Le smartphone a remplacé le stylo-plume, le carnet est devenu écran, et l’intime s’expose désormais en place publique. Ce qui relevait autrefois du journal secret est aujourd'hui jeté en pâture au plus grand nombre, guidé par une obsession unique : exister à tout prix dans la jungle de l'attention. Dans cette société de l'hyper-communication, l’anonymat est vécu comme un oubli social insupportable.
Dès lors,
n’importe quel fragment de quotidien devient un « contenu » : une mise en scène
stérile de l'insignifiant. Ces images ne racontent rien, sinon la terreur du
vide et l’expression d’une solitude profonde, paradoxalement exacerbée par
l’hyper-connexion. La gratuité et la facilité de publication ne mènent pas
seulement à la futilité, elles consacrent le triomphe de la médiocrité. Lorsque
le pire et le meilleur sont mis sur le même plan, le nivellement par le bas
devient inéluctable. À force de chercher le regard de l'autre à travers des
fadaises, l'humanité connectée s'asphyxie dans sa propre mise en scène.
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