jeudi 4 juin 2026

Faire société malgré tout

Chacun appréhende le monde à sa façon. Chacun voit le monde de sa fenêtre. Chacun juge le monde avec plus ou moins de sévérité ou de complaisance.

Chacun ressent le monde, ses soubresauts, ses conflits et ses bouleversements avec plus ou moins d’inquiétude ou de certitude. Chacun admire le monde, sa beauté, ses richesses naturelles et culturelles, ses vestiges et ses savoirs ancestraux de différentes manières. Chacun regarde le monde et ses occupants évoluer avec plus ou moins de peine, avec peu ou prou de bonheur.

Chacun épie le monde en essayant d’en tirer le meilleur parti à son profit, quitte à abandonner son prochain sur le bord de la route. Chacun se méfie du monde et des autres, n’y voyant qu’ennemis, dangers et incertitudes. Chacun aborde le monde avec pessimisme ou, à l'inverse, avec une bonne dose de confiance.

Chacun se croit au centre du monde, adoptant les comportements inhérents à cette illusion, alors qu’il ne s’agit que du cœur de son propre univers. Chacun regarde le monde avec empathie ou avec la plus grande méfiance, persuadé que le complot se cache toujours derrière les apparences.

Chacun construit son monde dans la difficulté ou l’opulence, avec ses atouts et ses accrocs. Chacun vit le monde diversement, les conditions de départ n’étant jamais les mêmes. Chacun refuse le monde ou l'espère, le subit ou en profite.

Dès lors, comment, après tout cela, espérer faire société ? Comment croire en la possibilité du commun ? La politique retrouve alors sa plus belle mission, ses lettres de noblesse.

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