La communication suit les évolutions de la société. Elle colle naturellement à son époque. L’individualisme grandissant, voire galopant, imprègne les tendances de la communication. Lorsque le un l’emporte sur le commun, la communication se met au diapason. Le succès incontestable, pour ne pas dire plus, des réseaux sociaux en est la démonstration s’il en fallait une. Doit-on parler de travers ou de révolution ? Faut-il comprendre que la société dicte ses règles à la communication, ou celle-ci influence nos comportements collectifs ? Qui influence qui ? Qui manipule qui pourrait on aussi se demander? Nous ou la communication ? Ou bien les deux dans un même élan ?
Nous
formons collectivement la société mais au sein de celle-ci nous essayons
d’apparaitre individuellement, d’être vu pour ce que nous sommes, ce que nous
faisons ou pas, ce que nous proposons, dans notre quotidien, durant nos
vacances, pour ne citer que ces quelques exemples. Nous avons toutes et tous
maintenant, dans l’une de nos poches, un smartphone nous donnant la possibilité
de produire et de diffuser des contenus. Et autant dire que nous ne nous en
privons pas. Nous voilà désormais dans la communication du paraître et des
apparences.
La
communication et nous
Dans
une société de l’hyper communication nous avons l’impression de disparaître si
nous ne sommes pas présents sur les plateformes de partage et notamment les
réseaux sociaux. Mais communiquer suppose d’avoir un message à délivrer, à
partager, à faire connaître. Et nous n’en avons pas forcément un. Ce qui
conduit la plupart du temps à communiquer pour communiquer. Cela n’a pas
vraiment de sens, sinon de nous rassurer, d’affronter la crainte de l’oubli, de
se donner de l’importance et une visibilité supposée. Dès lors tout est bon
pour justifier une publication, du plus banal au plus quotidien, du moindre
déplacement au moindre repas, du moins intéressant au plus insignifiant.
Mais
par la magie des filtres, notre vie devient artificiellement un peu plus belle
et, nous l’espérons, la rendra plus avantageuse, passionnante et désirable au regard
des autres. Car telle est bien l’objectif de ce nouveau genre, de cette pseudo
communication. Nous n’avons rien à dire, nous voulons juste nous montrer et paraître,
créer de l’envie et se valoriser aux yeux du plus grand nombre. Avec au bout du
compte, une communication de l’apparence et de la valorisation personnelle. Je suis
en vacances et pas vous, je suis au restaurant et pas vous. Je suis en rendez-vous
amoureux et pas vous. Je suis de sortie et pas vous. je fais du shopping et pas
vous. J’ai rencontré untel ou unetelle et pas vous. Il existe un nombre infini
d’exemples de ce qui n’est définitivement pas de la communication.
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