vendredi 3 octobre 2025

Retrouver le commun

 Nous sommes dans l’instantanéité, la réponse immédiate, la rapidité comme idéal de temps. La maturation, l’observation, la patience se rangent maintenant dans les placards du passé.

Le tout et tout de suite, le rien que pour ma gueule, le monde tourne exclusivement autour de moi, deviennent les standards d’aujourd’hui. La reconnaissance doit être immédiate. Le temps long, le travail, l’expérience ne sont plus des critères d’actualité. Il s’agit surtout de la recherche de sa seule satisfaction, sans prendre en compte ce qui nous entoure et les conséquences de nos comportements. Comme si rien d’autre que soi n’avez d’importance. Il faut, à des moments, savoir être individualiste sans pour autant oublier le commun. Il faut savoir définir les limites du chacun pour soi afin de ne pas oublier ce qui nous rassemble. La société est dure, la vie devient difficile. Et nous comprendre, accepter ce qui n’est pas soi représente une tâche de plus en plus ardue dans un tel contexte. Le manque de patience s’exprime aussi vis-à-vis de l’autre.

Se servir tout en étant au service de la collectivité représente un équilibre fragile de plus en plus complexe à maintenir. La balance penche désormais davantage du côté du service à sa propre personne. Nous attendons ou plutôt nous exigeons une réponse empressée. Nous ne supportons plus le refus, les délais ou encore l’attente tout simplement. Les feux rouges, les stops, les embouteillages et même les files d’attente deviennent des supplices insupportables. Les règles communes, la civilité et le respect des conventions ne conviennent plus à l’esprit du moment.

A bien y regarder, nous perdons le commun dans la satisfaction immédiate. Nous égarons le collectif dans la rapidité. Nous oublions ce qui nous rassemble dans l’admiration de notre nombril. La contemplation de soi comme mode de communication trouve une parfaite concrétisation sur les réseaux sociaux. Une vie égocentrée qui ne se soucie de personne mais qui exige l’aide de toutes et de tous à la moindre anicroche.

Pessimisme, constat ravageur ? Pas du tout. La lucidité est nécessaire au changement. Il faut croire que rien n’est impossible et que tout peut changer en agissant. Personne ne peut être viré de la vie commune par quelqu’un d’autre. Cette disposition d’esprit ouvre tous les chemins, toutes les solutions, toutes les réponses aux questions qui s’imposent à nous afin de retrouver un élan collectif.

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