dimanche 15 décembre 2024

Les mots ont leurs victimes

Une formule bien ciselée peut faire autant de mal, de dégâts, sinon plus qu’un coup au corps ou une trahison. La cruauté d’une phrase assassine peut détruire une réputation, une carrière et parfois toute une vie. En effet, les mots peuvent être aussi puissants qu’un instrument de combat. A tel point que la guerre informationnelle se développe et fait maintenant partie intégrante de chaque conflit. A ce propos lire les ouvrages de David Colon dont « La guerre de l’information » ( éditions Tallandier).  

Les mots dégradent, trompent, forgent les esprits et les convictions. Ils disent plus que les gestes parfois, parce qu’ils font appels à des représentations, des imaginaires, des sentiments refoulés ou à fleur de peau. Les mots mobilisent notre éducation, nos propres définitions, nos sensibilités intimes. Les mots critiquent aussi et réduisent à néant une œuvre, un très long travail de création, artistique ou autre, de considérables efforts pour se construire un avenir. Les mots sont durs, doux ou neutres. Les premiers sont venimeux et les plus susceptibles de faire des victimes.

Les mots véhiculent des intentions avec l’objectif de transmettre, convaincre ou alors nuire. Les mots sont des armes d’influences, de désinformations, de destructions d’images et de convictions. Les mots neutres n’existent pas véritablement, à mon avis. Ils portent tous, à minima, une intention. « Allo » appelle au dialogue et à une réaction même sans attente de réponse. « Heu » contient une hésitation, un temps de réflexion pour savoir réagir. « Oui » ou « non » s’affirment dans un sens ou un autre. « A bientôt » renvoie à une prochaine occasion, une opportunité nouvelle. Les exemples sont infinis.

Chaque mot transporte une valeur positive ou négative. Les mots peuvent faire le bonheur ou le malheur du destinataire. Les mots peuvent valoriser ou déprécier.

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