La communication de
crise consiste bien souvent non pas à éteindre l’incendie, mais à le maîtriser
afin qu’il fasse le moins de dégâts possible. La tourmente survient lorsque le
foyer s’allume et commence à s’étendre. Le stopper net est rare et extrêmement
difficile ; il s’agit donc de contrôler au maximum ses effets, parfois
dévastateurs. Quelquefois, sa propagation devient un embrasement général dont
la vitesse prend tout le monde de court.
Cette discipline ne
fait pas de miracle. Elle permet toutefois de ne pas se laisser dépasser, de
retrouver une certaine sérénité pour transmettre ses messages, de réimposer des
faits vérifiables face aux rumeurs et de reprendre la main sur le récit.
Lorsque la polémique
s’enflamme, il est difficile de la contenir et encore plus de l’arrêter net. Se
contenter de démentir à cor et à cri revient à souffler sur les braises. Une
gestion de situation critique ne peut se résumer à un simple « ce n’est pas vrai
» ou « ce n’est pas moi ». Il convient de garder en mémoire la loi de
Brandolini : la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter une ineptie est
supérieure d’un ordre de grandeur à celle requise pour la produire.
En temps de tempête,
l’adage « pas de fumée sans feu » revient en force, porté par une puissance
prédatrice et soupçonneuse. Le doute est redoutable. Il faut combattre les
faits imputés, les accusations ou les conséquences d’un événement tragique,
mais aussi les rumeurs qui émergent inévitablement - en particulier sur les
réseaux sociaux, alimentés par les détracteurs, les relais complotistes et les
voix hostiles.
Les fronts sont
nombreux et de nouveaux s'ouvrent à chaque instant à mesure que le conflit dure
et s’installe dans l’imaginaire collectif. Même une fois le feu maîtrisé, des
esprits rageurs chercheront à le rallumer, d’autant plus facilement qu’un
incendie laisse toujours des cendres, des rancœurs et des colères dans son
sillage.
Un tel événement ne
doit jamais être pris à la légère. Il ne décline pas d’improvisation et ne
s’éteint pas tout seul. Adopter la politique de l’autruche en espérant que le
danger disparaisse est une attitude au mieux risquée, au pire irresponsable.
Sans réaction immédiate, le désordre s’installe plus durablement et plus
violemment qu’à son origine.
Chaque alerte doit
être prise au sérieux : une simple étincelle attise la flamme, devient un
brasier, puis un incendie capable de tout ravager. Heureusement, la situation
se traite. Elle répond à des règles et à des stratégies précises. Comme tout
feu qui consume son environnement, elle peut être combattue, contenue et,
enfin, éteinte.