Nous sommes dans l’instantanéité, la réponse immédiate, la rapidité comme idéal de temps. La maturation, l’observation, la patience se rangent maintenant dans les placards du passé.
Le
tout et tout de suite, le rien que pour ma gueule, le monde tourne
exclusivement autour de moi, deviennent les standards d’aujourd’hui. La reconnaissance
doit être immédiate. Le temps long, le travail, l’expérience ne sont plus des
critères d’actualité. Il s’agit surtout de la recherche de sa seule
satisfaction, sans prendre en compte ce qui nous entoure et les conséquences de
nos comportements. Comme si rien d’autre que soi n’avez d’importance. Il faut,
à des moments, savoir être individualiste sans pour autant oublier le commun. Il
faut savoir définir les limites du chacun pour soi afin de ne pas oublier ce
qui nous rassemble. La société est dure, la vie devient difficile. Et nous
comprendre, accepter ce qui n’est pas soi représente une tâche de plus en plus
ardue dans un tel contexte. Le manque de patience s’exprime aussi vis-à-vis de
l’autre.
Se
servir tout en étant au service de la collectivité représente un équilibre fragile
de plus en plus complexe à maintenir. La balance penche désormais davantage du
côté du service à sa propre personne. Nous attendons ou plutôt nous exigeons
une réponse empressée. Nous ne supportons plus le refus, les délais ou encore l’attente
tout simplement. Les feux rouges, les stops, les embouteillages et même les
files d’attente deviennent des supplices insupportables. Les règles communes,
la civilité et le respect des conventions ne conviennent plus à l’esprit du
moment.
A
bien y regarder, nous perdons le commun dans la satisfaction immédiate. Nous égarons
le collectif dans la rapidité. Nous oublions ce qui nous rassemble dans l’admiration
de notre nombril. La contemplation de soi comme mode de communication trouve
une parfaite concrétisation sur les réseaux sociaux. Une vie égocentrée qui ne
se soucie de personne mais qui exige l’aide de toutes et de tous à la moindre
anicroche.
Pessimisme,
constat ravageur ? Pas du tout. La lucidité est nécessaire au changement. Il
faut croire que rien n’est impossible et que tout peut changer en agissant. Personne
ne peut être viré de la vie commune par quelqu’un d’autre. Cette disposition d’esprit
ouvre tous les chemins, toutes les solutions, toutes les réponses aux questions
qui s’imposent à nous afin de retrouver un élan collectif.
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