Dans une année, notre productivité connaît des périodes fortes, d’autres de ralentissement, voire carrément de sommeil. Notre productivité dépend avant tout de notre état d’esprit du moment. C’est-à-dire que nous pouvons, ou non, nous mettre dans de bonnes conditions, synonymes d’un investissement productif.
Vouloir maintenir un rythme linéaire et maximal sur 365 jours est une
hérésie biologique et psychologique. Un sondage réalisé par l'institut
d'opinion OpinionWay révèle que près de 74 % des professionnels avouent
ressentir une baisse significative de leur efficacité à l'approche de l'hiver
ou lors des périodes de transition saisonnière. Ce ralentissement n'est pas une
fatalité ou un manque de volonté : c'est une réalité physiologique.
Les neurosciences et la chronobiologie ont largement démontré que notre cerveau
est soumis à des rythmes biologiques complexes. Des études menées par
l'Université de Liège ont mis en évidence que les fonctions cognitives
supérieures, comme la mémoire de travail et l'attention, fluctuent
naturellement selon les saisons, atteignant leur niveau maximal à la fin de
l'été et leur niveau le plus bas au moment du solstice d'hiver. Le biologiste
et chercheur émérite au CNRS, René Écochard, rappelle souvent à travers ses
travaux que : « Notre horloge biologique interne est le chef d'orchestre
silencieux de nos performances ; l'ignorer, c'est s'épuiser à contretemps. »
Créer les bonnes conditions d'un investissement productif, c'est accepter de cycler son énergie plutôt que de forcer son temps. C’est concevoir sa vie professionnelle non pas comme un sprint rectiligne, mais comme une succession d'étapes. Le chef d'entreprise et auteur à succès Stephen Covey résumait parfaitement cette nécessité d'alterner action et régénération : « Un investissement productif exige parfois de s'arrêter pour affûter la scie. »
Dès lors, la productivité durable ne consiste pas à produire toujours
plus, mais à savoir synchroniser notre effort avec notre état d’esprit. En
gérant intelligemment ces fluctuations, nous cessons de subir les baisses de
régime pour en faire des phases de respiration stratégiques, indispensables à
nos prochains projets.