Aujourd’hui, la moindre expression, la plus petite phrase, le simple commentaire de passage deviennent des déflagrations d’une ampleur insoupçonnée. Une onde de choc vous emporte dans une déferlante sans que vous puissiez jamais sortir la tête de l’eau. Vous êtes d’abord tétanisé par l’incompréhension de ce qui arrive, ensuite pris au piège d’une défense impossible, et enfin enseveli sous un rejet infernal devenu général.
Ces quelques mots ne valaient pas ce jeu de massacre, digne d'une arène numérique. Mais à l’ère des réseaux sociaux triomphants, de la mondialisation de la communication et du mépris, assumé par les seigneurs de la Tech, de toutes les règles qui fondent une société apaisée, vous voilà condamné à la mort médiatique par une vindicte populaire sans limite et sans foi ni loi. Il y aura toujours des internautes, quelque part dans le monde, cachés derrière un clavier pour mal interpréter, détourner ou se sentir agressés par l’une de vos phrases parmi tant d’autres.
Ce ne sont ni la cohérence, ni l’honnêteté, ni la raison qui enrayeront la machine. La droiture ne semble plus avoir cours de nos jours. Ces mots prononcés, presque sans y penser, deviendront votre marque d’infamie. Ils seront la principale référence qui vous collera à la peau et qui se retournera contre vous en toute occasion. Ces mots seront une croix à porter en permanence, sans espoir de les voir s’évaporer dans l’oubli, avec pour seule et maigre attente l’indifférence. Ces mots deviendront les portes de l'enfer.
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