Trouver du positif dans la crise. Ce n’est pas le premier réflexe qui nous vient à l’esprit.
Pourtant
quand elle est là, plutôt que de se lamenter, de se mettre en position de
victime, de se figer sans capacité de réaction, de développer un état d’esprit
négatif, il est possible d’envisager une autre solution, moins destructrice,
plus optimiste.
Nous
pouvons voir la crise comme une occasion de se repositionner, de remodeler son
image. Chaque écueil n’est pas forcément un désastre et peut devenir une
séquence permettant de réaffirmer son caractère, sa résistance, sa résilience.
Trébucher peut se retourner en opération de communication et sortir du lot.
Elle est d’autant plus importante que dans une société instable la fréquence
des incidents s’accélère.
C’est
d’autant plus crucial que dans une société d’hyper communication, la facilité
d’utilisation des outils combinée à l’immédiateté engendre des dérapages fréquents.
C’est d’autant plus évident que dans
une société où la vitesse est la règle première, les erreurs sont désormais
inévitables.
Pour sortir par le haut de ces
phases particulières, il est nécessaire d’appliquer quelques règles importantes
et principalement en communication.
La peur des conséquences peut vous
entraîner à faire des erreurs et à ne pas réagir à votre profit.
La crainte bloque notre capacité de
réaction et notre efficacité de façon systématique.
Réagir c’est d’abord être le plus
actif possible. Il faut être entreprenant, augmenter sa visibilité pour ne pas
paraître douter, sans capacité de rebond, défait.
Karl Rove, stratège et bâtisseur des
victoires de G.W. Busch parlait de la stratégie de Shéhérazade « Quand
la politique vous condamne à mort, commencez à raconter des histoires – des
histoires si fabuleuses, si captivantes, si envoûtantes que le roi (les
citoyens) oubliera sa condamnation
capitale. »
Alain Cayzac aime à rappeler dans
son livre « Tout ce que l’on ne m’a pas appris à l’école »
(Le poche du moment), cette loi universelle de la communication « Il
faut commencer par parler plus fort que son voisin ». Ne pas confondre
avec ce brouhaha occasionné par la stratégie du clash permanent utilisé actuellement.
Ne pas s’enfermer, disparaitre en espérant que l’orage passe et qu’il n’en restera pas grand-chose au bout du compte :
Alistair Campbell, qui a été le spin
doctor de Tony Blair, livre dans l’édition du journal « Le Monde », en date du 15 septembre 2007, quelques-unes de
ses recettes et d’abord qu’ « il faut que le message soit clair…Mais
ce n’est pas seulement la répétition du message qui compte. Il faut que tout ce
que l’on dit et fait concoure à faire passer ce message. La moindre
intervention, la moindre image, la moindre réaction. » Il explique également
la nécessité de choisir son terrain « Nous avons une expression en
anglais : il faut faire la météo. Il faut occuper les endroits
stratégiques, être là où l’on veut être. Se donner le terrain que l’on veut
occuper. » Il est donc question de nourrir la fringale médiatique « vous
devez être là pour répondre, contre-attaquer. Et le mieux est encore d’anticiper. »
Et bien prendre conscience du principale interlocuteur « ce que nous
avions intégré… c’est que notre interlocuteur était toujours l’opinion
publique. Pas les médias, ou le parti. »
Comprendre les portes qui peuvent s’ouvrir, les alliances qui peuvent se nouer, le nouveau positionnement qui peut émerger :
Dans son livre « La guerre
du faux » (Grasset) Umberto Eco écrit que « la
variabilité des interprétations est la loi constante des communications de
masse. » Pour autant, il s’agit de ne pas oublier cette règle : l’Unique
Sailing Proposition, USP, on ne vend jamais deux idées à la fois.
« L’action, c’est le personnage »
disait F. Scott Fizgerald. « L’image d’un homme public est autant
déterminé par son écriture médiatique que par le contenu de ce qu’il dit »
affirmait Jacques Pilhan.
« Il n’y a plus de frontière entre le fond et la forme, la décision et l’explication, la gestion et la communication. Rien ne sert d’avoir la bonne idée, le meilleur projet, la mesure la plus efficace si vous êtes incapables de les faire partager » comme l’affirment deux grands communicant français, Jacques Séguéla et Thierry Saussez dans leurs ouvrages à quatre mains « La prise de l’Elysée » (Plon).
Se placer sur une perspective à long terme en opposition à l’immédiateté de l’évènement qui pourrait fixer notre attention uniquement sur l’instant.
Ne pas oublier ce vieil adage « que
l’on parle en bien ou l’on parle en mal de vous, du moment que l’on parle de
vous. »
Jean Michel Goudard nous rappelle
dans son livre que « les règles de ce métier tiennent en une page et se
retiennent en une vie. »
La liste n’est pas exhaustif mais assez pour vous faire comprendre que la crise n’est pas forcément une mauvaise chose, nuisible et qu’il peut s’agir du contraire.
Pour finir sur un peu d’auto promotion, certains aspects de cette article sont développer dans « La communication 3S » et « La communication politique ». des ouvrage disponibles sur le site : thebookedition.com.



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