mercredi 30 juillet 2014

Les nouvelles distances.

Notre perception des distances d’hier est-elle encore la même aujourd’hui ?  Et notamment lorsque nous sommes devant notre poste de télévision.
Le village global, inventé et théorisé par Mac Luhan, est un concept largement et communément admis et, partagé. L’inconscient collectif en a pris possession sous une forme ou une autre, en fonction de chaque individu. Pouvait-il en être autrement ?

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De plus, nous sommes entrés de plein pied dans la société de l’information. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les réseaux sociaux sont là pour abolir les distances, se moquer des frontières, faire fi des nations, des cultures et des langues. Le temps s’est également considérablement raccourci. Nous sommes donc tous devenu le voisin planétaire du premier internaute branché, qu’il réside dans notre rue ou qu’il habite à l’autre bout de la planète. Qu’importe, il appartient à la même communauté humaine, membre du même village global. Il est par conséquent l’une de nos relations, un concitoyen, notre ami, notre voisin, notre frère. Bref, un très proche.

Il n’est pas peu dire que cette conception de l’utilisation des moyens  de l’information et des communications, de l’utilité des médias est devenue une évidence. Elle est leur raison d’être et de croître.
Une  conception qui a été, est et continue de nous être affirmée en toute circonstance, répétée à l’envie, rabâchée tant et si bien que, comme pour la méthode Coué, nous avons, même involontairement, même inconsciemment, intégré cette nouvelle situation. Est-ce un mal ? Probablement que non. Reste que comme pour tout système des effets pervers peuvent apparaître.

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L’élection présidentielle française de 2002 en révèle un des aspects les plus frappants. Souvenons-nous. Le candidat d’extrême droite se qualifie pour le second tour des présidentielles, laissant le candidat de la gauche plurielle, avec moins de 200 000 voix de différence, disparaître de la scène politique.
Tous les médias confondus se sont alors plongés dans la « France profonde », immergé avec la « France d’en bas » pour comprendre, chercher vainement des explications à ce coup de tonnerre, à ce séisme politique. Rappelons-nous simplement de ce qui est ressorti de toute cette masse.

L’insécurité ayant était au cœur de cette campagne, les médias se sont aussitôt emparés du sujet, se faisant l’écho, de façon plus ou moins responsable, avec force reportage, plus ou moins objectif, parfois de manière racoleuse, montrant l’extrême violence de notre société. Les exemples d’une insécurité quotidienne, dont personne n’était plus à l’abris, se sont multipliés, surmultipliés, dans toute leur gravité, leur cruauté, leur aveuglement. Les habitants des villages les plus reculés, les moins atteint, les plus tranquilles ont tous déclarés avoir eu peur du reflet de notre société que montrait le petit écran.  L’incompréhension générale a été à la hauteur de la colère des élus ( TF Haine de Julien Dray) et des dénégations des principaux concernés, les médias.

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Pourtant la réaction de ces électeurs paisibles, vivant dans un coin reculé d’une douce France que rien ne vient troubler, est-elle aussi étonnante ? Si nous vivons réellement dans un village global, si devant notre écran de télévision les distances ne sont plus effectivement les mêmes, réduites, effacées, noyées. Si l’autre, que nous ne connaissons pas, nous est devenu proche comment dès lors s’étonner que chacun réagisse à la violence qui lui est faite avec la même intensité que si l’acte avait été commis devant notre porte, à l’une de nos connaissances.
Les distances ne sont plus les mêmes. De fait, notre relation avec l’autre n’est plus le même non plus, surtout s’il vous a accepté en « ami » et qu’il vous « like ». 



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