Avons-nous toujours raison d’insister, tout à notre détermination de forcer le destin ? Devons-nous, à un moment, lâcher prise et réorienter nos efforts, au risque d’arrêter juste avant la réussite ? Mais quand ? Quels sont les signes qui font pencher la balance d’un côté ou de l’autre ? La réussite est-elle une question de persévérance ou de lucidité ? L’échec est-il le résultat d’un entêtement ou d’une perte de réalisme ? Avons-nous assez d’instinct pour faire la différence, ou arrive-t-il un moment où l’obstination prend le dessus, au-delà de toute mesure ?
À chaque tentative,
à chaque création, à chaque projet, ces questions envahissent et hantent
l’esprit de manière persistante. Y échapper devient compliqué, mais pourtant
salutaire.
Quels outils
avons-nous à portée de main afin d’y voir plus clair ? D'abord, ne pas rester
seul dans un isolement souvent douloureux. En parler, expliquer et faire
comprendre demande de faire le tri, de mettre en cohérence et en perspective,
de tisser les liens nécessaires entre tous les éléments et, surtout, de
simplifier afin d’être le plus clair possible. Nous sommes les seuls à
connaître toutes les données, à porter les réponses de manière inconsciente.
Devoir en parler nous oblige à transformer les problèmes en mots et en phrases
compréhensibles, à décrire précisément la situation. Ce processus déclenche
bien souvent, en nous, les solutions.
Un accompagnement
conversationnel, fait d’écoute et d’interrogation, représente bien souvent le
meilleur moyen de faire un point vital et d’engager la suite des événements.
D’autres outils existent : tableaux de bord, évaluation externe… Mais personne
n’en saura autant que vous, et personne ne vivra l’aventure avec autant
d’intensité.
Nous sommes
fréquemment le problème et la solution. En grec, le pharmakon désigne à la fois
le remède et le poison. Nous sommes le pharmakon de notre vie. En prendre
pleinement conscience nous permet de rester aussi lucides que nécessaire.
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