Une formule bien ciselée peut faire autant de mal, de dégâts, sinon plus qu’un coup au corps ou une trahison. La cruauté d’une phrase assassine peut détruire une réputation, une carrière et parfois toute une vie. En effet, les mots peuvent être aussi puissants qu’un instrument de combat. A tel point que la guerre informationnelle se développe et fait maintenant partie intégrante de chaque conflit. A ce propos lire les ouvrages de David Colon dont « La guerre de l’information » ( éditions Tallandier).
Les mots dégradent, trompent, forgent
les esprits et les convictions. Ils disent plus que les gestes parfois, parce
qu’ils font appels à des représentations, des imaginaires, des sentiments refoulés
ou à fleur de peau. Les mots mobilisent notre éducation, nos propres
définitions, nos sensibilités intimes. Les mots critiquent aussi et réduisent à
néant une œuvre, un très long travail de création, artistique ou autre, de
considérables efforts pour se construire un avenir. Les mots sont durs, doux ou
neutres. Les premiers sont venimeux et les plus susceptibles de faire des
victimes.
Les mots véhiculent des intentions avec
l’objectif de transmettre, convaincre ou alors nuire. Les mots sont des armes d’influences,
de désinformations, de destructions d’images et de convictions. Les mots
neutres n’existent pas véritablement, à mon avis. Ils portent tous, à minima, une
intention. « Allo » appelle au dialogue et à une réaction même
sans attente de réponse. « Heu » contient une hésitation, un
temps de réflexion pour savoir réagir. « Oui » ou « non »
s’affirment dans un sens ou un autre. « A bientôt » renvoie à
une prochaine occasion, une opportunité nouvelle. Les exemples sont infinis.
Chaque mot transporte une valeur
positive ou négative. Les mots peuvent faire le bonheur ou le malheur du
destinataire. Les mots peuvent valoriser ou déprécier.
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