Ce qui effraie de prime abord gagne à être envisagé sous un autre angle. Une tâche dont la dimension rebute peut être décomposée en plusieurs actions simples : fractionner le travail le rend tout de suite moins intimidant. Une destination qui nous sort de nos habitudes, et dont on se fait souvent à tort une montagne, doit s’aborder par étapes. Il s’agit d’identifier les jalons à franchir l'un après l'autre et de les planifier méthodiquement. Maîtriser le trajet, le transport, l’hébergement ou les horaires suffit à désamorcer l’inconnu d'un déplacement.
De même, rédiger un
texte, concevoir un cours universitaire, débuter un ouvrage ou formuler un
projet — bref, tout ce qui s’expose à la lecture et à la critique — peut
générer un blocage et paraître insurmontable. Dans ce cas, la meilleure
approche consiste à jeter des notes sur le papier, parfois de simples mots ou
des phrases éparses, à laisser libre cours à son imagination et à trouver le
bon angle d’attaque. Il sera toujours temps, ensuite, de retravailler l'ensemble
pour lui donner sa cohérence et sa forme définitive.
Ces trois exemples
démontrent que la complexité naît souvent de notre volonté de tout embrasser
d’un seul coup, d’un seul tenant, d’un même mouvement. À l’inverse, la
simplicité réside dans l’art de ne voir le but à atteindre que comme une
succession de petits pas à accomplir. C’est cette dynamique, menée pas à pas,
qui édifie patiemment une œuvre plus grande et plus ambitieuse.