lundi 24 août 2026

L’Empreinte et la flamme

Nous laisserons une histoire. Celle que nous construisons jour après jour, à chaque décision prise. Nous laisserons un souvenir d’autant plus fort que notre vie aura été marquée par l’action, l’amour et l’engagement. Et puis, tout s’effacera inévitablement. Tous les cimetières transforment les existences en un immense oubli généralisé.

Pour autant, cela ne doit pas nous empêcher de bien agir tant que nous le pouvons, et aussi souvent que possible. Le temps nous offre cette faculté. Pourtant, la plupart du temps, nous nous égarons en oubliant ce que nous avons à apporter aux autres. Parfois, nos difficultés sont telles que nous n’avons d’autre but que d’y survivre. Quelquefois, le confort des routines et des habitudes nous assoupit. Plus encore, le manque de confiance en soi, le syndrome de l’imposteur, la crainte ou l'incapacité de demander de l'aide nous privent de toute initiative. Chaque acte manqué diminue l’impact de notre histoire et la durée du souvenir que la mémoire collective conservera de nous.

Tout cela étant dit, je reste convaincu qu’aucune vie ne peut être considérée comme ratée. Nous nous construisons avec nos moyens et nos envies, nos convictions et nos emportements, nos doutes et nos peurs. Une combinaison singulière qui nous rend uniques. Et chaque particularité se révèle indispensable à l’ensemble de la société pour en faire la richesse, la cohérence et l’unicité. Henry de Montherlant écrivait dans Malatesta : « Laisse-moi mes folies. Une petite flamme de folie, si on savait comme la vie s'en éclaire !»

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