jeudi 11 juillet 2024

La mauvaise promesse

 Le besoin de communication augmente à mesure que la technologie nous isole. Paradoxalement, nous utilisons cette même technologie pour essayer de soigner les maux qu’elle fait naître. C’est comme demander à la maladie de se soigner toute seule, sans aller voir un médecin.

Aujourd’hui nous connaissons ce paradoxe. Les moyens de communication se développent à vitesse croissante. Pourtant, les utilisatrices et les utilisateurs n’ont jamais été aussi isolés (ées). Les plateformes d’échange – qui n’en ont que le nom- ne provoquent aucunes interactions, ne permettent de lier aucunes relations véritables avec des « amis (es) » qui ne sont que virtuels et le resteront. Pire, ils conduisent des personnes pourtant face à face à essayer de communiquer, smartphone en main, avec des inconnus incertains plutôt que de parler aux personnes présentes. Les outils actuels nous éloignent, ne nous permettent pas de vrais échanges, rendent les contacts fictifs, empêchent toutes conversations, créent l’illusion d’une communication réelle.

« Si c’est gratuit c’est vous le produit » vous connaissez cette expression dont la réalité nous bouscule tellement que nous préférons l’ignorer. Nous feignons de ne pas nous rendre compte que la technologie n’est pas ou plus au service du progrès des femmes et des hommes mais au bénéfice de l’économie et du chiffre d’affaire des sociétés éditrices.

Autre illusion à battre en brèche est celle de la sensation de liberté que nous donne tous ces réseaux dits sociaux. C’est tout sauf la réalité des faits. Les algorithmes enferment dans des bulles de préférences. C’est-à-dire qu’ils proposent ce que nous avons envie de voir. Vos clics les renseignent sur vos choix, vos goûts et vos thèmes de prédilections. Ces préférences ainsi détectés peuvent conduire à des tentatives de manipulation. En effet, le scandale de « Cambridge analytica » a révélé que ces bulles peuvent permettre de créer de faux contenus à votre attention. L’objectif est de vous influencer dans vos choix, électoraux dans cet exemple.

La communication n’est pas qu’une question de supports et de moyens accessibles. Elle est aussi dans une promesse qui a du sens, de la simplicité et de la sincérité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire