Les mots, les ragots, les rumeurs ont leurs victimes : Roger Salengro, Pierre Bérégovoy, pour ne citer que ces deux exemples. Chaque mensonge imprimé atteint, peu ou prou, sa cible. S’en détacher ou se laisser taillader le cuir — cette armure que l’on se forge au fil du temps — par des mots acérés comme des lames de rasoir.
« Toutes les
explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens
l’honneur d’un homme et, finalement, sa vie, au prix d’un double manquement de
ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République », a déclaré
François Mitterrand, président de la République, aux obsèques de son ancien
Premier ministre.
La calomnie est une
blessure lorsqu’elle surgit, puis elle devient une douleur permanente qui vous
détruit de l’intérieur. Les mots sont lourds de sens et pèsent des tonnes,
malgré nous, au point d’écraser toute énergie, toute honnête conscience. Jean
de La Fontaine ne disait-il pas : « L’homme est de glace aux vérités ; il est
de feu pour les mensonges » ?