jeudi 25 septembre 2014

Faire simple, il n’y a rien de plus compliqué

Je me rappelle un séminaire que j’ai suivi, il y a quelques années, à l’ESJ de Lille, qui était intitulé : le traitement de la complexité. Tous les rédacteurs en chefs présents, les réalisateurs, les grands reporters et les journalistes avaient, au final, un avis identique : il est possible de rendre accessible la complexité en peu de temps mais pour prendre en compte toute la dimension d’un sujet ardue, il ne suffit pas de regarder le journal du 20 heures. Il faut aller au-delà, se montrer plus curieux et s’intéresser aux émissions de débats, aux documentaires et autres dossiers spéciaux. Il faut consacrer un peu de temps pour comprendre. Ce doit être aussi une démarche volontaire.
photo-libre.fr

Il ne faut pas se contenter des journaux de télévision. Il existe également la radio, la presse écrite et magazine, le web. En clair avec un minimum d’effort, tout un chacun peut trouver toute l’information qu’il souhaite. Hubert Beuve-Méry, ancien directeur du Monde, disait très justement que «  La radio annonce l’événement, la télévision montre, la presse explique ».

Tout attendre d’un reportage du 13 heures ou du 20 heures est quelque peu illusoire.  « Faire simple, il n’y a rien de plus compliqué » affirmait Jacques Pilhan. Peut-on tout dire, tout analyser en 90 secondes ? Peut-on rendre compte de toute la complexité du monde au travers des reportages des journaux télévisés ?  La réponse est évidemment non à ces deux questions. Si nous nous contentons des grandes messes de l’information télévisuelle, nous n’aurons jamais toutes les dimensions d’un même problème. C’est impossible et c’est irréaliste d’y croire.

Malgré de nombreux défauts, les chaînes d’information en continue, par exemple, permettent de plonger dans les méandres de l’actualité autant que possible. Chacun peut y trouver toutes les données qu’il souhaite. Je ne parle pas des nombreux livres que chaque événement, chaque personnalité, chaque fait d’actualité engendre. La presse quotidienne développe les actualités – de manière de plus en plus courte c’est un fait- et les magazines proposent leurs analyses. Malgré tout la lecture semble reculer. Les ventes au numéro de la presse écrite ont reculé de 5,9% en 2013 après une baisse de –2% en 2012.

Une fois dit cela, je me retourne vers Jacques Rouxel, le père des Shadocks qui déclarait « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ! »



http://alain-testa.blogspot.fr/

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