Nous ne comprenons pas toujours ce qui nous pousse à faire telle ou telle chose : l’instinct, la passion irréfléchie ou toute autre raison hors de contrôle. Il en va ainsi des positions que nous prenons, des emportements qui surgissent en nous, ou des appréciations que nous portons sur une situation. Nous prenons rarement le temps d’analyser ce qui nous incite à croire ou à nous défendre contre ces innombrables informations qui nous parviennent chaque jour. L’une chasse l’autre à un rythme effréné, nous laissant à peine le temps d’y adhérer ou de la rejeter.
Tout va vite - trop
vite, parfois. Même nos émotions s’enchaînent au point de nous submerger. Nous
avons du mal à les gérer lorsqu’elles nous envahissent en un temps si court.
Dans notre société de l’hypercommunication, les contenus se doivent d’être
toujours plus chocs et de susciter des réactions vives pour sortir du lot. De
fait, l’accumulation de ces montagnes russes émotionnelles met à rude épreuve
notre sensibilité, au point de ne plus toujours savoir où nous en sommes. Nous
voilà sans cesse ballottés par le flux d'informations que nous côtoyons à
chaque instant.
Comment faire pour
ne pas en être victime ? Comment tenir à distance certaines d’entre elles ?
Comment faire le tri ?
Nous pouvons
toujours faire des pauses informationnelles au cours de la journée : rien ne
nous oblige à être attentifs en permanence. Déconnecter régulièrement de nos
points de contact habituels peut être une solution, à condition de ne pas
passer le double de temps ensuite à essayer de rattraper un prétendu retard —
sans quoi cela devient une fausse bonne idée.
Sélectionner ses
sources d’information est une autre piste. « Qui trop embrasse mal étreint »,
nous rappelle le proverbe. Choisir un nombre raisonnable de médias généralistes
et spécialisés, en fonction de ses goûts et de ses besoins, permet de ne pas
être accaparé par tout et rien à la fois. Encore faut-il échapper au FOMO (Fear
Of Missing Out), cette anxiété de passer à côté d’une information intéressante.
Reste notre capacité
à trier, à ne pas réagir à chaud et à ne pas nous sentir impliqués par chaque
actualité. C’est peut-être l’exercice le plus difficile. À quoi cette
information correspond-elle pour nous ? Quel sens prend-elle ? Modifie-t-elle
quelque chose à notre quotidien ? Pouvons-nous en faire usage ? Avons-nous
véritablement appris quelque chose d’important, ou avons-nous simplement été distraits
? Pour résumer : avons-nous une réelle raison de nous intéresser à ce contenu,
et à quoi va-t-il nous servir ? N’est-ce pas la meilleure manière de décider ce
qui mérite notre attention ou ce qui doit passer son chemin ?
Et la curiosité, alors ? Certes, il ne faut pas cesser de découvrir de nouvelles choses. Mais là encore, la discipline est de mise. Notre intérêt pour la nouveauté doit savoir se canaliser pour renforcer nos acquis. Tout voir pour ne rien retenir n’a aucun intérêt. Pouvons-nous réellement tout connaître, tout comprendre et intégrer tout ce que le monde produit comme contenus ? Le bénéfice semble bien peu probant... à moins d’être une IA.
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