La communication peut faire rêver, donner à espérer, promettre un nouveau style de vie ou encore des jours meilleurs, mais elle ne doit absolument pas mentir. Le dictionnaire Le Robert définit le mensonge comme une « assertion sciemment contraire à la vérité ». Il s’agit donc d’affirmer dans l’intention de tromper, d’une communication conçue pour tricher, pour induire en erreur. En communication, il ne peut y avoir pire que le mensonge. Je ne parle pas de quelques retouches photoshopées mais bien d’affirmations contraires à la vérité. Enfin, du moins jusqu’à maintenant !
Communication politique : une méfiance généralisée
La communication politique est suspecte
d’office, voire condamnée avant même de s’exprimer. D’où vient cette défiance
qui touche toutes les sensibilités. D’abord, par le rejet de tout ce qui ne
confirme pas nos opinions. Dès lors on peut parler de biais de confirmation. Il
s’agit de notre tendance à sélectionner uniquement les informations qui
confirment nos convictions et nos idées préexistantes. Quitte parfois à
être abusé par de la communication trompeuse.
C’est ainsi que Cambridge Analytica a pu
influencer les élections présidentielles américaines favorisant l’élection de
Donald Trump. Ils ont été aidés par les algorithmes, notamment de Facebook, qui
enferment l’utilisateur dans une bulle de préférence, où les propositions
viennent confirmer et renforcer ses opinions.
Le philosophe Henri Bergson disait
« L’œil ne voit que ce que l’esprit est prêt à comprendre. »
Ensuite, nous avons tous développé des
réflexes Pavloviens. D’emblée nous croyons ce que nous voulons croire et nous
rejetons le doute, la recherche de confirmation ou encore la nécessaire retenue
face à un contenu dont l’origine n’est pas clairement identifiée.
Enfin, nos états psychologiques,
émotionnels, cognitifs et motivationnels du moment. Si nous sommes en colères,
par exemple, nous développerons une défiance vis-à-vis de celles et ceux que
nous jugeons, à tort ou à raison, responsables de notre situation. La
communication est avant tout émotionnelle. Les faussaires jouent donc
essentiellement sur nos émotions. Il s’agit de nous toucher au cœur tout en
évitant soigneusement notre raisonnement.
Le mensonge est devenu une arme
Le mensonge est devenu une arme dans une
guerre informationnelle permanente. Ce n’est plus communication contre information,
arguments opposés à des analyses différentes, mais des contrevérités affrontant
plus retors que soi. Le mensonge ne semble plus être disqualifiant puisque les
vérités alternatives sont de plus en plus admissibles.
Les platistes, les pyramides
électrifiées, les micro-ondes espions ont encore de beaux jours devant eux. Dès
lors, les mensonges, les théories du complot et les manipulations les plus
grossières continuent de prospérer dans notre univers communicationnel.
Ne plus savoir faire la différence entre
communication, information et manipulation met à mal notre démocratie.
Une étude a démontré que nombre
d’utilisateur (trices) partagent des publications seulement sur leurs titres,
sans vérifier le contenu. Cela démontre que la diffusion des vérités
contrefaites se fait facilement, sans contrôle, sans retenue, sans précaution.
Quelles conséquences sur la
communication ?
A chaque fois la communication perd en
crédibilité, en puissance, en impact. Elle n’échappe pas à la méfiance
généralisée qui traverse notre société pour tout ce qui est institutionnelle,
politiques ou judiciaire. Maintenant entre consommer de la communication et lui
faire confiance, il y a un gouffre de plus en plus difficile à combler.
Pour autant, je suis convaincu qu’il y a
toujours des possibilités. Trouver ce qui fait sens pour la cible visée. Être
aussi direct que possible et éviter de complexifier ce qui n’a pas besoin de
l’être. Veiller à être le plus sincère possible, sans tricherie, sans
mensonges, sans tentation de manipulations, spécialement par les émotions. Ce
sont les conditions sine qua none afin de retrouver le lien de confiance
entre la communication et celles et ceux à qui elle est adressée.
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