En politique, rien n’est pire que le mensonge. Il s’agit du seul travers que l’électorat ne pardonne pas. Faire un pas de côté, changer d’avis, avoir une mauvaise appréciation des événements, une parole malheureuse, un excès de confiance et d’ego, un échec ou une erreur… Les accrocs d’une vie publique sont innombrables. Dans une société de l’hypermédiatisation, ils semblent même inévitables. Seul le mensonge flagrant et délibéré ne trouve aucune excuse, parce qu’il brise le lien de confiance qui relie un politique à son électorat.
Les approximations,
les omissions, la langue de bois, les circonvolutions et les excès de langage
n’apparaissent pas comme des mensonges, mais comme des défauts qui réclament
quelque mansuétude. Même l’intoxication idéologique par des interprétations
tendancieuses, ou même erronées des faits, peut ne pas apparaître comme de
véritables mensonges. Au fond, à chacun sa lecture en fonction de ses
convictions et de ses a priori.
Tromper sciemment le
plus grand nombre, raconter autre chose et donner une fausse image de soi, de
ses actes, de sa morale, dissimuler une cupidité, cacher des attitudes
répréhensibles, ne pas avouer ses intentions réelles… Le mensonge se dissimule
partout. Parfois, nous avons les mensonges devant les yeux et nous refusons de
les voir, de nous dessiller le regard. C’est lors d’une prise de conscience qu’une
marée électorale ressemble à un tsunami démocratique. Le résultat en étant
souvent favorable aux positions extrêmes, tout le danger du mensonge en
politique se situe là.