lundi 4 août 2014

Que faut-il penser de notre démocratie ?


Il est de bon ton aujourd’hui de déclarer, de manière péremptoire, que notre démocratie est malade. Le diagnostic nous est répété tant et si bien que même à notre humble niveau nous relayons cette pensée dominante. Mais qu’en est-il vraiment de cette assertion qui nous est assénée à longueur de discours, d’articles et d’ouvrages ?

Ce qui est exact c’est que de grands mouvements populaires se développent, mouvements de protestations, mouvements engagés, qu’ils soient écologiste, féministe, anti-nucléaire, anti-mondialiste….
Mais quelles sont les questions posées et quelles réponses apportons-nous ?
Les manifestants d’aujourd’hui  disent-ils que la démocratie leur apparaît malade ou plutôt qu’elle doit nécessairement évoluer, qu’ils veulent participer à ce changement et que désormais les grandes décisions ne doivent plus se prendre sans eux.

Plutôt qu’un rétablissement ne réclament-ils pas une remise à plat des pratiques démocratiques ? La démocratie est-elle à soigner ou à transformer ?
Si nous acceptons l’idée que la démocratie souffre d’une maladie, nous devons par devoir de chercher le remède pour l’aider à revenir à son état antérieur.
Depuis la Grèce antique la démocratie n’a cessé d’évoluer, pourquoi devrait-elle soudain arrêter son parcours ? En quoi les mouvements actuels ne seraient pas l’annonce de cette évolution ? Ne sont-ils pas tout simplement les signes de cette recherche, d’un retour à une autre forme d’agora, par exemple, plus moderne, plus vaste, plus rapide ?

Noam Chomsky écrit que : « En dépit de tout, les gens développent leur capacité et leur volonté de réfléchir en profondeur. Le scepticisme envers le pouvoir s’accroît et, à l’égard de nombreux problèmes, les attitudes se sont transformées. C’est assez lent, peut-être même excessivement lent, mais ce phénomène est perceptible et important. Que cela puisse se produire suffisamment vite pour avoir un impact significatif sur ce qui se passe dans le monde, c’est là une autre question. »
Nous sommes tous d’accord pour affirmer qu’Internet engendre une nouvelle société. Une société de l’information et de l’instantanée est semble-t-il en gestation. Du coup, on peut très logiquement poser la même question d’une évolution balbutiante à propos de notre démocratie.

Le temps et la vitesse sont-ils devenus une donnée fondamentale aujourd’hui. Il n’y a qu’à voir l’importance que prennent les chaînes d’information continue dans le débat politique actuel et le déroulement des campagnes électorales.
Tout est fait dorénavant, organisé, chronométré en fonction de ces nouvelles chaînes de télévision.

Notre force est notre capacité à créer, rebondir, réinventer l’avenir, à élaborer de nouvelles solutions à mesure que les difficultés, les embûches, les erreurs se dressent, s’accumulent, s’embusquent sur notre chemin.
L’évolution est indispensable au risque de voir tous les populismes prendre le dessus.

Les récentes manifestations et les résultats des dernières élections, n’en sont-ils pas les premiers signes avant coureur ?  

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