous pouvons nous inventer une histoire, un roman, une fable. Nous pouvons l’illustrer par quelques clichés publiés sur les réseaux sociaux. Nous pouvons donner le change et simuler une vie nouvelle. Nous pouvons même nous persuader de cette illusion. Nous pouvons, en effet, faire semblant de croire — nous autopersuader — que nos publications reflètent le réel. Mais nous savons qu’il ne s’agit que d’une vie travestie. Nous sentons profondément que quelque chose ne va pas. Nous devinons, sans nous l’avouer, que nous trichons avec la réalité.
Pour autant, nous
n’arrivons pas à nous sentir coupables de falsification. Les réseaux sociaux
nous piègent de cette façon : en nous faisant croire que nous pouvons proposer
l’image de ce que nous voudrions être plutôt que celle de ce que nous sommes
réellement. C’est là tout le mensonge de ces plateformes : paraître n’est pas
être, faire semblant n’est pas réaliser, tromper n’est pas se définir.
Les réseaux sociaux
représentent la facilité. Plutôt que d’essayer, il suffit de faire croire.
Plutôt que de travailler à réaliser un objectif ambitieux, il suffit d’en
donner les signes apparents. Plutôt que de devenir, il suffit de faire semblant
d’être. Dès lors, les réseaux sociaux deviennent un miroir déformant qui ne
reflète qu’une projection tronquée. La mesure de toute chose se conçoit
également comme une règle dans l’utilisation de ces outils.
lundi 20 avril 2026
Le complexe de Jean-Claude Dusse : pourquoi votre communication échoue
Emportés par l'empressement généralisé à nous exposer et à soigner notre image pour être « likés » par le plus grand nombre, nous en oublions l’une des règles fondamentales de la communication : l’objectif.
À l’ère des réseaux
sociaux, nous illustrons ce que Philippe Sollers écrivait dans son livre Graal
: « Ils n’ont pas peur de mourir, mais plutôt de ne plus être pris en
considération par le spectacle, c’est-à-dire de ne plus se sentir filmables ou
télévisables. » Ce constat est né de notre « postmodernité d’indiscrétion
générale ».
Créer du contenu
sans but ni réflexion revient à jeter des bouteilles à la mer dans l’espoir
illusoire d'un bénéfice. C'est une stratégie « à la Jean-Claude Dusse » : on
mise tout sur le malentendu. En réalité, il ne s’agit là que de donner
l'illusion de faire illusion ; autant de coups d'épée dans l'eau.
Dès lors, une
question se pose : l’ego peut-il véritablement être l’objet d’une communication
?
La communication
change alors de nature : elle ne cherche plus à transmettre, mais à se
rassurer. On ne s'adresse plus à un public pour l'informer, le convaincre ou
l'émouvoir, on le somme de devenir le témoin passif d'une autocélébration.
C’est le piège de la
« visibilité pour la visibilité ». En oubliant l'objectif — le fameux «
pourquoi » — on sacrifie le contenu au profit de la mise en scène. On finit par
produire un bruit de fond où chacun crie sa propre importance, sans que
personne ne prenne plus le temps d'écouter.
Pourtant, la
communication demande de sortir de sa propre sphère pour rejoindre celle de
l'autre. Sans cela, la parole n'est qu'un monologue condamné à l'écho qui ne
relie que deux rives de la même solitude.