En période électorale, les tensions naissent, les relations s’exacerbent, les sensibilités sont à fleur de peau, certaines positions se radicalisent et les dialogues deviennent sourds. Les conflits apparaissent et les accusations fleurissent : certaines à caractère diffamatoire, d’autres d’une nature enfantine, du style « c’est celui qui dit qui est ». Le débat, pourtant nécessaire, se transforme vite en invectives, voire en pugilat.
Pourquoi ne pouvons-nous plus avoir une
campagne électorale digne de ce nom, dans le respect des personnes, la
contradiction des idées et la probité des comportements ? Pourquoi doit-on en
arriver directement au « point Godwin » et subir d’infectes accusations ?
On pourra toujours me rétorquer qu’il s’agit
de la forme moderne des campagnes électorales et que la démocratie numérique a
ses travers, comme toutes celles qui l’ont précédée. Je n’arrive pas à me
résoudre à ce genre de réflexion, ni à m’imposer ce type de comportement. Pour
ma part, je préfère la raison, l’intelligence collective et le discernement.
De récentes réactions à mes publications me
rappellent que rien n’est jamais acquis. Elles me laissent croire que le chemin
est encore long, voire qu’il est à recommencer, tel un Sisyphe défendant une
certaine conception de la politique.
Chacun est libre de croire détenir la « grande
vérité », de vouloir changer le sens et la définition des mots, mais il ne peut
en être question pour moi. Je conserve toujours cette part d’autocritique
suffisante pour ne pas me croire supérieur aux autres.
La libre expression est sujette à
contradiction : c’est un risque à accepter. Mais comment faire face à
l’agressivité, à la mauvaise foi et aux prises à partie inutiles et dérisoires
? Répondre ou ne pas répondre ? Que dire en cas de réponse ? Est-ce nécessaire
ou est-ce nourrir la polémique ? On ne se refait pas ; j’essaie donc d'apporter
des éléments au débat plutôt que de verser dans l’irrationnel. Mais c’est,
malheureusement, croire en l’impossible. Et même si je le regrette, cela ne
m’empêchera pas de continuer à publier ce que j’ai à dire.
Chacun voit le mal où il veut bien le voir.
Alors que nous n’en sommes qu’aux prémices de la campagne, la virulence des
propos m’inquiète. La brutalisation du débat ne doit pas devenir notre seul
horizon.
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