vendredi 19 juillet 2024

La maladie de l’idéal

 Une course permanente à la perfection est l’un des principaux symptômes de la maladie de l’idéal. Remettre l’ouvrage sur le métier constamment, ne jamais être satisfait de ce que l’on fait au point de ne jamais finaliser, concrétiser. Être perpétuellement en recherche dans sa vie personnelle ou professionnelle, dans le doute, à la poursuite du mieux, empêchent d’agir lorsqu’il le faudrait. Les regrets sont l’uns des effets secondaires de cette pathologie.

Cette maladie vous ronge et ses conséquences vous dévorent tout entier. La maladie de l’idéal se soigne difficilement, avec de l’aide et des encouragements, en prenant sur soi et en acceptant les inévitables imperfections, en s’assurant du mieux, avec la promesse d’améliorer, si besoin, par la suite.

Balzac était atteint de cette maladie au point que les typographes d’imprimerie ont refusé de faire plus d’une heure de Balzac par jour et que son éditeur lui faisait finalement payer les corrections. Il a néanmoins publier une œuvre considérable. Il n’en a pas moins écrit « Vouloir nous brûle et pouvoir nous détruit ». Et que dire de Flaubert dont toutes les pages écrites et réécrites à l’infini devaient passer par le « gueuloir » afin que la sonorité de chaque phrase soit parfaite et donc reprise maintes fois, jusqu’à l’obsession.

La maladie de l’idéal peut devenir un puissant éteignoir pour celles et ceux qui n’arrivent pas à s’en défaire. Une multitude de projets déjà commencés, toujours en suspens, dans l’attente d’être réalisés balisent le chemin de la personne atteinte de ce mal. Des idées à profusion peuplent le cimetière des intentions trahies ou délaissées. Autres effets sont le manque d’estime et de confiance en soi. A cela s’ajoutent le peu de considération et de reconnaissance au regard des incroyables efforts déployés. Sans compter la frustration qui l’accompagne au quotidien. Cette maladie détruit si l’on n'y prend pas garde.

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