Emportés par l'empressement généralisé à nous exposer et à soigner notre image pour être « likés » par le plus grand nombre, nous en oublions l’une des règles fondamentales de la communication : l’objectif.
À l’ère des réseaux
sociaux, nous illustrons ce que Philippe Sollers écrivait dans son livre Graal
: « Ils n’ont pas peur de mourir, mais plutôt de ne plus être pris en
considération par le spectacle, c’est-à-dire de ne plus se sentir filmables ou
télévisables. » Ce constat est né de notre « postmodernité d’indiscrétion
générale ».
Créer du contenu
sans but ni réflexion revient à jeter des bouteilles à la mer dans l’espoir
illusoire d'un bénéfice. C'est une stratégie « à la Jean-Claude Dusse » : on
mise tout sur le malentendu. En réalité, il ne s’agit là que de donner
l'illusion de faire illusion ; autant de coups d'épée dans l'eau.
Dès lors, une
question se pose : l’ego peut-il véritablement être l’objet d’une communication
?
La communication
change alors de nature : elle ne cherche plus à transmettre, mais à se
rassurer. On ne s'adresse plus à un public pour l'informer, le convaincre ou
l'émouvoir, on le somme de devenir le témoin passif d'une autocélébration.
C’est le piège de la
« visibilité pour la visibilité ». En oubliant l'objectif — le fameux «
pourquoi » — on sacrifie le contenu au profit de la mise en scène. On finit par
produire un bruit de fond où chacun crie sa propre importance, sans que
personne ne prenne plus le temps d'écouter.
Pourtant, la
communication demande de sortir de sa propre sphère pour rejoindre celle de
l'autre. Sans cela, la parole n'est qu'un monologue condamné à l'écho qui ne
relie que deux rives de la même solitude.
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