Donald Trump a porté
l’art de la promesse politique à son paroxysme. Promettre plus de mille
milliards de dollars relève d’une démesure financière manifestement irréaliste.
Comment une telle annonce peut-elle dès lors apparaître comme une option
crédible aux yeux d'une partie de l’électorat ?
Les mécanismes
cognitifs qui régissent nos jugements permettent d'éclairer ce phénomène.
Plusieurs biais psychologiques s'articulent pour nous amener à envisager ce qui
semble, objectivement, le plus improbable :
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L’effet de halo : la tendance à
laisser une impression générale ou un trait marquant d'une personnalité - ici
l'image de l'homme d'affaires pragmatique et le président audacieux - déteindre sur la
crédibilité de l'ensemble de ses propos.
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L’effet d'illusion de vérité : la
tendance à juger une information exacte au seul motif qu'elle est répétée. La
répétition crée un sentiment de familiarité que notre cerveau confond bien
souvent avec la réalité.
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Le biais de confirmation : la
tendance à rechercher, privilégier et retenir les éléments qui confortent nos
convictions préexistantes, tout en minimisant les faits qui les contredisent.
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Le réalisme naïf : la conviction de
percevoir le monde avec une parfaite objectivité, tout en considérant que ceux
qui ne partagent pas notre vision sont désinformés ou de mauvaise foi.
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Le biais de conformisme (ou effet
d'entraînement) : l'inclination à aligner nos opinions sur celles de notre
groupe de référence, afin d'éviter le rejet et d'obtenir une validation
sociale.
Ces biais cognitifs
ne sont toutefois que les instruments d'un moteur plus profond : la
vulnérabilité émotionnelle. Notre réceptivité à ces illusions dépend
directement de notre situation personnelle et de nos difficultés quotidiennes.
Face à l'incertitude, croire en un avenir meilleur répond à un besoin
fondamental d'espoir, devenant un mécanisme de défense indispensable pour ne
pas renoncer.
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