Il est de bon ton aujourd’hui de déclarer, de
manière péremptoire, que notre démocratie est malade. Le diagnostic nous est
répété tant et si bien que même à notre humble niveau nous relayons cette
pensée dominante. Mais qu’en est-il vraiment de cette assertion qui nous
est assénée à longueur de discours, d’articles et d’ouvrages ?
Ce qui est
exact c’est que de grands mouvements populaires se développent, mouvements de
protestations, mouvements engagés, qu’ils soient écologiste, féministe, anti-nucléaire,
anti-mondialiste….
Mais quelles
sont les questions posées et quelles réponses apportons-nous ?
Les
manifestants d’aujourd’hui disent-ils
que la démocratie leur apparaît malade ou plutôt qu’elle doit nécessairement
évoluer, qu’ils veulent participer à ce changement et que désormais les grandes
décisions ne doivent plus se prendre sans eux.
Plutôt qu’un
rétablissement ne réclament-ils pas une remise à plat des pratiques
démocratiques ? La démocratie est-elle à soigner ou à transformer ?
Depuis la
Grèce antique la démocratie n’a cessé d’évoluer, pourquoi devrait-elle soudain
arrêter son parcours ? En quoi les mouvements actuels ne seraient pas
l’annonce de cette évolution ? Ne sont-ils pas tout simplement les signes
de cette recherche, d’un retour à une autre forme d’agora, par exemple, plus
moderne, plus vaste, plus rapide ?
Noam Chomsky
écrit que : « En dépit de tout, les gens développent leur
capacité et leur volonté de réfléchir en profondeur. Le scepticisme envers le
pouvoir s’accroît et, à l’égard de nombreux problèmes, les attitudes se sont
transformées. C’est assez lent, peut-être même excessivement lent, mais ce
phénomène est perceptible et important. Que cela puisse se produire
suffisamment vite pour avoir un impact significatif sur ce qui se passe dans le
monde, c’est là une autre question. »
Nous sommes tous
d’accord pour affirmer qu’Internet engendre une nouvelle société. Une société
de l’information et de l’instantanée est semble-t-il en gestation. Du coup, on
peut très logiquement poser la même question d’une évolution balbutiante à
propos de notre démocratie.
Le temps et la vitesse sont-ils devenus une
donnée fondamentale aujourd’hui. Il n’y a qu’à voir l’importance que prennent
les chaînes d’information continue dans le débat politique actuel et le
déroulement des campagnes électorales.
Tout est fait
dorénavant, organisé, chronométré en fonction de ces nouvelles chaînes de
télévision.
Notre force
est notre capacité à créer, rebondir, réinventer l’avenir, à élaborer de
nouvelles solutions à mesure que les difficultés, les embûches, les erreurs se
dressent, s’accumulent, s’embusquent sur notre chemin.
L’évolution
est indispensable au risque de voir tous les populismes prendre le dessus.
Les récentes manifestations et les résultats des dernières élections, n’en sont-ils pas les
premiers signes avant coureur ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire