En pause cette semaine:
rendez-vous lundi prochain !
Le blog qui décrypte et explique, qui informe et éclaircit sur la communication.
« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister.
Pourquoi
attendre ?
Quelle peut être la
bonne raison de remettre à plus tard ce qui peut et doit être fait ? Nous
devons nous forger des projets, nous mettre face à des défis à relever, en
position de réaliser ses envies. Qu’attendons-nous réellement ? Un moment
plus idéal, une meilleure opportunité, une occasion tombée du ciel, autant de
miracles qui ne viendront jamais. Quelles sont nos raisons d’attendre ? La
peur, le doute, le manque de confiance, autant d’éteignoirs de l’audace, de la
motivation, de toute dynamique. Pourquoi attendre de mettre notre énergie au
service de ce que l’on souhaite ? Nous pouvons développer la volonté de
dessiner la vie que l’on veut ou que l’on doit avoir. Pour quoi reporter et
attendre avant d’agir ? Le risque d’abandonner ensuite est trop grand pour
se permettre l’inaction.
Répétition
Il est probable que
je me répète de texte en texte. Mais a-t-on, chacune et chacun, tant de chose à
dire ? Nous avons toutes et tous nos sujets de prédilections, sur lesquels
nous pouvons disserter et digresser à l’infini ou presque. Ce n’est ni un
travers, ni une facilité mais bien un « message » que nous essayons
de porter par nos mots, qui se ressemblent souvent. Nous avons des thèmes qui
nous tiennent à cœur, non des obstinations, sur lesquels nous avons
l’impression de ne pas avoir tout dit. Heureusement d’ailleurs, cela voudrait
signifier que nous n’avons plus grand chose à dire.
Ex
nihilo nihil fit
Rien ne vient de
rien, déjà en son temps Parménide d’Elée, philosophe grec présocratique,
exprimait l’idée que rien ne peut être créé à partir de rien. On peut aussi le
voir comme le principe de causalité : tout phénomène a une cause.
C’est aussi vrai dans
notre vie. Rien ne viendra si nous ne faisons rien.
« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister.
Compte
à rebours
Dans une campagne électorale, chaque jour compte. Les temps faibles se
gèrent mais ne peuvent durer. Le décompte avant le vote impose son rythme.
Chaque nouvelle journée est une urgence où il faut être prêt et non avoir
prévu.
Amateurisme
L’amateurisme rend une campagne électorale aussi difficile qu’incertaine.
Chaque erreur s’accumule comme un déficit qui au bout d’un moment se révèle
difficile à combler. Les couacs se corrigent, mais en l’absence elles
deviennent des fautes.
Sérieusement
La politique est une
affaire sérieuse, mais à trop se prendre soi-même au sérieux on en oublie
l’essentiel. C’est-à-dire qu’il s’agit de travailler au bien commun. Une
campagne électorale c’est proposer un chemin de construction, une démarche
tendue vers un objectif.
Des candidats n’ont
d’ambitions que pour eux même. Leur passé exprime souvent ce trait de
caractère. A bien y regarder, les grandes lignes ne présentent pas d’engagement
altruistes, empathiques, tournées vers le bien commun, mais davantage vers une
carrière, de l’opportunisme et du désintérêt jusqu’à la période électorale où
d’un coup une passion subite pour autrui apparaît miraculeusement. Il est
toujours bon de regarder une candidature dans son ensemble. Ce qui est présenté
et ce qui existe réellement.
Stéphane De Groodt écrit dans son livre En mémoire de mes souvenirs (Éditions de l’Observatoire) : « Je les vois, mes amis, qui envisagent de ralentir, de s’arrêter parfois. Je me dis qu’à ne plus vouloir bouger, ils sont décidément bien trop jeunes pour devenir vieux. »
Nous sommes les
seuls à pouvoir forger notre propre destin. Nos pensées, nos actions et nos
décisions déterminent notre avenir. Nous pouvons faire de mauvais choix, nous
égarer ou nous tromper ; mais il s'agit d'apprentissages, d'erreurs, et non de
fatalités. Rien n'est définitif.
Nous essayons
perpétuellement de comprendre ce que nous vivons. Les événements ne sont pas
toujours cohérents et il est parfois complexe de tout remettre dans le bon
ordre. Sans but, nous naviguons dans un entre-deux qui ne mène nulle part. Nous
devenons alors les victimes de nos propres indécisions. Nous errons dans
l'existence en espérant que le hasard tombe du bon côté de la chance, ou que
les choses se fassent d'elles-mêmes.
Pourtant, notre
confiance en soi se renforce dans chacun de nos actes, qu'ils soient modestes
ou plus importants. Quelles sont les causes qui nous font dire : « J’arrête
d’avancer, j’arrête de créer du nouveau » ? Comment peut-on renoncer ainsi au
sel de l’existence ?
Je ne propose pas de méthode pour faire de qui que ce soit le maître du monde, l’homme le plus riche de la planète ou l’influence majeure sur le cours des événements. J’ai rédigé, il y a quelque temps, une démarche d’amélioration : les « 3S » (Sens, Simplicité, Sincérité), afin de permettre à chacun de se repositionner, de savoir comment agir et de se comprendre véritablement.
Je n’ai aucune leçon
à donner, à peine des recommandations, tout juste quelques conseils. Il s'agit
avant tout d’une démarche de réflexion, d'une aide pour retrouver l’allant ou
le bon chemin en cas de sentiment d’égarement, de doute, ou plus simplement
face à une situation que l'on ne s'explique pas toujours.
Je ne vends pas de
rêve, tout au plus un encouragement à faire ce qui semble le mieux pour nous, à
répondre à nos aspirations et à nous reconnaître dans nos actions. Rendons-nous
à l’évidence : nous devenons ce que nous créons nous-mêmes. Tant pis si le
constat est parfois amer ; la lucidité est indispensable.
La démarche 3S se
propose d’être un point d’appui afin de reprendre le cours d’une vie telle que
nous la souhaitons. Nous n’avons de comptes à rendre qu’à nous-mêmes. Pour
pouvoir se regarder en face, il faut s'épargner trop de regrets. Ne pas se
décevoir soi-même est une rude tâche. À chaque instant, nous pouvons prendre la
résolution d’agir, de faire ce qui nous semble le mieux pour nous et ce qui
correspond à nos aspirations. C'est ainsi que l'on peut être fier de soi et, par
conséquent, gagner un surcroît de confiance.
La démarche 3S nous
permet de prendre le pli de ne prévoir et de ne faire essentiellement que ce
qui nous correspond vraiment, pour avancer vers nos ambitions avec
détermination.
« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister.
Reconnaissance
Je rencontre de plus
en plus de personnes souffrant d'un manque cruel de reconnaissance. Dans un
monde d’hypercommunication, le sentiment d’indifférence est souvent ressenti
comme une injustice profonde et vécu comme une véritable souffrance. Celle-ci
peut engendrer de l’agressivité, pousser à la polémique ou nourrir une
hostilité déclarée. Bien souvent, ces comportements vont de pair.
On en vient au point
où chacun est tenu pour responsable de ce manque. Il n’existe plus d’innocents
ni d’échelle de valeurs : tous seraient coupables de cette invisibilité si
douloureuse. Désigner l'autre comme responsable de ses propres manquements ou
de ses fautes devient alors systématique. Dans ce schéma, il ne peut plus être
question d'assumer.
Conséquences
L’action et l’engagement ont des conséquences. Il
faut assumer chacun de ses choix, chacune de ses actions, sans rien regretter
et en restant solide sur ses convictions. Il ne faut pas se laisser détourner
par ce qui ne représente, au final, que des scories.
Il faut y voir une vertu salvatrice : l'action
fâche et éloigne les ego démesurés, les donneurs de leçons, les critiques
invétérés, les semeurs de troubles, les éternels persécutés, les coupeurs de
cheveux en quatre et les frustrés de tous ordres. Autant de tempéraments
négatifs qui, par manque de vigilance, vous entraînent dans une spirale
descendante.
Vie nouvelle
Une parenthèse de dix ans, puis ce mot magique :
« rémission ». Il remet tous les compteurs à zéro. Nous voilà devant une vie
nouvelle où l’espoir renaît, où chaque jour redevient une véritable promesse.
L’actualité nous raconte l’air du temps. Nous prenons pour faits établis ce que les médias relatent. Tout va trop vite pour faire le tri, pour discerner la part du vrai et du faux dans une profusion, un déferlement, un tsunami quotidien d’informations. Du plus important au plus futile, les frontières n’existent plus. Tout est mis au même niveau. L’échelle d’importance se rétrécit à presque rien. L’actualité qui nous est proposée ne nous permet plus de faire la différence entre l’essentiel et l’accessoire.
« Quand l’air du
temps est vicié, le langage est malade », écrivait George Orwell dans son essai
La Politique et la langue (éditions Mille et une Nuits). À cela, il ajoutait :
« Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée.
Un mauvais usage peut se répandre par habitude et par conformisme, même parmi
ceux qui devraient être, et sont, les mieux informés. »
Hannah Arendt, quant
à elle, nous expliquait que « le vrai danger, c’est le moment où les gens
ordinaires ne savent plus distinguer la vérité du mensonge.»
Chaque jour, je publie deux textes : l’un sur mon blog, l’autre sur Facebook. Deux sujets différents, la plupart du temps. Si l’on ajoute la part d’écriture professionnelle, les projets littéraires, les futures conférences, les prochains cours universitaires, ainsi que les notes et réflexions que je confie à mes cahiers, les brouillons que je ne conserve pas, les courriers, les courriels, les SMS qui ponctuent chacune de nos journées... tous ces mots remplissent une bonne part de mes heures. Ils me sont indispensables. Je ne peux faire sans eux ; sinon, ils me brûleraient l’esprit. Je dois inscrire ces textes, ces idées, ces développements, ces prises de risque, ces découvertes, ces concepts et nouveaux principes, ces expériences à valoriser…
Écrire sur le
plaisir d’écrire : pourquoi pas ? D’autres auteurs l’ont fait, car il s’agit
encore et toujours du plaisir de l’écriture.
Ma quête
introuvable, mon étoile, ma recherche de perfection peut se résumer ainsi : la
phrase parfaite. Celle qui contient, explique et comprend le monde en quelques
mots. Faire long n’est pas gage de qualité, d’efficacité ou d’intérêt. Les
textes les plus importants se révèlent souvent courts, sans digression,
directs, allant à l’essentiel, portés par des idées claires, originales ou non.
Il ne faut parfois que quelques mots pour percuter les esprits et saisir
l’attention du plus grand nombre. La simplicité se révèle souvent être la
meilleure façon de dire.
J’aime écrire. Mon
stylo et les mots sont mes armes, ma défense, l’affirmation de ce que je pense.
« Nous sommes ce que nous faisons. » Je le répète assez souvent, tant pour vous en convaincre que pour initier la démarche définissant ce que nous voulons être. Sans cet effort préalable, comment connaître les actions à mener ? Savoir où nous voulons aller nous permet de tracer le bon chemin. Il n’y a pas, ici, de recette miracle : juste du bon sens et la bonne attitude.
Je me construis un
chemin dès lors que je sais où je vais. Emprunter la bonne route nécessite de
connaître la destination. Nous ne sommes sûrs de rien lorsque nous ignorons ce
que nous voulons devenir. L’aboutissement — le pourquoi — est
indispensable à l’élaboration du parcours — le comment — et nous nous
devons d'être les plus sincères avec nous-mêmes. Ne pas être en accord total
avec notre but ne peut que nous apporter difficultés et déconvenues.
Nous devons résister
aux pressions et aux influences extérieures pour se concentrer sur ce que nous
voulons vraiment. Il nous faut répondre à nos véritables envies et non aux
conseils, plus ou moins bien avisés, que d’autres font peser sur nos propres
choix. Notre vérité se trouve dans une démarche qui laisse apparaître le sens,
rend la tâche plus simple et nous fait évoluer en pleine sincérité. La démarche
3S s’inscrit partout parce qu’elle nous fait avancer. Un peu d’autopromotion ne
fait jamais de mal !
Mais l'implacable
vérité demeure : nous devons définir ce que nous voulons, déterminer comment
nous y rendre le plus directement possible et être en phase complète et intime
avec nos choix. Nous avons toutes et tous nos rêves et nos souhaits de vie.
Nous prenons parfois des tours et des détours pour y parvenir alors que, encore
une fois, rien n’est possible si nous ne savons pas précisément ce que nous
souhaitons.
Chaque jour, nous
sommes face à notre réalité. Notre détermination nous conduira à notre
destination, alors que notre renoncement nous égarera inévitablement. Chaque
jour, les tentations, les événements et les propositions essaieront de nous
faire dévier de notre route. Il faut savoir rester ferme sur ses objectifs pour
ne pas céder. À moins que l’opportunité ne vous offre mieux que prévu... C’est
rare, mais cela arrive néanmoins. Reste que, la plupart du temps, ce ne sont
que des distractions sans lien avec ce que nous tentons d’atteindre. Il nous
revient de faire la part des choses et de ne pas céder à la facilité.
Avons-nous toujours raison d’insister, tout à notre détermination de forcer le destin ? Devons-nous, à un moment, lâcher prise et réorienter nos efforts, au risque d’arrêter juste avant la réussite ? Mais quand ? Quels sont les signes qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? La réussite est-elle une question de persévérance ou de lucidité ? L’échec est-il le résultat d’un entêtement ou d’une perte de réalisme ? Avons-nous assez d’instinct pour faire la différence, ou arrive-t-il un moment où l’obstination prend le dessus, au-delà de toute mesure ?
À chaque tentative,
à chaque création, à chaque projet, ces questions envahissent et hantent
l’esprit de manière persistante. Y échapper devient compliqué, mais pourtant
salutaire.
Quels outils
avons-nous à portée de main afin d’y voir plus clair ? D'abord, ne pas rester
seul dans un isolement souvent douloureux. En parler, expliquer et faire
comprendre demande de faire le tri, de mettre en cohérence et en perspective,
de tisser les liens nécessaires entre tous les éléments et, surtout, de
simplifier afin d’être le plus clair possible. Nous sommes les seuls à
connaître toutes les données, à porter les réponses de manière inconsciente.
Devoir en parler nous oblige à transformer les problèmes en mots et en phrases
compréhensibles, à décrire précisément la situation. Ce processus déclenche
bien souvent, en nous, les solutions.
Un accompagnement
conversationnel, fait d’écoute et d’interrogation, représente bien souvent le
meilleur moyen de faire un point vital et d’engager la suite des événements.
D’autres outils existent : tableaux de bord, évaluation externe… Mais personne
n’en saura autant que vous, et personne ne vivra l’aventure avec autant
d’intensité.
Nous sommes
fréquemment le problème et la solution. En grec, le pharmakon désigne à la fois
le remède et le poison. Nous sommes le pharmakon de notre vie. En prendre
pleinement conscience nous permet de rester aussi lucides que nécessaire.
Nous cherchons toutes et tous à comprendre quel est notre rôle dans ce grand tout qu’est l’univers. Nous prenons chaque jour notre vie entre nos mains, sans toujours comprendre ce qui nous pousse en avant. Nous n’arrivons pas toujours à prendre conscience de la valeur de chaque instant. Nous laissons filer des heures précieuses par négligence, sans nous rendre compte de leur importance. Chaque fois que nous oublions de nous concentrer sur l’essentiel, nous perdons ce qui fait notre raison d’agir.
« À chaque jour
suffit sa peine », pourrait-on dire, mais nous devons vouloir plus d’intensité
et donc plus de conséquences. Faire que chaque jour soit meilleur que le
précédent, garder l’espoir que demain peut être et sera meilleur
qu’aujourd’hui. Chaque jour, nous avons un choix à faire : persévérer ou
renoncer. Nous devons retrouver la motivation qui nous fait avancer. Il nous
faut puiser l’énergie d’agir dans ce qui nous rend positifs. Cette force, ce
sont nos objectifs, le sens que nous leur donnons, la simplicité que nous
mettons à leur mise en œuvre et la sincérité qui nous anime.
L’actualité nous laisse parfois dans une perplexité abyssale. On s’interroge sur l’intérêt, les motivations et les buts de certains faits divers. « À quoi cela sert-il ? » : nous nous posons régulièrement cette question. Pourquoi ? C'est une interrogation qui nous vient à l’esprit de plus en plus fréquemment.
Tout le monde a envie d’être vu, reconnu, célébré. Dès lors, l’improbable, l’absurde ou le ridicule ne sont plus des freins. Même l’humiliation ne constitue plus un repoussoir. Tout est bon pour obtenir son « quart d’heure warholien » de célébrité. Et nous, spectateurs passifs, nous ne savons comment réagir : faut-il prendre au sérieux, à la rigolade ou avec dégoût cette société du spectacle pitoyable ? Que pourrait bien écrire Guy Debord à notre époque du superficiel, du vide et des réseaux de la haine, où cette dernière est affichée comme un brevet d’influenceur d’opinion ?
Les exemples envahissent nos médias et, à force de répétition, on finit par trouver cela normal. La banalité du rien — ou du pas grand-chose — devient désormais la norme.
Je remarque que de plus en plus de personnes préfèrent se positionner en donneurs de leçons plutôt que de se mettre dans l’action. Ne rien faire apporte le confort de ne pas se tromper ni d’être sujet à la critique. La position consistant à donner son avis, à porter un jugement ou à rester observateur ne comporte aucun risque. Il est plus facile d’être juge que d’être jugé, inquisiteur que blâmé.
Agir, c’est ne pas être certain de réussir. Ne rien faire, c’est être sûr de ne pas faire d’erreur. Il y aura toujours quelqu’un pour penser que tout devrait tourner autour de sa personne et de ses opinions. Sa "hauteur de vue" l’empêcherait de mettre les mains dans le cambouis, de se mélanger à la plèbe des agissants au quotidien.
Savoir relativiser, se protéger et mettre à distance ce genre de personnes, que ce soit dans son milieu professionnel ou personnel, devient salutaire. Les critiques ne doivent avoir d’impact que lorsqu’elles sont émises par quelqu’un dont l’avis a une importance pour nous. Le reste n’est que bruit dérisoire.
Il n’existe qu’un seul chemin valable : celui qui nous mène plus loin.
Aucune journée n’est
innocente. Chaque jour nous renseigne sur notre état d’esprit : qu’avons-nous
accompli ? Avons-nous tergiversé ou avons-nous agi ? Nous prenons quotidiennement
une multitude de décisions qui impactent, plus ou moins durablement, notre
avenir.
Chaque jour, de nouveaux
événements perturbent le parcours que nous avions envisagé. Pourtant, chaque
action entreprise participe à notre devenir et à la réalité que nous forgeons.
Chaque fois que nous hésitons, nous différons ce que nous sommes en capacité de
construire.
La volonté d’avancer, encore
et toujours, sans relâche, conditionne nos réussites. En son absence, nous
sommes condamnés à laisser le cours de notre existence entre les mains d’un
hasard qui ne mène nulle part. Chaque fois que nous reculons devant un obstacle
ou une tâche ardue, nous brisons notre dynamique.
Refuser d’aller plus loin peut
aussi être le signe que l'on craint de perdre le peu que l'on possède. Vivre
pleinement, c’est d’abord ne refuser aucun pas en avant. Gardons à l’esprit que
nous sommes ce que nous faisons, et non ce que nous renonçons à accomplir.
L’accumulation des
difficultés, des désillusions ou des mauvais choix ne peut être un prétexte à
l’abandon.
Sempre Avanti !
Les habitudes et leur confort nous vont si bien. Difficile, dès lors, de se dire qu’il faut en changer tant que nous n’en percevons pas la nécessité. Et pourtant, des évolutions s’imposent d’elles-mêmes, avec, par exemple, les progrès de la technologie et l’IA générative, pour ne citer qu’elle.
Il faut se rendre à l’évidence : elle va
bousculer notre manière de travailler, de nous organiser, d’être plus
productifs. Ne pas en prendre conscience dès à présent revient à perdre un temps
précieux. Ce changement est inévitable ; autant ne pas faire comme si de rien
n’était, mais prendre le tournant au plus tôt et en faire une force. Par
conséquent, il nous faut un temps de réflexion pour imaginer et s’inventer de
nouvelles pratiques professionnelles avec l’IA générative comme partenaire.
C'est là tout le paradoxe dont seule la vie est capable : s’accompagner de l’IA
générative pour apprendre à s’en servir.
La formation vous sera peut-être nécessaire,
les conseils de personnes plus au fait que vous devront probablement être
sollicités, et la méthode d’essais et d’erreurs, telle que définie par Karl
Popper, vous accompagnera inévitablement à vos débuts. Mais tout cela n’a rien
d’insurmontable. Et puis, pourquoi ne pas demander à l’IA générative ce qu’elle
peut vous apporter dans telles ou telles circonstances, dans vos savoirs, vos
savoir-faire, vos savoir-être ? Lui demander ne vous engage à rien et, ce
faisant, vous apprendrez à rédiger un prompt efficace.
Des ouvrages apparaissent dans ce domaine. Des
tutos fleurissent sur les plateformes d’échange de vidéos et chacun(e) a déjà
plus ou moins testé une IA générative. Vous avez d’ores et déjà à portée de
main les outils pour vous y mettre tout de suite. Pour ma part, je me plonge
dans l’ouvrage de Victoria Dupied : Gagner du temps avec l’IA (Gereso).
Tony Blair, dans son dernier ouvrage, y consacre également tout un chapitre : Entrer
dans la révolution technologique ou comment rester en phase avec un monde en
mutation.
Avec l’âge, je peux trouver de prime abord que toute nouvelle technologie disruptive peut être perçue comme une forme d’agression. Sans doute parce qu’elle bouscule trop et trop vite. Mais avec du recul, je réalise que la généralisation de l’informatique a été une révolution similaire en son temps, suivie par celle du tout numérique. Les jeunes générations ne le comprendront probablement pas, puisqu’elles sont quasiment nées avec un ordinateur dans une main et un smartphone dans l’autre. Il faut cependant se rendre compte que les évolutions techniques et technologiques se sont accélérées à une vitesse folle et se sont développées en un temps record. Plus l’évolution est rapide, plus l’adaptation devient un défi pour les générations précédentes. Nous sommes face à un grand bouleversement imminent. Prendre le bon virage dès aujourd'hui se révèle essentiel pour rester acteur de ce monde en mouvement.
En politique, il faut savoir provoquer des ruptures, mais seulement lorsqu’elles sont nécessaires, demandées et attendues par la population. À défaut, il ne s’agit que d’une posture.
Cette rupture doit être
évidente et nette, sans pour autant effrayer. Il convient alors de l’expliquer,
d’en faire comprendre la nécessité, le déroulement et l’aboutissement. Il faut
donner du sens au changement. L'enjeu est d'en livrer simplement les clés et de
démontrer la sincérité de la démarche. Autrement, celle-ci ne pourra être ni
comprise, ni acceptée, ni perçue comme une solution pertinente.
Marquer sa différence par
une rupture clairement explicitée la rend identifiable sans effort et permet
aux relais d’opinion de s’en approprier aisément la substance. Ils doivent
pouvoir se saisir de ce projet de changement, l’exprimer simplement et
l’argumenter avec facilité. Il n’existe pas de plus puissant canal de
communication que le bouche-à-oreille.
La rupture est souvent
présentée comme une solution en soi, sans que l'on explique précisément avec
quoi il faut rompre. Elle doit pourtant s'ancrer dans des valeurs, des
principes et des idées fortes. Trop souvent, rien de tout cela n’est explicité.
« Rupture, rupture, rupture… » : cette incantation est déclamée comme si elle
renfermait un pouvoir magique et se suffisait à elle-même. Sur quelles valeurs
faut-il se fonder ? Sur quels principes s’appuient les propositions ? En quoi
ces dernières marquent-elles une rupture avec l'existant ? C’est précisément là
que les convictions politiques prennent toute leur importance. Apporter
quelques nuances ici ou là ne constitue pas une rupture ; il s'agit d'un abus
de langage, pourtant très répandu. D’où parlons-nous ? Quelles sont les
fondations sur lesquelles se construit le programme ?
Vouloir « faire mieux »
suppose que la direction prise est la bonne, mais qu’il reste seulement des
améliorations à apporter. C’est reconnaître implicitement le bien-fondé des
actions entreprises et vouloir y apposer sa marque sans rien changer sur le
fond, en se contentant de récupérer l’existant.
J’ai une intuition forte : les plaques tectoniques de la politique sont en mouvement ou, plus précisément, en train de se repositionner. Des glissements idéologiques s’opèrent, les curseurs se déplacent et les véritables natures se révèlent. Bien qu’ils atteignent des sommets, les extrêmes se dévoilent et inquiètent de plus en plus.
En définitive, et à contre-courant des analyses dominantes, cet éclaircissement nous permettra de savoir « qui est qui », sans filtre ni dissimulation, dans une sincérité brute, fût-elle contestable. C’est à partir de là que nous pourrons retrouver la colonne vertébrale de la vie politique. Nous pourrons alors nous (re)positionner par rapport à des idéaux distincts : des projets de société radicaux ou modérés, de gauche ou de droite, autour des valeurs qui nous rassemblent ou nous séparent, et des mesures capables de répondre aux préoccupations réelles. Les choix reposeront enfin sur des visions claires pour la société de demain.
C’est un constat que semble partager Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’Université de Lille. Dans le quotidien La Voix du Nord du mardi 27 janvier 2026, il explique que « quand la connaissance du personnel politique local faiblit et qu’on lit moins la presse locale, il y a un retour des étiquettes. C’est le prolongement de ce qu’on a vu aux législatives 2024 : on vote de moins en moins pour un député qu’on connaît. » Il ajoute : « Au-delà du retour de l’étiquette, il y a aussi des logiques répulsives. C’est aussi l’étiquette qu’on ne veut pas… »
Dans un monde marqué par une incertitude croissante, le besoin de repères forts s’affirme. Voilà pourquoi nous devons rester d’une rigueur absolue sur nos valeurs, nos convictions et nos principes. L’attrait du pouvoir ne doit jamais nous conduire à brader le respect de nous-mêmes. L’Histoire nous enseigne que la dissimulation et le mensonge ne sont jamais les chemins des grands destins.
Certains et certaines conçoivent une campagne électorale comme une succession de « boules puantes » lancées pour discréditer, voire pour humilier l’adversaire. L’une des stratégies de Karl Rove, le stratège et bâtisseur des victoires de G.W. Bush, se résumait ainsi : taper le plus fort possible sur l’adversaire. La fin justifierait tous les moyens. Peu importe ce que l’on a à dire : en définitive, il s’agit avant tout de casser l’autre. C’est le « Carpet Bombing » qu’utilisent celles et ceux qui préfèrent la castagne au débat.
Il est vrai que l’on répète souvent : « Dénigrez, dénigrez, dénigrez, il en restera toujours quelque chose. » Il ne s’agit plus de se placer sur le plan des valeurs et des principes, mais de faire mal, de blesser et de détruire. Dans ce climat de violence, tous les coups sont permis, peu importent les conséquences sur la vérité, le respect et la rigueur. Les agissements sont à l’image de cette volonté déprédatrice. Une telle attitude préfigure ce que pourraient être, une fois au sommet, les comportements de pouvoir.
« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister.
Ecriture
Si la parole est un sport de combat, comme l’écrit Bertrand Périer dans
son ouvrage éponyme, l’écriture est pour moi un sport de régularité et de
lecture. Écrire sans lire est un non-sens. En lisant, l’imagination se
développe : les découvertes offrent des possibilités nouvelles, l’apprentissage
de nouveaux mots, de tournures de phrases et de styles différents.
L’entraînement — c’est-à-dire la régularité dans l’écriture — permet de
s’améliorer comme tout bon sportif. Ce petit carnet, toujours sur moi, me
permet de capturer les idées dès qu'elles surgissent, avant qu’elles ne
s’échappent au risque d’être perdues. La mémoire n’a rien d’infaillible, même
si l’on aimerait qu’elle le soit. Elle oublie ou elle restitue imparfaitement.
Pour paraphraser un proverbe connu : la mémoire ne se baigne jamais deux fois
dans la même eau. L’idée originale, si elle n'est pas saisie sur l’instant, ne
sera plus jamais celle dont nous nous efforcerons de nous souvenir.
Les valeurs à
l’envers
Une carte Pokémon achetée 5,3 millions de dollars devrait être revendue
entre 7 et 12 millions de dollars (La Voix du Nord du 02.01.2026). De quoi
est-ce le symptôme ? Probablement d’une société de l’hyperconsommation qui ne
reconnaît en toute chose que la valeur marchande, jusqu’à l’excès.
Cela serait moins dérangeant si cette valeur n’écrasait pas toutes les autres au point d’être devenue l’unique référence, même lorsqu’il s’agit d’humain, de social ou de solidarité. Tout semble être devenu un enjeu de consommation, de marchandisation et de spéculation financière.
Le temps des idées
Faut-il laisser du temps à ses idées pour se concrétiser ou faut-il les mettre en œuvre immédiatement ? Cette question soulève plusieurs réflexions. Comment savoir, dès l'abord, si une idée est bonne ? Elle doit souvent mûrir. Est-il alors utile d’investir du temps et de l’argent pour finalement abandonner ?
D’un autre côté, ne pas agir, c’est déjà renoncer, et le manque de temps n’est jamais un argument valable. L’action appelle l’action, tandis que l’attente nourrit la procrastination. En fin de compte, une idée ne se révèle pleinement que dans son exécution.
Les fins de semaine peuvent être aussi stressantes que pénibles et fatigantes. L’arrivée du week-end ne peut compenser une semaine vécue dans la douleur : le travail accumulé, le stress d’échéances importantes qui menacent de vous submerger et cette « to-do list » qui semble interminable.
De plus, votre envie de bien faire et d’être à la hauteur s’accommode mal des tâches non réalisées. Entre la pression que vous vous imposez, l’insatisfaction qui en découle, les regrets liés au travail inabouti ou l’impression d’avoir manqué d’arguments lors d’un échange, tout concourt à rendre le vendredi détestable. La promesse du week-end se transforme alors en un cycle de doutes et de pensées obsessionnelles, empêchant tout repos. Ce qui annonce, fatalement, une semaine suivante encore plus écrasante.
Nous avons toutes et tous connu des fins de semaine quasi apocalyptiques pour notre tranquillité d’esprit, nos nerfs et notre estime de soi. L’important est qu’elles ne se répètent pas trop souvent, sans quoi la situation deviendrait inquiétante. Quoi qu’il en soit, la question reste la même : comment se libérer de cette pression que nous nous infligeons ?
Nous pouvons nous libérer de tout remords en regardant la situation avec lucidité (ce qui n'est pas une mince affaire dans la confusion). Il s'agit d'être réaliste et de ne pas surestimer le nombre d’actions que nous pouvons mener à bien en une seule journée. Nous devons nous fixer des délais raisonnables. Nous ne sommes probablement pas le super-héros que nous voudrions être ; en prendre conscience permet de ne pas sombrer.
Une tâche après l’autre, les plus petites actions construisent un grand tout. Nous sommes ce que nous faisons, et pour sortir du lot, nous avons raison de vouloir en faire plus que les autres. Mais nous devons garder la tête froide, les nerfs solides et des objectifs bien ancrés dans notre réalité du moment.
À bientôt pour poursuivre cette réflexion !
Pour ou contre : les ressorts sur lesquels s’appuie une candidature en disent long sur les véritables intentions du candidat (ou de la candidate).
Dans son
livre Conversations intimes (Perrin), Jean Glavany rapporte ces propos
de François Mitterrand : « Vous êtes encore jeunes et une vie politique est
longue. Essayez de savoir ce que vous voulez en quelques idées simples,
quelques principes clairs, en nombre limité mais compréhensibles par tous — je
veux dire par le peuple de gauche. Et tenez-vous-en là, battez-vous pour cela.
Vous verrez, tôt ou tard, le vent soufflera à nouveau dans ces voiles » (page
284).
Nous pouvons
nous reconnaître dans une candidature ou, du moins, dans l’idée qu’elle
développe. C’est pour cela qu’elle doit être claire, accessible, explicable
simplement et efficacement. Une idée centrale rassemble lorsqu'elle fait écho
aux préoccupations d’une grande partie de l’électorat.
C’est
également ce qu'explique Tony Blair dans son ouvrage Votre leadership
(Fayard) : « Quant au nombre de vos priorités, il devra être limité. Quinze ?
Beaucoup trop. Si vous avez de la chance, vous en dégagerez cinq, et ce dès le
début de votre mandat. Sinon, vous risquez de vous disperser ou de laisser
l’actualité dicter votre agenda » (page 47).
Qu'il
s'agisse d'un moteur positif ou négatif, le choix est déterminant : faire peur,
susciter les craintes ou ne voir que le côté sombre des choses ne peut
constituer une démarche incitant à construire, à relever les défis ou à faire
progresser la société. À l'inverse, s’appuyer sur les points forts, se montrer
optimiste et volontaire, et bâtir un projet créateur offre une vision bien plus
inspirante pour l’avenir.
Les mots portent. Ils ont un impact, mais aussi leurs victimes. En effet, les mots peuvent blesser durement, durablement, et parfois mener au pire. Les suicides consécutifs au harcèlement sur les réseaux sociaux en sont les malheureux témoignages.
Les mots sont puissants : ils peuvent toucher au cœur, à l’âme et brouiller les esprits. Ils sont parfois lourds à porter, surtout lorsqu’ils se font accusations, moqueries ou humiliations. Pour les auteurs, ce ne sont que des mots, mais pour les victimes, ce sont des blessures allant jusqu’à une souffrance parfois impossible à apaiser. Le fait de les savoir accessibles à tous agresse encore plus profondément. Le ridicule qu’ils diffusent fait rire, et les commentaires qui en rajoutent achèvent le travail du mal.
Nous devons prendre conscience de la responsabilité de nos paroles, de leur poids et de leurs conséquences. Les mots peuvent être des blessures qui ne se referment jamais, comme autant de plaies béantes. Car les mots ne s’envolent pas : ils restent, s’incrustent et se gravent. Ils pèsent sur notre manière d’être, d’agir, et sur ce que nous devenons. C’est en cela qu’ils poussent leur perversité jusqu’au bout : se construire avec eux revient à bâtir un édifice plein de fissures.
Les mots peuvent être aussi doux que rugueux, aussi bénéfiques que venimeux, aussi positifs que malveillants. Nos paroles n’ont jamais rien d’anodin, tout comme nos silences d'ailleurs. Les braillards et les "baveux" peuvent être tout aussi malsains les uns que les autres. Nous devons comprendre que nos mots ne sont jamais innocents ; ils tirent leur force de nos intentions et percutent plus ou moins violemment la sensibilité des destinataires.
Nous avons le choix des mots. Ceux que nous prononçons sont l’expression consciente de ce que nous voulons transmettre. Il est vrai que nous pouvons être dépassés par la colère, l’impatience ou l’exaspération, mais il ne s’agit alors que d’écarts isolés. Lorsqu’ils se répètent, cela révèle une intention délibérée.
En politique, il faut savoir provoquer des ruptures, mais seulement lorsqu’elles sont nécessaires, demandées et attendues par la population. Sinon, il ne s’agit que d’une posture.
Cette rupture doit être évidente et nette, sans pour autant effrayer. Il s’agit alors de l’expliquer, d’en faire comprendre la nécessité, le déroulement et le résultat. Il faut donner du sens au changement. L'enjeu est d'en livrer simplement les clés et de démontrer toute la sincérité de la démarche. À défaut, celle-ci ne pourra être ni comprise, ni acceptée, ni perçue comme une solution pertinente.
Marquer une différence par une rupture clairement expliquée la rend identifiable sans effort et permet aux relais d’opinion de s’en approprier aisément la substance. Ils doivent pouvoir se saisir de ce projet de changement, l’exprimer simplement et l’argumenter avec facilité. Il n’existe pas de plus puissant canal de communication que le bouche-à-oreille.
En période électorale, les tensions naissent, les relations s’exacerbent, les sensibilités sont à fleur de peau, certaines positions se radicalisent et les dialogues deviennent sourds. Les conflits apparaissent et les accusations fleurissent : certaines à caractère diffamatoire, d’autres d’une nature enfantine, du style « c’est celui qui dit qui est ». Le débat, pourtant nécessaire, se transforme vite en invectives, voire en pugilat.
Pourquoi ne pouvons-nous plus avoir une
campagne électorale digne de ce nom, dans le respect des personnes, la
contradiction des idées et la probité des comportements ? Pourquoi doit-on en
arriver directement au « point Godwin » et subir d’infectes accusations ?
On pourra toujours me rétorquer qu’il s’agit
de la forme moderne des campagnes électorales et que la démocratie numérique a
ses travers, comme toutes celles qui l’ont précédée. Je n’arrive pas à me
résoudre à ce genre de réflexion, ni à m’imposer ce type de comportement. Pour
ma part, je préfère la raison, l’intelligence collective et le discernement.
De récentes réactions à mes publications me
rappellent que rien n’est jamais acquis. Elles me laissent croire que le chemin
est encore long, voire qu’il est à recommencer, tel un Sisyphe défendant une
certaine conception de la politique.
Chacun est libre de croire détenir la « grande
vérité », de vouloir changer le sens et la définition des mots, mais il ne peut
en être question pour moi. Je conserve toujours cette part d’autocritique
suffisante pour ne pas me croire supérieur aux autres.
La libre expression est sujette à
contradiction : c’est un risque à accepter. Mais comment faire face à
l’agressivité, à la mauvaise foi et aux prises à partie inutiles et dérisoires
? Répondre ou ne pas répondre ? Que dire en cas de réponse ? Est-ce nécessaire
ou est-ce nourrir la polémique ? On ne se refait pas ; j’essaie donc d'apporter
des éléments au débat plutôt que de verser dans l’irrationnel. Mais c’est,
malheureusement, croire en l’impossible. Et même si je le regrette, cela ne
m’empêchera pas de continuer à publier ce que j’ai à dire.
Chacun voit le mal où il veut bien le voir.
Alors que nous n’en sommes qu’aux prémices de la campagne, la virulence des
propos m’inquiète. La brutalisation du débat ne doit pas devenir notre seul
horizon.
Je regarde toujours devant moi. À trop se retourner sur le passé, nous faisons naître les regrets. La nostalgie peut être douce si elle se borne à repenser, de temps à autre, aux bons moments vécus et, surtout, partagés. Ce qui compte, c’est ce qui vient. Ce qui reste à construire est plus intéressant et plus important que ce qui nous échappe déjà. Ce qui nous entraîne et nous fait avancer, c’est ce qu’il reste à faire : ce projet qui nous motive et nous appelle par ses promesses. Comment pourrait-on parcourir la vie sans se projeter en avant, sans se donner de perspectives ou d’objectifs à réaliser ?
Les projets de toutes natures forment l’essentiel de la dynamique d’une vie. En leur absence, cela revient à se laisser porter par le cours de l’existence. Un projet remplace l’autre dans un enchaînement et un entraînement positifs et vertueux. Plus nous réalisons, plus notre motivation s’accroît. Moins nous agissons, moins nous avons d’entrain. Nos projets construisent notre devenir. Ils nous forment, nous rendent plus confiants et nous permettent de progresser. Certains appellent cela « l’étoile polaire ». Une vie sans projet est comparable à une feuille blanche emportée par le vent.
Dans une vie, nous manquons probablement plus d’opportunités que nous ne saisissons de bonnes occasions. D’abord, parce qu’il nous arrive de laisser passer la bonne fortune sans la reconnaître. Ensuite, parce que nous les laissons filer consciemment, convaincus que ce n’est pas pour nous, que cela ne nous correspond pas ou parce que nous sommes effrayés par leur ampleur. Enfin, parce que nous avons parfois renoncé à tout espoir, à toute envie, à tout projet. Nous nous sommes alors résignés à nous laisser flotter dans le cours quotidien de la vie.
« Je ne défends rien d’autre que ce que je crois. Je ne suis à la recherche de rien d’autre que ce qui me tient à cœur. Je n’ai ni l’ambition démesurée, ni la faiblesse de croire que je compte pour rien. J’ai une parole qui n’intéresse que celles et ceux qui veulent bien y prêter attention. Je ne réagis qu’à ce qui me touche, m’interroge ou m’interpelle véritablement. Je ne suis sensible qu’aux commentaires de celles et ceux à qui j’accorde de l’importance. Je ne suis que le produit de mes actes. Je ne rends personne d’autre responsable de ma situation. Je revendique tout ce que j’écris sans rejeter la faute sur les circonstances. J’assume toutes mes faiblesses, aussi grandes et complexes soient-elles. Je n’accuse personne d’autre que moi de ce que je suis ou de ce que je ne suis pas devenu. Je reste fidèle à mes amitiés, à mes engagements, à mes réalisations passées, à mes projets à venir, à ce qui était hier et à ce qui viendra demain. J’ai du mal à concevoir que l’on puisse vouloir le meilleur pour soi et souhaiter le moins bon pour les autres, préférer l’égoïsme à l’empathie. Je ne dissimule rien de ce que je suis, de ce que je crois, de ce que je soutiens. »
« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister.
Des vœux incontournables
Il existe des repères incontournables durant
l’année, des passages obligés mais attendus par tout le monde. La cérémonie
annuelle des vœux en fait partie. Sa faiblesse ou sa plus-value donne
l’impulsion pour l’année à venir. Il s’agit donc de ne pas rater l’exercice, au
risque de laisser une mauvaise impression. Il est impératif, en quelque sorte,
d'y imprimer sa marque.
Les ingrédients de la réussite sont de quatre ordres. D’abord, il s’agit d’avoir un message central fort à transmettre. Ensuite, la forme doit capter et maintenir l’attention. De plus, l’impression générale laissée doit être positive, même si toutes les précisions du contenu ne sont pas retenues. Enfin, il ne faut donner aucun prétexte à la polémique, sans pour autant être lisse.
Les vœux représentent un exercice périlleux. Bien s’en sortir est de bon augure pour la suite. La réussite se lit également dans les réactions des opposants : plus elles sont venimeuses, de mauvaise foi ou excessives, plus elles soulignent votre succès.
En vidéo
J’observe ce début de campagne électorale où
la vidéo et l’image ont pris une importance inévitable. Pas une déclaration de
candidature qui ne passe par l'image ; pas une journée sans photographies
détaillant l’activité quotidienne du ou de la candidate. La représentation de
l’action devient aussi fondamentale, sinon plus, que l’action elle-même.
L’adage « faire et faire savoir » prend toute son ampleur, auquel il convient
d’ajouter « et surtout bien le montrer ».
Comment expliquer cette tendance ? Est-ce une conséquence de la toute-puissance d’Internet et des réseaux sociaux ? Du slogan « Le poids des mots et le choc des photos », ne reste-t-il que l’impact de l’image ? La forme a-t-elle pris le pas sur le fond ? Seul ce qui se montre existe-t-il vraiment ? « Une image vaut mille mots », dit-on couramment ; est-ce définitivement la fin de l'influence des mots ? À l’ère de l’hyper-communication, l’attention que nous pouvons consacrer à une information dépasse-t-elle encore le temps d’un regard sur une image ? Avons-nous simplement changé d’époque et de manière de faire ?
À mes étudiants en communication, j’insistais sur le fait que les technologies actuelles offrent de formidables possibilités nouvelles, mais qu’il ne fallait pas pour autant oublier les règles de base. Sans elles, il est difficile de concevoir une bonne communication. À mon sens, cela s’applique tout autant à la communication politique : le « tout-vidéo » et rien d’autre ne peut suffire pour mener campagne.
Votre communication dépend de plusieurs facteurs primordiaux ; en voici dix pour commencer :
․
La
visibilité que vous souhaitez ;
․
Ce qui est
dit de vous (le bouche-à-oreille) ;
․
L’histoire
que vous racontez sur vous-même (le storytelling) ;
․
Le temps
que vous consacrez à votre communication ;
․
Les moyens
mis en œuvre ;
․
L’objectif
que vous voulez atteindre ;
․
Vos cibles
privilégiées ;
․
Votre
capacité à vous inscrire dans la durée ;
․
Les outils
et les critères de contrôle que vous mettez en place.
Le temps de la communication dépend de l’objectif fixé, de la cible à
atteindre, du délai nécessaire à la compréhension, de l’imprégnation du public
et du niveau d’engagement souhaité. La diffusion rencontre parfois des
obstacles qui peuvent perturber la réception du message.
Une campagne électorale comporte principalement trois temps forts. Il est impératif de soigner son entrée en matière afin de laisser une première impression positive. Il faut également un final percutant pour marquer les esprits et convaincre les derniers indécis. Le jour du vote, dans l’isoloir, tout compte : l’image que vous projetez, les qualités que l’on vous prête et la certitude, forgée au fil du temps, que vous êtes le bon candidat. Entre ces deux étapes, une connaissance fine de l'électorat permet de s'adresser à lui avec justesse pour démontrer que vous êtes le meilleur choix face à ses attentes et ses besoins.
Une campagne conjugue image, convictions et
projet. Que projetez-vous dans l’esprit collectif ? Sur quoi s’appuie votre
candidature ? Comment traduire les mots en actions ? En somme, une campagne
réussie demande de soigner son début, de bien connaître ses électeurs et de
conclure avec force pour bénéficier de la « cristallisation » des votes.
Dans son dernier livre, Votre leadership
(Fayard), Tony Blair écrit : « La défaite ou la victoire serait certaine. C’est
du vent… En politique, justement, rien n’est jamais sûr. Alors, en tant que
candidat, vous n’avez qu’une question à vous poser. Si la défaite semble se
profiler : qu’est-ce que je peux faire pour l’éviter ? Si, au contraire, la
victoire semble se profiler : qu’est-ce que je peux faire pour l’assurer ? […]
Si vous êtes dans l’opposition… il faudra veiller à ne pas confondre le monde
réel et le monde tel que vous voudriez qu’il soit… Si, en revanche, vous êtes
aux responsabilités, les choses peuvent se révéler plus compliquées… les
dirigeants sont parfois jugés à l’aune de standards de perfection
déraisonnables… Il faut comprendre ce que les gens pensent vraiment. Et quand
je dis les gens, je veux dire les "vraies" gens… La question que ces
gens se posent à l’approche du jour J est on ne peut plus simple : qu’est-ce
qui est le mieux pour moi et ma famille ? […] les gens votent en fonction de
leurs intérêts immédiats sans se préoccuper d’idéologie. »
Sur ce dernier point, j’évoquais dans mon
livre, La communication en politique, ce que j’ai appelé « la bulle d’égoïsme à
percer ».
Une légende, mauvaise sur le fond comme sur la forme, voudrait qu’en temps de campagne électorale tous les coups soient permis, toutes les accusations acceptables, toutes les insultes admises et que tous les coups bas soient de bonne guerre, tous les jugements de valeur faisant partie des règles. En réalité, les comportements traduisent bien souvent les personnalités. En effet, comment croire que se sentir autorisé à mal agir ne révèle rien de soi ?
Pourquoi vouloir attaquer la personne et ne pas contredire les
idées et les projets ? Pourquoi vouloir détruire l’autre plutôt que de
construire sa propre démarche ? Pourquoi s’acharner à abîmer l’image d’autrui
plutôt que de forger son propre récit ?
La théorie de la grosse caisse en communication politique veut
que l’important soit qu’on parle de ce que vous dites et, par corollaire, que
l’on parle de vous. Qu’importe finalement la manière et le sujet : plus c’est
gros, plus ça fait du bruit et mieux c’est pour atteindre l’objectif. La
critique est toujours plus facile que la proposition. Le reproche est plus
simple que l’argumentation. Le fond est toujours plus compliqué à imposer que
la forme. La campagne négative, celle qui rassemble les mécontentements, relève
d’une facilité qui dit beaucoup du candidat qui l’utilise. Il n’y a rien de
glorieux.
Lancer des accusations est facile. La pratique en revient
souvent à l’opposition. Les étayer par des faits relève d’une démarche beaucoup
plus exigeante que peu de gens s’imposent. Alors de deux choses l’une : soit
elles sont fausses puisque rien ne vient les appuyer, soit celles et ceux qui
les portent ne s’en donnent pas la peine, trop compliquées à faire, trop de
travail à leur goût. Quelle que soit la réponse, la personne n’en sort pas
ennoblie. « La critique est aisée, l’art est difficile » : cette formule de
l’auteur, metteur en scène et comédien Philippe Néricault renvoie chacun à ses
comportements.
L’isolement du pouvoir est une accusation jetée comme une disqualification qui serait rédhibitoire. Comment y croire lorsqu’il s’agit de gérer les difficultés du quotidien, dans un contact permanent avec la population ? Gérer une ville, c’est être au cœur de la vie de tous les jours des habitantes et des habitants. Affirmer le contraire ne peut servir d’argument. Les choix peuvent être contestés ou rejetés, mais l’action ne peut être niée. Un maire ne s’isole que selon ses opposants. Il s’agit surtout de la marque de celles et ceux qui cherchent à dénigrer plutôt que de proposer. Il est plus facile d’être contre quelqu’un plutôt que de bâtir un projet. Une telle attitude n’est pas de bon augure. Mieux vaut en finir avec ce type de posture, car rien de positif n’en sortira.
J’aimerais bien être toujours positif, mais à lire la méchanceté, voire la haine, de certains commentaires, j’ai du mal à croire à la propreté et à la probité de cette campagne électorale qui débute. Je le regrette profondément, tant je suis convaincu que la politique n’en ressort jamais grandie et que les électrices et les électeurs méritent mieux et davantage de respect. La brutalisation tant redoutée de la vie politique apparaît comme une réalité. Malheureusement, il semble que les échanges doivent être empreints de « bruit et de fureur » — conditions pour s’opposer et être entendu à l’heure des réseaux et du trop-plein de contenus.
Dans le
quotidien La Voix du Nord (édition du 28.12.2025), on apprend que la «
démocratie illibérale » progresse partout dans le monde. La France se situe au
dixième rang du classement des démocraties. Du national au local, la vie
politique s’exprime dans l’excès de langage, dans le mépris de l’autre, dans
l’absence de toute retenue et de raison. Et voilà qu’aujourd’hui, il est
reproché aux autres ce que l’on dit ou fait soi-même.
La démocratie
française s’est pourtant
construite dans la diversité des opinions, des croyances et la liberté
d’expression. Nous pouvons être, croire ou
dire ce que nous voulons dans le respect des lois républicaines. Pourtant,
l’opposant devient adversaire, la différence devient inacceptable, l’opinion
contraire devient attaque, la défense de ses convictions devient injure.
Je voudrais
toujours être positif en écrivant sur la politique, mais certains ne m’en donnent pas toujours
l’occasion. Et certains
comportements, dans cette campagne municipale, ne relèvent pas le niveau. Un
proverbe populaire nous enseigne qu’il faut « tourner sept fois sa langue dans
sa bouche avant de parler ». C’est-à-dire qu’il faut réfléchir minutieusement
avant de s’exprimer. Malheureusement, comme le disait Jean de La
Bruyère : « Il y a des gens qui parlent un moment avant d’avoir pensé. »