mercredi 4 février 2026

Dans le confort de l’inaction

Je remarque que de plus en plus de personnes préfèrent se positionner en donneurs de leçons plutôt que de se mettre dans l’action. Ne rien faire apporte le confort de ne pas se tromper ni d’être sujet à la critique. La position consistant à donner son avis, à porter un jugement ou à rester observateur ne comporte aucun risque. Il est plus facile d’être juge que d’être jugé, inquisiteur que blâmé.

Agir, c’est ne pas être certain de réussir. Ne rien faire, c’est être sûr de ne pas faire d’erreur. Il y aura toujours quelqu’un pour penser que tout devrait tourner autour de sa personne et de ses opinions. Sa "hauteur de vue" l’empêcherait de mettre les mains dans le cambouis, de se mélanger à la plèbe des agissants au quotidien.

Savoir relativiser, se protéger et mettre à distance ce genre de personnes, que ce soit dans son milieu professionnel ou personnel, devient salutaire. Les critiques ne doivent avoir d’impact que lorsqu’elles sont émises par quelqu’un dont l’avis a une importance pour nous. Le reste n’est que bruit dérisoire.

lundi 2 février 2026

Toujours en avant

Il n’existe qu’un seul chemin valable : celui qui nous mène plus loin.

Aucune journée n’est innocente. Chaque jour nous renseigne sur notre état d’esprit : qu’avons-nous accompli ? Avons-nous tergiversé ou avons-nous agi ? Nous prenons quotidiennement une multitude de décisions qui impactent, plus ou moins durablement, notre avenir.

Chaque jour, de nouveaux événements perturbent le parcours que nous avions envisagé. Pourtant, chaque action entreprise participe à notre devenir et à la réalité que nous forgeons. Chaque fois que nous hésitons, nous différons ce que nous sommes en capacité de construire.

La volonté d’avancer, encore et toujours, sans relâche, conditionne nos réussites. En son absence, nous sommes condamnés à laisser le cours de notre existence entre les mains d’un hasard qui ne mène nulle part. Chaque fois que nous reculons devant un obstacle ou une tâche ardue, nous brisons notre dynamique.

Refuser d’aller plus loin peut aussi être le signe que l'on craint de perdre le peu que l'on possède. Vivre pleinement, c’est d’abord ne refuser aucun pas en avant. Gardons à l’esprit que nous sommes ce que nous faisons, et non ce que nous renonçons à accomplir.

L’accumulation des difficultés, des désillusions ou des mauvais choix ne peut être un prétexte à l’abandon.

Sempre Avanti !


 

vendredi 30 janvier 2026

Prendre le bon virage

Les habitudes et leur confort nous vont si bien. Difficile, dès lors, de se dire qu’il faut en changer tant que nous n’en percevons pas la nécessité. Et pourtant, des évolutions s’imposent d’elles-mêmes, avec, par exemple, les progrès de la technologie et l’IA générative, pour ne citer qu’elle.

Il faut se rendre à l’évidence : elle va bousculer notre manière de travailler, de nous organiser, d’être plus productifs. Ne pas en prendre conscience dès à présent revient à perdre un temps précieux. Ce changement est inévitable ; autant ne pas faire comme si de rien n’était, mais prendre le tournant au plus tôt et en faire une force. Par conséquent, il nous faut un temps de réflexion pour imaginer et s’inventer de nouvelles pratiques professionnelles avec l’IA générative comme partenaire. C'est là tout le paradoxe dont seule la vie est capable : s’accompagner de l’IA générative pour apprendre à s’en servir.

La formation vous sera peut-être nécessaire, les conseils de personnes plus au fait que vous devront probablement être sollicités, et la méthode d’essais et d’erreurs, telle que définie par Karl Popper, vous accompagnera inévitablement à vos débuts. Mais tout cela n’a rien d’insurmontable. Et puis, pourquoi ne pas demander à l’IA générative ce qu’elle peut vous apporter dans telles ou telles circonstances, dans vos savoirs, vos savoir-faire, vos savoir-être ? Lui demander ne vous engage à rien et, ce faisant, vous apprendrez à rédiger un prompt efficace.

Des ouvrages apparaissent dans ce domaine. Des tutos fleurissent sur les plateformes d’échange de vidéos et chacun(e) a déjà plus ou moins testé une IA générative. Vous avez d’ores et déjà à portée de main les outils pour vous y mettre tout de suite. Pour ma part, je me plonge dans l’ouvrage de Victoria Dupied : Gagner du temps avec l’IA (Gereso). Tony Blair, dans son dernier ouvrage, y consacre également tout un chapitre : Entrer dans la révolution technologique ou comment rester en phase avec un monde en mutation.

Avec l’âge, je peux trouver de prime abord que toute nouvelle technologie disruptive peut être perçue comme une forme d’agression. Sans doute parce qu’elle bouscule trop et trop vite. Mais avec du recul, je réalise que la généralisation de l’informatique a été une révolution similaire en son temps, suivie par celle du tout numérique. Les jeunes générations ne le comprendront probablement pas, puisqu’elles sont quasiment nées avec un ordinateur dans une main et un smartphone dans l’autre. Il faut cependant se rendre compte que les évolutions techniques et technologiques se sont accélérées à une vitesse folle et se sont développées en un temps record. Plus l’évolution est rapide, plus l’adaptation devient un défi pour les générations précédentes. Nous sommes face à un grand bouleversement imminent. Prendre le bon virage dès aujourd'hui se révèle essentiel pour rester acteur de ce monde en mouvement.

 

jeudi 29 janvier 2026

Histoire de rupture

En politique, il faut savoir provoquer des ruptures, mais seulement lorsqu’elles sont nécessaires, demandées et attendues par la population. À défaut, il ne s’agit que d’une posture.

Cette rupture doit être évidente et nette, sans pour autant effrayer. Il convient alors de l’expliquer, d’en faire comprendre la nécessité, le déroulement et l’aboutissement. Il faut donner du sens au changement. L'enjeu est d'en livrer simplement les clés et de démontrer la sincérité de la démarche. Autrement, celle-ci ne pourra être ni comprise, ni acceptée, ni perçue comme une solution pertinente.

Marquer sa différence par une rupture clairement explicitée la rend identifiable sans effort et permet aux relais d’opinion de s’en approprier aisément la substance. Ils doivent pouvoir se saisir de ce projet de changement, l’exprimer simplement et l’argumenter avec facilité. Il n’existe pas de plus puissant canal de communication que le bouche-à-oreille.

La rupture est souvent présentée comme une solution en soi, sans que l'on explique précisément avec quoi il faut rompre. Elle doit pourtant s'ancrer dans des valeurs, des principes et des idées fortes. Trop souvent, rien de tout cela n’est explicité. « Rupture, rupture, rupture… » : cette incantation est déclamée comme si elle renfermait un pouvoir magique et se suffisait à elle-même. Sur quelles valeurs faut-il se fonder ? Sur quels principes s’appuient les propositions ? En quoi ces dernières marquent-elles une rupture avec l'existant ? C’est précisément là que les convictions politiques prennent toute leur importance. Apporter quelques nuances ici ou là ne constitue pas une rupture ; il s'agit d'un abus de langage, pourtant très répandu. D’où parlons-nous ? Quelles sont les fondations sur lesquelles se construit le programme ?

Vouloir « faire mieux » suppose que la direction prise est la bonne, mais qu’il reste seulement des améliorations à apporter. C’est reconnaître implicitement le bien-fondé des actions entreprises et vouloir y apposer sa marque sans rien changer sur le fond, en se contentant de récupérer l’existant.

mercredi 28 janvier 2026

Qui est qui ?

J’ai une intuition forte : les plaques tectoniques de la politique sont en mouvement ou, plus précisément, en train de se repositionner. Des glissements idéologiques s’opèrent, les curseurs se déplacent et les véritables natures se révèlent. Bien qu’ils atteignent des sommets, les extrêmes se dévoilent et inquiètent de plus en plus.

En définitive, et à contre-courant des analyses dominantes, cet éclaircissement nous permettra de savoir « qui est qui », sans filtre ni dissimulation, dans une sincérité brute, fût-elle contestable. C’est à partir de là que nous pourrons retrouver la colonne vertébrale de la vie politique. Nous pourrons alors nous (re)positionner par rapport à des idéaux distincts : des projets de société radicaux ou modérés, de gauche ou de droite, autour des valeurs qui nous rassemblent ou nous séparent, et des mesures capables de répondre aux préoccupations réelles. Les choix reposeront enfin sur des visions claires pour la société de demain.

C’est un constat que semble partager Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l’Université de Lille. Dans le quotidien La Voix du Nord du mardi 27 janvier 2026, il explique que « quand la connaissance du personnel politique local faiblit et qu’on lit moins la presse locale, il y a un retour des étiquettes. C’est le prolongement de ce qu’on a vu aux législatives 2024 : on vote de moins en moins pour un député qu’on connaît. » Il ajoute : « Au-delà du retour de l’étiquette, il y a aussi des logiques répulsives. C’est aussi l’étiquette qu’on ne veut pas… »

Dans un monde marqué par une incertitude croissante, le besoin de repères forts s’affirme. Voilà pourquoi nous devons rester d’une rigueur absolue sur nos valeurs, nos convictions et nos principes. L’attrait du pouvoir ne doit jamais nous conduire à brader le respect de nous-mêmes. L’Histoire nous enseigne que la dissimulation et le mensonge ne sont jamais les chemins des grands destins.

mardi 27 janvier 2026

Une campagne de boules puantes

Certains et certaines conçoivent une campagne électorale comme une succession de « boules puantes » lancées pour discréditer, voire pour humilier l’adversaire. L’une des stratégies de Karl Rove, le stratège et bâtisseur des victoires de G.W. Bush, se résumait ainsi : taper le plus fort possible sur l’adversaire. La fin justifierait tous les moyens. Peu importe ce que l’on a à dire : en définitive, il s’agit avant tout de casser l’autre. C’est le « Carpet Bombing » qu’utilisent celles et ceux qui préfèrent la castagne au débat.

Il est vrai que l’on répète souvent : « Dénigrez, dénigrez, dénigrez, il en restera toujours quelque chose. » Il ne s’agit plus de se placer sur le plan des valeurs et des principes, mais de faire mal, de blesser et de détruire. Dans ce climat de violence, tous les coups sont permis, peu importent les conséquences sur la vérité, le respect et la rigueur. Les agissements sont à l’image de cette volonté déprédatrice. Une telle attitude préfigure ce que pourraient être, une fois au sommet, les comportements de pouvoir.

lundi 26 janvier 2026

Impressions (4)

« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister. 

 

Ecriture

Si la parole est un sport de combat, comme l’écrit Bertrand Périer dans son ouvrage éponyme, l’écriture est pour moi un sport de régularité et de lecture. Écrire sans lire est un non-sens. En lisant, l’imagination se développe : les découvertes offrent des possibilités nouvelles, l’apprentissage de nouveaux mots, de tournures de phrases et de styles différents.

L’entraînement — c’est-à-dire la régularité dans l’écriture — permet de s’améliorer comme tout bon sportif. Ce petit carnet, toujours sur moi, me permet de capturer les idées dès qu'elles surgissent, avant qu’elles ne s’échappent au risque d’être perdues. La mémoire n’a rien d’infaillible, même si l’on aimerait qu’elle le soit. Elle oublie ou elle restitue imparfaitement. Pour paraphraser un proverbe connu : la mémoire ne se baigne jamais deux fois dans la même eau. L’idée originale, si elle n'est pas saisie sur l’instant, ne sera plus jamais celle dont nous nous efforcerons de nous souvenir.

 

Les valeurs à l’envers

Une carte Pokémon achetée 5,3 millions de dollars devrait être revendue entre 7 et 12 millions de dollars (La Voix du Nord du 02.01.2026). De quoi est-ce le symptôme ? Probablement d’une société de l’hyperconsommation qui ne reconnaît en toute chose que la valeur marchande, jusqu’à l’excès.

Cela serait moins dérangeant si cette valeur n’écrasait pas toutes les autres au point d’être devenue l’unique référence, même lorsqu’il s’agit d’humain, de social ou de solidarité. Tout semble être devenu un enjeu de consommation, de marchandisation et de spéculation financière.

 

Le temps des idées

Faut-il laisser du temps à ses idées pour se concrétiser ou faut-il les mettre en œuvre immédiatement ? Cette question soulève plusieurs réflexions. Comment savoir, dès l'abord, si une idée est bonne ? Elle doit souvent mûrir. Est-il alors utile d’investir du temps et de l’argent pour finalement abandonner ?

D’un autre côté, ne pas agir, c’est déjà renoncer, et le manque de temps n’est jamais un argument valable. L’action appelle l’action, tandis que l’attente nourrit la procrastination. En fin de compte, une idée ne se révèle pleinement que dans son exécution.


vendredi 23 janvier 2026

Fin de semaine difficile : se libérer de la spirale du vendredi !

Les fins de semaine peuvent être aussi stressantes que pénibles et fatigantes. L’arrivée du week-end ne peut compenser une semaine vécue dans la douleur : le travail accumulé, le stress d’échéances importantes qui menacent de vous submerger et cette « to-do list » qui semble interminable.

De plus, votre envie de bien faire et d’être à la hauteur s’accommode mal des tâches non réalisées. Entre la pression que vous vous imposez, l’insatisfaction qui en découle, les regrets liés au travail inabouti ou l’impression d’avoir manqué d’arguments lors d’un échange, tout concourt à rendre le vendredi détestable. La promesse du week-end se transforme alors en un cycle de doutes et de pensées obsessionnelles, empêchant tout repos. Ce qui annonce, fatalement, une semaine suivante encore plus écrasante.

Nous avons toutes et tous connu des fins de semaine quasi apocalyptiques pour notre tranquillité d’esprit, nos nerfs et notre estime de soi. L’important est qu’elles ne se répètent pas trop souvent, sans quoi la situation deviendrait inquiétante. Quoi qu’il en soit, la question reste la même : comment se libérer de cette pression que nous nous infligeons ?

Nous pouvons nous libérer de tout remords en regardant la situation avec lucidité (ce qui n'est pas une mince affaire dans la confusion). Il s'agit d'être réaliste et de ne pas surestimer le nombre d’actions que nous pouvons mener à bien en une seule journée. Nous devons nous fixer des délais raisonnables. Nous ne sommes probablement pas le super-héros que nous voudrions être ; en prendre conscience permet de ne pas sombrer.

Une tâche après l’autre, les plus petites actions construisent un grand tout. Nous sommes ce que nous faisons, et pour sortir du lot, nous avons raison de vouloir en faire plus que les autres. Mais nous devons garder la tête froide, les nerfs solides et des objectifs bien ancrés dans notre réalité du moment.

À bientôt pour poursuivre cette réflexion !

jeudi 22 janvier 2026

Pour ou contre

Pour ou contre : les ressorts sur lesquels s’appuie une candidature en disent long sur les véritables intentions du candidat (ou de la candidate).

Dans son livre Conversations intimes (Perrin), Jean Glavany rapporte ces propos de François Mitterrand : « Vous êtes encore jeunes et une vie politique est longue. Essayez de savoir ce que vous voulez en quelques idées simples, quelques principes clairs, en nombre limité mais compréhensibles par tous — je veux dire par le peuple de gauche. Et tenez-vous-en là, battez-vous pour cela. Vous verrez, tôt ou tard, le vent soufflera à nouveau dans ces voiles » (page 284).

Nous pouvons nous reconnaître dans une candidature ou, du moins, dans l’idée qu’elle développe. C’est pour cela qu’elle doit être claire, accessible, explicable simplement et efficacement. Une idée centrale rassemble lorsqu'elle fait écho aux préoccupations d’une grande partie de l’électorat.

C’est également ce qu'explique Tony Blair dans son ouvrage Votre leadership (Fayard) : « Quant au nombre de vos priorités, il devra être limité. Quinze ? Beaucoup trop. Si vous avez de la chance, vous en dégagerez cinq, et ce dès le début de votre mandat. Sinon, vous risquez de vous disperser ou de laisser l’actualité dicter votre agenda » (page 47).

Qu'il s'agisse d'un moteur positif ou négatif, le choix est déterminant : faire peur, susciter les craintes ou ne voir que le côté sombre des choses ne peut constituer une démarche incitant à construire, à relever les défis ou à faire progresser la société. À l'inverse, s’appuyer sur les points forts, se montrer optimiste et volontaire, et bâtir un projet créateur offre une vision bien plus inspirante pour l’avenir.

mercredi 21 janvier 2026

Les mots ont leurs victimes 2

Les mots portent. Ils ont un impact, mais aussi leurs victimes. En effet, les mots peuvent blesser durement, durablement, et parfois mener au pire. Les suicides consécutifs au harcèlement sur les réseaux sociaux en sont les malheureux témoignages.

Les mots sont puissants : ils peuvent toucher au cœur, à l’âme et brouiller les esprits. Ils sont parfois lourds à porter, surtout lorsqu’ils se font accusations, moqueries ou humiliations. Pour les auteurs, ce ne sont que des mots, mais pour les victimes, ce sont des blessures allant jusqu’à une souffrance parfois impossible à apaiser. Le fait de les savoir accessibles à tous agresse encore plus profondément. Le ridicule qu’ils diffusent fait rire, et les commentaires qui en rajoutent achèvent le travail du mal.

Nous devons prendre conscience de la responsabilité de nos paroles, de leur poids et de leurs conséquences. Les mots peuvent être des blessures qui ne se referment jamais, comme autant de plaies béantes. Car les mots ne s’envolent pas : ils restent, s’incrustent et se gravent. Ils pèsent sur notre manière d’être, d’agir, et sur ce que nous devenons. C’est en cela qu’ils poussent leur perversité jusqu’au bout : se construire avec eux revient à bâtir un édifice plein de fissures.

Les mots peuvent être aussi doux que rugueux, aussi bénéfiques que venimeux, aussi positifs que malveillants. Nos paroles n’ont jamais rien d’anodin, tout comme nos silences d'ailleurs. Les braillards et les "baveux" peuvent être tout aussi malsains les uns que les autres. Nous devons comprendre que nos mots ne sont jamais innocents ; ils tirent leur force de nos intentions et percutent plus ou moins violemment la sensibilité des destinataires.

Nous avons le choix des mots. Ceux que nous prononçons sont l’expression consciente de ce que nous voulons transmettre. Il est vrai que nous pouvons être dépassés par la colère, l’impatience ou l’exaspération, mais il ne s’agit alors que d’écarts isolés. Lorsqu’ils se répètent, cela révèle une intention délibérée.

mardi 20 janvier 2026

Rupture

En politique, il faut savoir provoquer des ruptures, mais seulement lorsqu’elles sont nécessaires, demandées et attendues par la population. Sinon, il ne s’agit que d’une posture.

Cette rupture doit être évidente et nette, sans pour autant effrayer. Il s’agit alors de l’expliquer, d’en faire comprendre la nécessité, le déroulement et le résultat. Il faut donner du sens au changement. L'enjeu est d'en livrer simplement les clés et de démontrer toute la sincérité de la démarche. À défaut, celle-ci ne pourra être ni comprise, ni acceptée, ni perçue comme une solution pertinente.

Marquer une différence par une rupture clairement expliquée la rend identifiable sans effort et permet aux relais d’opinion de s’en approprier aisément la substance. Ils doivent pouvoir se saisir de ce projet de changement, l’exprimer simplement et l’argumenter avec facilité. Il n’existe pas de plus puissant canal de communication que le bouche-à-oreille.

lundi 19 janvier 2026

La brutalisation du débat

En période électorale, les tensions naissent, les relations s’exacerbent, les sensibilités sont à fleur de peau, certaines positions se radicalisent et les dialogues deviennent sourds. Les conflits apparaissent et les accusations fleurissent : certaines à caractère diffamatoire, d’autres d’une nature enfantine, du style « c’est celui qui dit qui est ». Le débat, pourtant nécessaire, se transforme vite en invectives, voire en pugilat.

Pourquoi ne pouvons-nous plus avoir une campagne électorale digne de ce nom, dans le respect des personnes, la contradiction des idées et la probité des comportements ? Pourquoi doit-on en arriver directement au « point Godwin » et subir d’infectes accusations ?

On pourra toujours me rétorquer qu’il s’agit de la forme moderne des campagnes électorales et que la démocratie numérique a ses travers, comme toutes celles qui l’ont précédée. Je n’arrive pas à me résoudre à ce genre de réflexion, ni à m’imposer ce type de comportement. Pour ma part, je préfère la raison, l’intelligence collective et le discernement.

De récentes réactions à mes publications me rappellent que rien n’est jamais acquis. Elles me laissent croire que le chemin est encore long, voire qu’il est à recommencer, tel un Sisyphe défendant une certaine conception de la politique.

Chacun est libre de croire détenir la « grande vérité », de vouloir changer le sens et la définition des mots, mais il ne peut en être question pour moi. Je conserve toujours cette part d’autocritique suffisante pour ne pas me croire supérieur aux autres.

La libre expression est sujette à contradiction : c’est un risque à accepter. Mais comment faire face à l’agressivité, à la mauvaise foi et aux prises à partie inutiles et dérisoires ? Répondre ou ne pas répondre ? Que dire en cas de réponse ? Est-ce nécessaire ou est-ce nourrir la polémique ? On ne se refait pas ; j’essaie donc d'apporter des éléments au débat plutôt que de verser dans l’irrationnel. Mais c’est, malheureusement, croire en l’impossible. Et même si je le regrette, cela ne m’empêchera pas de continuer à publier ce que j’ai à dire.

Chacun voit le mal où il veut bien le voir. Alors que nous n’en sommes qu’aux prémices de la campagne, la virulence des propos m’inquiète. La brutalisation du débat ne doit pas devenir notre seul horizon.

vendredi 16 janvier 2026

Une vie en projets

Je regarde toujours devant moi. À trop se retourner sur le passé, nous faisons naître les regrets. La nostalgie peut être douce si elle se borne à repenser, de temps à autre, aux bons moments vécus et, surtout, partagés. Ce qui compte, c’est ce qui vient. Ce qui reste à construire est plus intéressant et plus important que ce qui nous échappe déjà. Ce qui nous entraîne et nous fait avancer, c’est ce qu’il reste à faire : ce projet qui nous motive et nous appelle par ses promesses. Comment pourrait-on parcourir la vie sans se projeter en avant, sans se donner de perspectives ou d’objectifs à réaliser ?

Les projets de toutes natures forment l’essentiel de la dynamique d’une vie. En leur absence, cela revient à se laisser porter par le cours de l’existence. Un projet remplace l’autre dans un enchaînement et un entraînement positifs et vertueux. Plus nous réalisons, plus notre motivation s’accroît. Moins nous agissons, moins nous avons d’entrain. Nos projets construisent notre devenir. Ils nous forment, nous rendent plus confiants et nous permettent de progresser. Certains appellent cela « l’étoile polaire ». Une vie sans projet est comparable à une feuille blanche emportée par le vent.

Dans une vie, nous manquons probablement plus d’opportunités que nous ne saisissons de bonnes occasions. D’abord, parce qu’il nous arrive de laisser passer la bonne fortune sans la reconnaître. Ensuite, parce que nous les laissons filer consciemment, convaincus que ce n’est pas pour nous, que cela ne nous correspond pas ou parce que nous sommes effrayés par leur ampleur. Enfin, parce que nous avons parfois renoncé à tout espoir, à toute envie, à tout projet. Nous nous sommes alors résignés à nous laisser flotter dans le cours quotidien de la vie.


 

jeudi 15 janvier 2026

C’est moi

« Je ne défends rien d’autre que ce que je crois. Je ne suis à la recherche de rien d’autre que ce qui me tient à cœur. Je n’ai ni l’ambition démesurée, ni la faiblesse de croire que je compte pour rien. J’ai une parole qui n’intéresse que celles et ceux qui veulent bien y prêter attention. Je ne réagis qu’à ce qui me touche, m’interroge ou m’interpelle véritablement. Je ne suis sensible qu’aux commentaires de celles et ceux à qui j’accorde de l’importance. Je ne suis que le produit de mes actes. Je ne rends personne d’autre responsable de ma situation. Je revendique tout ce que j’écris sans rejeter la faute sur les circonstances. J’assume toutes mes faiblesses, aussi grandes et complexes soient-elles. Je n’accuse personne d’autre que moi de ce que je suis ou de ce que je ne suis pas devenu. Je reste fidèle à mes amitiés, à mes engagements, à mes réalisations passées, à mes projets à venir, à ce qui était hier et à ce qui viendra demain. J’ai du mal à concevoir que l’on puisse vouloir le meilleur pour soi et souhaiter le moins bon pour les autres, préférer l’égoïsme à l’empathie. Je ne dissimule rien de ce que je suis, de ce que je crois, de ce que je soutiens. »

mercredi 14 janvier 2026

Impressions politiques (4)

« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister. 


Des vœux incontournables

Il existe des repères incontournables durant l’année, des passages obligés mais attendus par tout le monde. La cérémonie annuelle des vœux en fait partie. Sa faiblesse ou sa plus-value donne l’impulsion pour l’année à venir. Il s’agit donc de ne pas rater l’exercice, au risque de laisser une mauvaise impression. Il est impératif, en quelque sorte, d'y imprimer sa marque.

Les ingrédients de la réussite sont de quatre ordres. D’abord, il s’agit d’avoir un message central fort à transmettre. Ensuite, la forme doit capter et maintenir l’attention. De plus, l’impression générale laissée doit être positive, même si toutes les précisions du contenu ne sont pas retenues. Enfin, il ne faut donner aucun prétexte à la polémique, sans pour autant être lisse.

Les vœux représentent un exercice périlleux. Bien s’en sortir est de bon augure pour la suite. La réussite se lit également dans les réactions des opposants : plus elles sont venimeuses, de mauvaise foi ou excessives, plus elles soulignent votre succès.

 

En vidéo

J’observe ce début de campagne électorale où la vidéo et l’image ont pris une importance inévitable. Pas une déclaration de candidature qui ne passe par l'image ; pas une journée sans photographies détaillant l’activité quotidienne du ou de la candidate. La représentation de l’action devient aussi fondamentale, sinon plus, que l’action elle-même. L’adage « faire et faire savoir » prend toute son ampleur, auquel il convient d’ajouter « et surtout bien le montrer ».

Comment expliquer cette tendance ? Est-ce une conséquence de la toute-puissance d’Internet et des réseaux sociaux ? Du slogan « Le poids des mots et le choc des photos », ne reste-t-il que l’impact de l’image ? La forme a-t-elle pris le pas sur le fond ? Seul ce qui se montre existe-t-il vraiment ? « Une image vaut mille mots », dit-on couramment ; est-ce définitivement la fin de l'influence des mots ? À l’ère de l’hyper-communication, l’attention que nous pouvons consacrer à une information dépasse-t-elle encore le temps d’un regard sur une image ? Avons-nous simplement changé d’époque et de manière de faire ?

À mes étudiants en communication, j’insistais sur le fait que les technologies actuelles offrent de formidables possibilités nouvelles, mais qu’il ne fallait pas pour autant oublier les règles de base. Sans elles, il est difficile de concevoir une bonne communication. À mon sens, cela s’applique tout autant à la communication politique : le « tout-vidéo » et rien d’autre ne peut suffire pour mener campagne.

mardi 13 janvier 2026

Le temps de la communication

Votre communication dépend de plusieurs facteurs primordiaux ; en voici dix pour commencer :

 

          La visibilité que vous souhaitez ;

          Ce qui est dit de vous (le bouche-à-oreille) ;

          L’histoire que vous racontez sur vous-même (le storytelling) ;

          Le temps que vous consacrez à votre communication ;

          Les moyens mis en œuvre ;

          L’objectif que vous voulez atteindre ;

          Vos cibles privilégiées ;

          Votre capacité à vous inscrire dans la durée ;

          Les outils et les critères de contrôle que vous mettez en place.

 

Le temps de la communication dépend de l’objectif fixé, de la cible à atteindre, du délai nécessaire à la compréhension, de l’imprégnation du public et du niveau d’engagement souhaité. La diffusion rencontre parfois des obstacles qui peuvent perturber la réception du message.

La communication n’est pas un jeu, mais une véritable science. Les SIC (Sciences de l’Information et de la Communication) s’enseignent, font l’objet de recherches universitaires et s’enrichissent de découvertes nouvelles, notamment liées aux avancées techniques et technologiques.

lundi 12 janvier 2026

Campagne électorale : un moment de vérité 3

Une campagne électorale comporte principalement trois temps forts. Il est impératif de soigner son entrée en matière afin de laisser une première impression positive. Il faut également un final percutant pour marquer les esprits et convaincre les derniers indécis. Le jour du vote, dans l’isoloir, tout compte : l’image que vous projetez, les qualités que l’on vous prête et la certitude, forgée au fil du temps, que vous êtes le bon candidat. Entre ces deux étapes, une connaissance fine de l'électorat permet de s'adresser à lui avec justesse pour démontrer que vous êtes le meilleur choix face à ses attentes et ses besoins.

Une campagne conjugue image, convictions et projet. Que projetez-vous dans l’esprit collectif ? Sur quoi s’appuie votre candidature ? Comment traduire les mots en actions ? En somme, une campagne réussie demande de soigner son début, de bien connaître ses électeurs et de conclure avec force pour bénéficier de la « cristallisation » des votes.

Dans son dernier livre, Votre leadership (Fayard), Tony Blair écrit : « La défaite ou la victoire serait certaine. C’est du vent… En politique, justement, rien n’est jamais sûr. Alors, en tant que candidat, vous n’avez qu’une question à vous poser. Si la défaite semble se profiler : qu’est-ce que je peux faire pour l’éviter ? Si, au contraire, la victoire semble se profiler : qu’est-ce que je peux faire pour l’assurer ? […] Si vous êtes dans l’opposition… il faudra veiller à ne pas confondre le monde réel et le monde tel que vous voudriez qu’il soit… Si, en revanche, vous êtes aux responsabilités, les choses peuvent se révéler plus compliquées… les dirigeants sont parfois jugés à l’aune de standards de perfection déraisonnables… Il faut comprendre ce que les gens pensent vraiment. Et quand je dis les gens, je veux dire les "vraies" gens… La question que ces gens se posent à l’approche du jour J est on ne peut plus simple : qu’est-ce qui est le mieux pour moi et ma famille ? […] les gens votent en fonction de leurs intérêts immédiats sans se préoccuper d’idéologie. »

Sur ce dernier point, j’évoquais dans mon livre, La communication en politique, ce que j’ai appelé « la bulle d’égoïsme à percer ».

vendredi 9 janvier 2026

Campagne électorale : un moment de vérité 2

Une légende, mauvaise sur le fond comme sur la forme, voudrait qu’en temps de campagne électorale tous les coups soient permis, toutes les accusations acceptables, toutes les insultes admises et que tous les coups bas soient de bonne guerre, tous les jugements de valeur faisant partie des règles. En réalité, les comportements traduisent bien souvent les personnalités. En effet, comment croire que se sentir autorisé à mal agir ne révèle rien de soi ?

Pourquoi vouloir attaquer la personne et ne pas contredire les idées et les projets ? Pourquoi vouloir détruire l’autre plutôt que de construire sa propre démarche ? Pourquoi s’acharner à abîmer l’image d’autrui plutôt que de forger son propre récit ?

La théorie de la grosse caisse en communication politique veut que l’important soit qu’on parle de ce que vous dites et, par corollaire, que l’on parle de vous. Qu’importe finalement la manière et le sujet : plus c’est gros, plus ça fait du bruit et mieux c’est pour atteindre l’objectif. La critique est toujours plus facile que la proposition. Le reproche est plus simple que l’argumentation. Le fond est toujours plus compliqué à imposer que la forme. La campagne négative, celle qui rassemble les mécontentements, relève d’une facilité qui dit beaucoup du candidat qui l’utilise. Il n’y a rien de glorieux.

Lancer des accusations est facile. La pratique en revient souvent à l’opposition. Les étayer par des faits relève d’une démarche beaucoup plus exigeante que peu de gens s’imposent. Alors de deux choses l’une : soit elles sont fausses puisque rien ne vient les appuyer, soit celles et ceux qui les portent ne s’en donnent pas la peine, trop compliquées à faire, trop de travail à leur goût. Quelle que soit la réponse, la personne n’en sort pas ennoblie. « La critique est aisée, l’art est difficile » : cette formule de l’auteur, metteur en scène et comédien Philippe Néricault renvoie chacun à ses comportements.

L’isolement du pouvoir est une accusation jetée comme une disqualification qui serait rédhibitoire. Comment y croire lorsqu’il s’agit de gérer les difficultés du quotidien, dans un contact permanent avec la population ? Gérer une ville, c’est être au cœur de la vie de tous les jours des habitantes et des habitants. Affirmer le contraire ne peut servir d’argument. Les choix peuvent être contestés ou rejetés, mais l’action ne peut être niée. Un maire ne s’isole que selon ses opposants. Il s’agit surtout de la marque de celles et ceux qui cherchent à dénigrer plutôt que de proposer. Il est plus facile d’être contre quelqu’un plutôt que de bâtir un projet. Une telle attitude n’est pas de bon augure. Mieux vaut en finir avec ce type de posture, car rien de positif n’en sortira.

J’aimerais bien être toujours positif, mais à lire la méchanceté, voire la haine, de certains commentaires, j’ai du mal à croire à la propreté et à la probité de cette campagne électorale qui débute. Je le regrette profondément, tant je suis convaincu que la politique n’en ressort jamais grandie et que les électrices et les électeurs méritent mieux et davantage de respect. La brutalisation tant redoutée de la vie politique apparaît comme une réalité. Malheureusement, il semble que les échanges doivent être empreints de « bruit et de fureur » — conditions pour s’opposer et être entendu à l’heure des réseaux et du trop-plein de contenus.

Dans le quotidien La Voix du Nord (édition du 28.12.2025), on apprend que la « démocratie illibérale » progresse partout dans le monde. La France se situe au dixième rang du classement des démocraties. Du national au local, la vie politique s’exprime dans l’excès de langage, dans le mépris de l’autre, dans l’absence de toute retenue et de raison. Et voilà qu’aujourd’hui, il est reproché aux autres ce que l’on dit ou fait soi-même.

La démocratie française s’est pourtant construite dans la diversité des opinions, des croyances et la liberté d’expression. Nous pouvons être, croire ou dire ce que nous voulons dans le respect des lois républicaines. Pourtant, l’opposant devient adversaire, la différence devient inacceptable, l’opinion contraire devient attaque, la défense de ses convictions devient injure.

Je voudrais toujours être positif en écrivant sur la politique, mais certains ne m’en donnent pas toujours l’occasion. Et certains comportements, dans cette campagne municipale, ne relèvent pas le niveau. Un proverbe populaire nous enseigne qu’il faut « tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ». C’est-à-dire qu’il faut réfléchir minutieusement avant de s’exprimer. Malheureusement, comme le disait Jean de La Bruyère : « Il y a des gens qui parlent un moment avant d’avoir pensé. »

jeudi 8 janvier 2026

Impressions politiques (3)

« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister. 

 

Gauche - Droite

Les plaques tectoniques politiques sont en train de bouger actuellement, ou plutôt de se remettre en place. Des repositionnements idéologiques sont en cours. Les curseurs bougent, les véritables natures se révèlent. Bien qu’ils soient au plus haut, les extrêmes se dévoilent et inquiètent de plus en plus.

Au final, à contre-courant des commentaires actuels, cet éclaircissement nous permettra de savoir qui est qui, sans filtre, sans dissimulation, dans toute sa sincérité, même contestable. C’est à partir de là que nous pourrons retrouver la colonne vertébrale de la vie politique. Nous pourrons nous (re)positionner par rapport à des idéaux différents : les projets de société radicaux ou modérés, de gauche ou de droite, les valeurs qui nous rassemblent ou nous séparent, et les mesures capables d’apporter des réponses aux préoccupations réelles. Les choix reposeront alors sur les visions proposées pour la société de demain.

 

Éloge de l’imperfection

J’ai reçu un podcast de campagne. J’ai écouté. Je ne prétends à aucune expertise, je n’ai aucun jugement de valeur à apporter, mais seulement la sincérité de ma réaction. L’IA est un extraordinaire outil, du moment qu’elle ne transforme pas votre parole en celle d’un robot froid et dépourvu de sentiments.

L’authenticité se révèle par le ton de la voix, par les imperfections, par les hésitations. Les voix synthétiques n’ont pas cette capacité. Elles ne provoquent aucune émotion chez les personnes qui écoutent sans vraiment entendre. Lorsque c’est trop lisse, trop parfait, trop monotone, rien n’accroche, rien ne dépasse, rien ne retient l’attention.

 

Parole magique

La parole magique a ses limites face aux résultats. Elle devient un bavardage vide de sens, de contenu, de raisons partagées. Lorsque les mots creux ne suffisent plus à faire vivre une illusion, la parole se fait incantation inconsistante. Impossible d’y accorder encore le moindre crédit. Le charme est rompu par trop de mots sans suite. Vider les mots de leurs substances, de leurs valeurs, de leurs forces conduit au désintérêt, à la déception, puis au rejet.

 

mercredi 7 janvier 2026

La bonne ambition

L’ambition n’est pas une faute. Au contraire, elle représente l’énergie que nous mettons dans notre vie quotidienne. Ce qui nous pousse et nous entraîne vers l’avant. L’ambition se présente sous différentes formes et chacune ne correspond pas à la même chose.

Nous pouvons avoir l’envie de construire une vie productive, utile, enrichissante pour soi et pour les autres. Nous pouvons vouloir écrire une histoire qui soit commune avec d’autres. Nous pouvons formuler le besoin d’empathie et de ne pas nous satisfaire d’égoïsme. Nous avons le choix de ne pas nous satisfaire de ce que nous ne voulons pas, c’est-à-dire une démarche solitaire à notre seul profit. Vouloir réussir ne veut pas dire marcher sur la tête de tout le monde, d’écraser les plus faibles, de n’entendre aucune raison.

Avoir confiance en soi et avoir une haute opinion de soi représentent deux attitudes qui ne disent pas la même chose. Savoir ce que l’on veut et se croire supérieur aux autres ne donnent pas la même image de soi. Avoir de l’ambition et se servir des autres en marchant sur eux  ne répondent pas aux mêmes caractères.

Chaque jour, on s’interroge sur comment faire mieux, plus et efficace. Un questionnement permanent qui nous pousse en avant. Il ne faut pas transformer cette pression en poison mais son absence marque un manque d’ambition. Chaque jour, nous marchons vers nos objectifs à condition de les avoir traduit dans un plan. Savoir où l’on va, comment y aller et ce qui nous motive pour s’y rendre. Autant d’indispensables qui éclairent notre chemin, donnent un surcroît de confiance, nous tirent plus loin.

Le sens de nos objectifs, la simplicité de notre plan pour y parvenir, la sincérité de notre démarche, représentent les bases indispensables à toutes nos réussites quel qu’en soit l’envergure.

mardi 6 janvier 2026

Temps et priorités

Tout ce qui ne se transforme pas en objectif quotidien se retrouve généralement lettre morte. La nécessité de se fixer chaque jour un certain nombre d’actions à réaliser devient vite essentiel à qui veut être efficace. Chacun à une taille idéale pour ce type de liste : 3,3,4 ou encore 3,2,5 ou 3,5,2,… Qu’importe l’équation, le plus important est de se pencher sur nos priorités, nos urgences, nos indispensables, nos envies et nos contraintes.  Dans tous les cas, les trois premières sont les plus importantes, celles qu’il faut absolument réaliser. Les derniers représentent les tâches secondaires mais néanmoins utiles à entreprendre durant notre journée. Les actions du milieu sont indispensables et à ne pas laisser trainer. Ce dont il faut se convaincre correspond au fait que nous devons agir chaque jour sans reporter au lendemain ce qui doit et peut être fait. La procrastination ne conduit à rien sinon au renoncement.

Quelles sont mes trois plus importantes priorités du jour ? Celles que je ne peux pas remettre. Souvent ce sont les plus lourdes, les plus complexes, les plus longues à accomplir. C’est pour cela qu’il faut s’y atteler en premier, dès le début de la journée, au risque qu’elle devienne improductive. Il est facile de faire semblant d’être occupé en s’activant à de petites tâches à faible valeur ajoutée. Ce faisant, il n’est pas compliqué de s’imaginer satisfait au bout de la journée, en additionnant l’inutile à l’accessoire. Accumuler de tels jours ne nous fera pas avancer au contraire, nous régressons. A nous de choisir ce qu’est notre temps, son utilité, ses promesses.

lundi 5 janvier 2026

Espérer devenir

Notre volonté de faire puise dans la réalisation de nos objectifs. Sans ces derniers, il est bien difficile de savoir pourquoi nous devrions agir. Sans destination nous n’avons pas de raison d’avancer. Sans la dynamique que nous donne un but à atteindre, nous restons sur place à nous questionner sur la raison qui nous y pousse. Nos objectifs représentent le carburant que nous mettons dans nos moteurs internes. Ils sont l’essentiel de ce qui met la machine en route. Ensuite il s’agira de faire chaque pas nécessaire à leurs réalisations. Nous sommes la personne qui détermine, construit et fait bouger notre vie vers le meilleur, comme parfois en direction du moins bien. Cette dernière situation arrive lorsque nous ne prenons pas la peine de nous mobiliser à déterminer ce à quoi nous voulons parvenir.

Nous sommes nos objectifs, nos actions, nos réalisations. Nous ne pouvons pas être ce que nous n’entreprenons pas. L’inaction ne nous conduit à rien. Espérer devenir est un bon début. Encore faut-il traduire l’espoir en objectif aussi précis que possible et élaborer un plan pour connaître les actions à mener. Rien n’arrive sans un minimum de cohérence, de précision, de manière de faire. Nous sommes, tout à la fois, les raisons, les ressources et les acteurs de nos ambitions. Nous seuls pouvons comprendre, concevoir, réaliser celle ou celui que nous voulons devenir. Nous pouvons toujours rêver à la fée qui se serait penchée sur notre berceau, à la main providentielle qui viendra tout réaliser à notre bénéfice, au hasard de la chance qui fera pleuvoir milliers et millions d’euros afin que nous puissions accomplir sans efforts.

Il est vrai que nous pouvons toujours rêver et nous satisfaire de cet état d’espérance qui ne connaîtra ni difficultés, ni déceptions, ni renoncements. Nos rêves sont toujours plus heureux alors que la réalité peut se transformer en difficultés. Il s’agit du risque que nous prenons lorsque nous nous mettons en action. Nous ne sommes ni magicien, ni génie de la lampe, mais des personnes qui agissent avec le risque de commettre des erreurs. Elles font parties de la vie. Nous devons les accepter et plus encore en tirer des enseignements. Ce que nous apprenons n’est plus à expérimenter. Nous devons agir. Nous devons nous tromper parfois et continuer quoi qu’il en soit. Nous devons continuer à espérer devenir.

vendredi 2 janvier 2026

La marche en avant

Le destin s’accomplit du moment qu’il est accompagné de l’action. Nous traversons nos journées faites de bons moments et de petites contrariétés. Notre capacité à nous interroger renferme toute la force que nous pouvons mettre à avancer malgré les obstacles et les difficultés que la vie et les événements mettent sur notre route. Si nous ne commettons pas d’erreurs, alors il est fort probable que nous n’agissons pas assez. Pourtant nos expériences forgent notre volonté à se redresser, à rebondir, à repartir de l’avant (Sens, Simplicité, Sincérité).

Chaque jour, il y a tant de belles choses utiles et agréables à accomplir, de projets à faire avancer, d’actions à entreprendre. Chaque matin un monde nouveau s’ouvre devant  nous. Pas à pas nous traçons notre chemin. Et chaque étape renforce notre motivation. A chaque fois nous prenons la joie qu’elle nous offre, le courage qu’elle nous insuffle, la niaque qu’elle crée en nous.

Nous sommes là pour croire que tout est possible, que nous n’avons rien à regretter du moment que nous faisons ce qui nous semble juste. Nous traçons notre chemin à force d’actions et de détermination. Nous ne pouvons rien construire avec des regrets. En toute chose, nous avons besoin d’un plan afin de tracer la route à prendre et à parcourir. Toutes nos petites victoires sont autant de regrets en moins.

Nous sommes toujours seul(e) face à notre réalité. C’est inévitable. Nous sommes donc les uniques responsables de notre situation. Rien ne sert d’invoquer la responsabilité d’autrui. C’est rejeter sa propre faute afin de se déculpabiliser.

jeudi 1 janvier 2026

Le bon outil à découvrir

Trop souvent nous avons tout ce qu’il nous faut sous la main. Seulement nous ne savons pas comment s’en servir exactement. Alors, nous cherchons encore et toujours l’outil idéal. Cela a pour conséquence d’acheter et d’accumuler de nouveaux supports. De quoi rendre le choix encore plus difficile. Trop de possibilité nuit à notre capacité de choisir. De fait, nous restons bloquer au niveau du choix à faire et in fine nous ne passons jamais à la phase active. Trop de choix tue le choix donc. Ne pas savoir comment utiliser ce que nous possédons déjà nous paralyse. Nous cherchons ce qui pourrait nous aider au mieux, à faire mieux, à être plus productif mais le résultat est tout le contraire. Alors comment faire ? il s’agit en réalité de commencer même dans l’insatisfaction et d’améliorer à l’exercice, de jour en jour, d'utilisation en utilisation. Et si cela ne convient pas, alors il faut recommencer. Reprendre depuis le début en testant d’autres supports. Il nous faut retrouver une phase de construction en adaptant à nos besoins spécifiques. Encore une fois la démarche d’essais et d’erreurs doit nous amener à élaborer l’outil qui répond à nos attentes et participera à la réalisation de nos objectifs. Commencer signifie se lancer avec des feuilles, une pochette, un trieur, un classeur, un cahier, un carnet, un agenda, un porte document, un bloc note, des fiches… Qu’importe, c’est selon vos goûts, vos envies et les dimensions qui vous conviennent le mieux. Le 1er janvier est une bonne date pour un bon départ !

mercredi 31 décembre 2025

Réveillon

Ne rien faire pour le réveillon du nouvel an, 42% des français se dispensent de cette obligation sociale. Ils sont même 53% pour la tranche d’âge 50-64 ans (Aujourd’hui en France du 31.12.2025). Les soirées qui dérapent, les repas familiaux très longs, les apéros entre amis bourrés, autant d’incontournables dont de  plus en plus de monde s’échappe.

Est-ce un manque d’enthousiasme pour ce qui est devenu une compétition entre relations ou collègues ? Est-ce une crainte de l’année qui vient, de l’avenir incertain ? Est-ce un changement sociétal qui interroge sur l’excès de consommation ? Est-ce l’envie ou plutôt la nécessité de clore une année jugée difficile pour les uns, catastrophique pour les autres ?

Quel que soit votre choix, je vous souhaite une année 2026 exceptionnelle.

mardi 30 décembre 2025

Campagne électorale : un moment de vérité

Lors d’une campagne électorale, il y a celles et ceux qui dialoguent, en s’ouvrant à d’autres sensibilités, souvent de proximité. Et puis, il y a celles et ceux qui s’isolent refusant d’écouter d’autres voix, ne tolérant qu’un seul rang au garde-à-vous. Deux états d’esprits qui s’opposent. Deux logiques qui ne conduisent pas aux mêmes résultats, à la même manière de dire, de faire et de se comporter. La première rassure, la seconde effraie. Une élection met les électrices et les électeurs face à un choix important. Voilà pourquoi, au-delà des propositions, il faut également observer les comportements, les manières d’être, d’agir, de considérer les autres. Les attitudes séparent les candidats, racontent ce qui les différencient réellement et révèlent comment chacun (e) envisage sa conception du pouvoir.

 

Dans une campagne électorale, chacune des parties est légitime à se battre avec ses armes, avec les possibilités à sa portée, avec sa compréhension des situations et ses propositions. Mais comment qualifier les fausses promesses, la foire aux illusions, aux engagements impossible à tenir, autant d’attitudes qui engendreront des déceptions. De celles qui créent une méfiance vis-à-vis des politiques. Une campagne électorale est révélatrice des personnalités, des caractères, des réelles dispositions de chacun(e) à diriger. Proposer des orientations, des mesures, des actions en constituent l’essence. Mais elles doivent s’inscrire dans la sincérité, dans une réelle vision stratégique, dans un projet cohérent. Promettre sans aucune mesure représente une véritable dérive. Entre engagements et fantaisies, il existe une différence, une vraie barrière, qui sépare le sérieux de l’excessif.

 

Une campagne électorale exacerbe tout. Elle avive les tensions. Elle attise les colères. Elle aggrave les ressentiments. Elle intensifie les sensibilités. Elle enflamme les échanges. Elle exalte les passions. En campagne électorale tout est multiplié par 100, par 1000. Un temps où les relations à l’autre ne semble plus pouvoir être normales. Elles doivent obligatoirement se situer dans un contexte de confrontation. Comme si la raison se mettait entre parenthèse. Si tu n’es pas d’accord avec moi alors tu es obligatoirement un adversaire, voire un agent de l’ennemi. Chaque mot semble chargé d’une intensité électrique, d’une matière inflammable. Afin d’éviter ce genre de dérives, il faut savoir rester serein, l’esprit clair, la tête froide. Il faut pouvoir maîtriser ses émotions et ne pas tomber dans l’excès. Il faut réussir à contrôler ses soutiens pour ne pas perdre la main sur sa propre démarche. Une campagne électorale ne s’improvise pas et doit être dirigée.

 

La stratégie du Caliméro consiste à se lamenter en permanence que le monde est trop méchant, trop injuste avec soi. Une technique pour se faire plaindre et attirer la sympathie. Mais à force de crier au loup Caliméro finira par se retrouver seul comme dans la fable d’Esope. Il existe deux manières bien distinctes d’exister : la première par ses actions, sa créativité, sa capacité à mobiliser autour d’idées fortes. La seconde en s’inventant des ennemis, partout et tous le temps, en étant dans la négativité systématique, dans les lamentations perpétuelles. Une campagne électorale ne peut pas être une longue plainte. Se positionner comme seul face au reste du monde représente une posture qui ne correspond pas à ce que doit être une campagne. C’est-à-dire un espace d’ouverture, de rencontre, d’échange, de confrontation soft parfois, mais toujours de respect. Une campagne est une aventure humaine qui se partage plutôt que de s’affronter aux autres dans une espèce de conflit imaginaire. Aucune campagne positive ne peut sortir d’un positionnement de ce genre.


lundi 29 décembre 2025

Une certaine idée des campagnes électorales

Je veux défendre l’idée d’une campagne électorale positive dans le contenu, sincère dans les propositions, respectueuse des uns et des autres. Probablement utopique, mais je m’y accroche en relevant ce qui me choque profondément dans les propos, bouscule mon idéal, me perturbe dans le fond.

Alors, je sais bien que nous ne vivons pas dans le monde des bisounours. Mais même sachant cela doit-on trouver les attaques personnelles, les insultes, les coups bas comme normaux, comme faisant parties du jeu, comme un mal pour un bien ? Je ne m’y résous aucunement.

A quoi peuvent bien servir ces querelles picrocholines, ces polémiques clochemerlesques, ces rumeurs qui aboient dans le vide. Nous pouvons, nous avons le devoir d’être au-dessus de ces pratiques. Il faut considérer l’électorat avec toute la bienveillance et la confiance qu’il mérite. Il faut croire en son intelligence, sa clairvoyance et sa compréhension des enjeux. La correction d’une campagne est une obligation envers celles et ceux dont le suffrage est sollicité. Apporter de l’espoir est une condition d’une bonne campagne électorale, encore faut-il ne pas promettre tout et encore plus sachant qu’il sera probablement impossible de respecter ses engagements.

Une expression veut que ce qui se passe dans la campagne reste dans la campagne. Mais à trop abuser de ce genre d’affirmation, particulièrement frivoles, certains (es) réussissent à se convaincre que tout est permis durant ce temps particulier. Et surtout ne pas être liés (es) par leurs paroles, leurs actes et leurs promesses.

Comment dès lors ne pas comprendre la méfiance de plus en plus accrue vis-à-vis des femmes et des hommes politiques.

vendredi 26 décembre 2025

Impressions (4)

« Impressions » reprend les petites touches qui viennent et s’imposent, ou celles qui surgissent comme des évidences. Pour autant, elles ne nécessitent pas plus que quelques lignes pour les exprimer, pour les décrire, pour les partager. Elles méritent tout autant que les autres d’exister. 

 

Responsabilité

Chacune de paroles nous engage. Et pourtant, aujourd’hui tout le monde semble se sentir autorisé à dire tout et n’importe quoi. Avec l’impression que cela n’aura aucune conséquence. Sur les réseaux sociaux, la distance physique et l’anonymat sont des facteurs qui semblent encourager les expressions nocives, nauséabondes, brutales. Plus aucune retenue empêche l’insulte, la grossièreté, la diffamation. Une perte du sens des responsabilités inquiétantes.

 

Tensions

Est-ce que l’humeur influence l’écriture, ou plus exactement le propos ? Le contenu est-il positif ou négatif selon l’état d’esprit du moment ? Il est devenu commun de dire que l’ambiance générale des San Antonio dépendait beaucoup des dispositions émotionnelles de son auteur. Les mots traduisent les pensées. Celles-ci expriment les sentiments qui traversent chaque phrase et donc parcourent chaque texte. Est-ce que nos mots nous révèlent ? En partie probablement, mais seulement partiellement puisque nous gardons le contrôle de ce qui s’inscrit sur le papier et sur ce qui n’y apparait pas.  Mais comment reprendre la main lorsque nous sommes submergés par nos émotions ? Au point parfois de ne plus  savoir comment les gérer. L’écriture peut alors être libératrice. Laisser les mots s’embraser pour mieux apaiser le brasero de la colère. L’écriture n’est pas la seule à être impactée, nous pouvons également nous interroger sur notre attitude au quotidien. Ce trop dont nous ne nous débarrassons pas au risque de nous empoisonner l’esprit.

 

Préparer

Nous ne sommes jamais totalement préparés (es) aux événements, aux bouleversements que la vie nous réserve. Certains (es) considèrent cela comme la beauté de l’existence, de l’imprévu, du hasard (s’il existe vraiment). Un jour tout notre univers change. Il ressemble à des quilles de bowling au moment d’un strike. Dans la vie il faut faire des choix. Cette vérité nous rattrape toutes et tous, à tout moment.