Une dernière chance, une ultime opportunité, une ultime audace qui brûle le front. Celle qu’il ne faut pas rater, au risque de ne plus avoir d’occasion à saisir et d’épuiser définitivement son réservoir. À force d’avoir laissé passer tant d’espoirs, l’être se concentre sur le dernier rêve, la dernière réalité qui s’offre à lui.
Pourtant,
savoir saisir ce qui ressemble à un « tapis » au poker ne vient pas
naturellement. Nous sommes au contraire peu enclins à percevoir ces
opportunités lorsqu’elles se présentent, comme si nous n’étions pas armés pour
en déployer tout le potentiel. Nous préférons le confort de la simplicité. Nous
choisissons le chemin le plus court, quitte à minimiser la portée de ce qui
s'offre à nous. Alors, nous détournons volontairement le regard pour ne pas
être bousculés, pour ne pas ressentir une trop grande distorsion entre ce qui
est et ce qui pourrait être. C'est une stratégie pour s'épargner le regret de
ne pas avoir osé. L’enjeu est immense : il y va de l’image que l’on a de
soi-même et de notre capacité à vivre avec nos propres renoncements.