vendredi 29 mai 2015

Papa n’est pas moderne. Mais a t-il forcément tord ?


Il y aurait d’un côté la « com’ à papa », forcément dépassée, et à l’autre versant la bonne communication, forcément moderne et bien meilleur. Les choses sont-elles aussi tranchées ? Doit-on être aussi manichéens ?

La « com’ à papa » a fait ses preuves depuis longtemps. Les nouvelles théories, habillées de toutes les techniques de la modernité, ne prennent pas la peine - ou n’osent tout simplement pas – mesurer leurs efficacités réelles au-delà du nombre de Click  et autres Like. Etre vu est une chose, être compris et s’inscrire dans la durée en est une autre.

Une action de communication doit atteindre des objectifs à court, moyen et long terme. La communication doit tout d’abord répondre à la problématique qui l’a fait naître. C’est l’immédiat. Mais elle doit également contribuer à vous placer en bonne position pour vos actions futures. Enfin, elle doit vous aider à vous construire une image et vous inscrire dans la durée. Du coup, ce qui peut paraître séduisant sur le moment, ne l’est peut être pas forcément lorsque l’on s’efforce de regarder plus loin, d’avoir une vision.

Certains peuvent appeler cela, de manière péjorative, de la «  com’ à papa ». Il faut pourtant se garder des effets de modes, des concepts fumeux et autres déclarations grandiloquentes. Il passeront sans laisser de trace aussi vite qu’ils sont apparus. Un dicton populaire dit « C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures recettes ». C’est peut être aussi vrai en communication.

La communication a des règles qu’il s’agit d’appliquer avec ses talents, sa créativité, ses méthodes, ses stratégies et sa vision. Jacques Séguéla applique depuis bien longtemps ce qu’il appelle la « marque personne ». Il définit le style, le physique et le caractère du produit ou de la personne. Sa méthode n’a pas changé malgré les modes successives, les incantations des gourous et les étoiles trop filantes pour pouvoir durer. Dans son livre «  La publicité selon Ogilvy » (éditions Dunod) David Ogilvy cite Rosser Reeves « l’originalité est le mot le plus dangereux de la publicité ».  Pour ma part, je défends l’idée de la communication 3S. C’est-à-dire Sens, Simplicité, Sincérité pour aider à définir le contenu, la forme et l’intention.

La « com’ à papa » se révèle être ce que l’on peut appeler tout simplement les « bases » de la communication. Les technologies nouvelles sont les outils d’aujourd’hui. Rien de plus. Vouloir à tout prix faire moderne pour faire moderne, c’est s’exposer à disparaître aussi rapidement qu’il est facile au public de zapper.

Alors même si papa n’est pas très moderne, a-t-il vraiment tord ?



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