Notre perception des
distances d’hier est-elle encore la même aujourd’hui ? Et notamment
lorsque nous sommes devant notre poste de télévision.
Le
village global, inventé et théorisé par Mac Luhan, est un concept largement et
communément admis et, partagé. L’inconscient collectif en a pris possession
sous une forme ou une autre, en fonction de chaque individu. Pouvait-il en être
autrement ?
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De plus, nous sommes
entrés de plein pied dans la société de l’information. Les nouvelles
technologies de l’information et de la communication, les réseaux sociaux sont
là pour abolir les distances, se moquer des frontières, faire fi des nations,
des cultures et des langues. Le temps s’est également considérablement
raccourci. Nous sommes donc tous devenu le voisin planétaire du premier
internaute branché, qu’il réside dans notre rue ou qu’il habite à l’autre bout
de la planète. Qu’importe, il appartient à la même communauté humaine, membre
du même village global. Il est par conséquent l’une de nos relations, un
concitoyen, notre ami, notre voisin, notre frère. Bref, un très proche.
Il n’est pas peu dire
que cette conception de l’utilisation des moyens de l’information et des communications, de
l’utilité des médias est devenue une évidence. Elle est leur raison d’être et
de croître.
Une conception qui a été, est et continue de nous
être affirmée en toute circonstance, répétée à l’envie, rabâchée tant et si
bien que, comme pour la méthode Coué, nous avons, même involontairement, même
inconsciemment, intégré cette nouvelle situation. Est-ce un mal ? Probablement
que non. Reste que comme pour tout système des effets pervers peuvent
apparaître.
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L’élection présidentielle
française de 2002 en révèle un des aspects les plus frappants. Souvenons-nous.
Le candidat d’extrême droite se qualifie pour le second tour des
présidentielles, laissant le candidat de la gauche plurielle, avec moins de 200
000 voix de différence, disparaître de la scène politique.
Tous les médias
confondus se sont alors plongés dans la « France profonde », immergé
avec la « France d’en bas » pour comprendre, chercher vainement des
explications à ce coup de tonnerre, à ce séisme politique. Rappelons-nous
simplement de ce qui est ressorti de toute cette masse.
L’insécurité ayant
était au cœur de cette campagne, les médias se sont aussitôt emparés du sujet,
se faisant l’écho, de façon plus ou moins responsable, avec force reportage,
plus ou moins objectif, parfois de manière racoleuse, montrant l’extrême
violence de notre société. Les exemples d’une insécurité quotidienne, dont
personne n’était plus à l’abris, se sont multipliés, surmultipliés, dans toute
leur gravité, leur cruauté, leur aveuglement. Les habitants des villages les
plus reculés, les moins atteint, les plus tranquilles ont tous déclarés avoir
eu peur du reflet de notre société que montrait le petit écran. L’incompréhension générale a été à la hauteur
de la colère des élus ( TF Haine de Julien Dray) et des dénégations des
principaux concernés, les médias.
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Pourtant la réaction
de ces électeurs paisibles, vivant dans un coin reculé d’une douce France que
rien ne vient troubler, est-elle aussi étonnante ? Si nous vivons
réellement dans un village global, si devant notre écran de télévision les
distances ne sont plus effectivement les mêmes, réduites, effacées, noyées. Si
l’autre, que nous ne connaissons pas, nous est devenu proche comment dès lors
s’étonner que chacun réagisse à la violence qui lui est faite avec la même
intensité que si l’acte avait été commis devant notre porte, à l’une de nos
connaissances.
Les distances ne sont
plus les mêmes. De fait, notre relation avec l’autre n’est plus le même non
plus, surtout s’il vous a accepté en « ami » et qu’il vous
« like ».



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