Nous laisserons une histoire. Celle que nous construisons jour après jour, à chaque décision prise. Nous laisserons un souvenir d’autant plus fort que notre vie aura été marquée par l’action, l’amour et l’engagement. Et puis, tout s’effacera inévitablement. Tous les cimetières transforment les existences en un immense oubli généralisé.
Pour autant, cela ne
doit pas nous empêcher de bien agir tant que nous le pouvons, et aussi souvent
que possible. Le temps nous offre cette faculté. Pourtant, la plupart du temps,
nous nous égarons en oubliant ce que nous avons à apporter aux autres. Parfois,
nos difficultés sont telles que nous n’avons d’autre but que d’y survivre.
Quelquefois, le confort des routines et des habitudes nous assoupit. Plus
encore, le manque de confiance en soi, le syndrome de l’imposteur, la crainte
ou l'incapacité de demander de l'aide nous privent de toute initiative. Chaque
acte manqué diminue l’impact de notre histoire et la durée du souvenir que la
mémoire collective conservera de nous.
Tout cela étant dit,
je reste convaincu qu’aucune vie ne peut être considérée comme ratée. Nous nous
construisons avec nos moyens et nos envies, nos convictions et nos
emportements, nos doutes et nos peurs. Une combinaison singulière qui nous rend
uniques. Et chaque particularité se révèle indispensable à l’ensemble de la
société pour en faire la richesse, la cohérence et l’unicité. Henry de
Montherlant écrivait dans Malatesta : « Laisse-moi mes folies. Une
petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !»
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