Les politiques se veulent réactifs et se calent en permanence sur l’actualité. En parallèle, ils ambitionnent de maîtriser l’agenda, d’être les « maîtres des horloges » et, par conséquent, de dicter les sujets du débat public. Politiques et médias forment ainsi un duo aussi inséparable qu’infernal.
Chacun s’épie,
s’accuse à l’occasion et rejette toujours la faute sur l’autre. Pourtant, ce
couple avance main dans la main : aucun ne peut prospérer sans son double. Qui,
en définitive, tire profit de cette relation ? Probablement personne, tant ce
duo s’utilise, se blesse et se déchire. « Je lèche, je lâche, je lynche », nous
dit cette expression populaire qui s’applique admirablement à l’un comme à
l’autre.
Les reproches fusent
des deux côtés : l’un est accusé de sortir une phrase de son contexte, l’autre
de céder aux mauvais comportements. Au fond, qui fait l’actualité ? S'agit-il
des événements bruts ou des décisions collectives ? Là encore, la même
mécanique est à l'œuvre : les événements influent sur les choix politiques, et
ces choix provoquent les crises de demain. Déclencher une guerre, par exemple,
écrit l’histoire à venir, et les conséquences de ce conflit obligeront à
prendre de nouvelles mesures.
C’est dans cette
même détestation et cette même valse à deux temps que politiques et médias se
retrouvent, à jamais, intimement liés.