Écraser accidentellement un fichier Word, par exemple, représente beaucoup de travail perdu. Au moins une semaine de publication pour ce blog disparaît définitivement, sans compter les essais, les bouts de phrases, les réflexions en devenir et les idées à développer. Avoir la possibilité de se projeter sur la semaine à venir apporte du confort ; cela permet de préparer sereinement et de travailler sérieusement les publications de la semaine suivante. Les sujets et les angles d’attaque sont à puiser dans les quelques lignes déjà formées, qui n’attendent que de l’intérêt et un peu d’attention. Mais eux aussi n’existent plus.
Tout mettre dans un seul fichier peut paraître pratique, mais s'avère aussi être un danger. La démonstration vient d’être faite. Reste que les expériences malheureuses nous laissent des leçons à méditer. Voilà pourquoi le fichier du début de mon prochain livre, le neuvième, vient de s’enrichir d’une copie de sauvegarde. D’ailleurs, beaucoup d’autres apparaîtront afin de sécuriser les différents projets qui allongent la liste de mes dossiers et encombrent le bureau de mon ordinateur — ou mon bureau tout court.
L’informatique se révèle un outil fantastique lorsque tout se déroule bien, mais un enfer dans le cas contraire, alimenté par nos propres erreurs irrécupérables. Et puis, au final, doit-on se dire que d’un mal peut naître un bien ? Qu’il s’agit de prendre la situation comme une opportunité de remettre l’ouvrage sur l’établi, de rompre avec un possible ronronnement ? Que la brièveté et les maladresses ne feront pas des prochains écrits des textes moins authentiques et sincères, avec moins de sens et de simplicité ? Une erreur peut-elle redonner de l’élan ?