Aujourd’hui, j’ai 60 ans. Je n’éprouve aucun regret : cela ne me servirait à rien et ne me ferait pas avancer. Alors, je prends tout ce que j’ai vécu pour continuer d'aller de l’avant. Ce bagage est le mien, et c'est lui qui me tient debout.
Il me reste tant à
faire. Un tri est sans doute nécessaire, comme régulièrement, mais ce n’est pas
une fin en soi : c’est plutôt le signal d'un nouveau départ. L’âge, le temps
qu'il reste, la situation personnelle ou professionnelle, l’état de santé ou les
finances ne changent rien à l’affaire. Ils ne peuvent constituer des obstacles
définitifs, aussi puissants et difficiles soient-ils.
C'est pourquoi, pas un
seul jour je n’échangerais ma vie contre une autre. J’ai tout connu : l’amour
et la trahison, les jours heureux et la maladie, l’argent (un peu) et le
dénuement (dépouillé par celle que je croyais l'amour d’une vie), la présence
des enfants et l’indifférence, la musique et le silence, l’action et le manque
de reconnaissance, les victoires politiques et les défaites — plus nombreuses
encore —, l’amitié et l’abandon…
Pourtant, rien ne me
fera regretter un seul iota de ce parcours. Ce sont mes erreurs, mes échecs,
les coups durs, les bouleversements à fendre l’âme, tout comme les moments
d’euphorie, de plénitude et de bonheur : c'est ce mélange précis qui fait ce
que je suis à présent. Ce n’est pas que je m’aime au point de me contempler
dans un miroir à longueur de journée, mais je ne me déplais pas. Je suis ce que
je suis, et les épreuves y ont simplement ajouté un supplément d'âme.
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