Émettre est une chose, être reçu en est une autre. En effet, émettre une information ne
suffit plus. Il faut obligatoirement créer les conditions de sa bonne
réception.
De
plus, il est nécessaire de veiller à ce que cette information puisse sortir du
lot. C’est un paradoxe, l’uniformisation des messages croît avec la
massification des médias. D’autant que les avancées technologiques rendent
l’accès à l’information de plus en plus facile. « Près de la moitié de la
population française possède un smart phone et donc trimbale Internet dans sa
poche, allant jusqu’à y passer deux heures en moyenne par jour »
(Aujourd’hui en France du 24 août 2014).
On
est bien loin de la plaquette d’argile cuit vieille de 3000 ans et considérée
comme le plus vieux texte écrit et déchiffrable en Europe. Elle a été
découverte en 2011 sur une colline d’Ikléna à 300 km au sud-ouest d’Athènes (le
Monde du 8 avril 2011). Pour la petite histoire probablement d’un document
financier. ,
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Faire
la différence devient de plus en plus difficile face à un déferlement
grandissant, d’informations, d’opinions, de faits plus ou moins vérifiés ou
vérifiables et les tentatives de manipulation. Le web est sans frontière et il
faut donc se positionner au niveau mondial où l’on dénombre 500 millions de
surfeurs et 250 millions de micro bloggeurs. En mai 2006, il existait déjà 35,3
millions de blogs référencés dans le monde. Ils étaient 50 millions 3 mois plus
tard. La même année, en France, trois millions d’internautes avaient créé leur
blog en un trimestre. C’est dire si la blogosphère ne cesse de croître chaque
année.
En
2008, le magazine l’Express nous apprend que 72% des 11-15 ans utilisent une
messagerie instantanée, que 38% disposent d’un blog et que 36% jouent en
réseau. Depuis, les choses n’ont fait que s’amplifier.
La
même année, dans la revue « Débat » Bernard Boulet et Vincent Giret
s’interrogent dans « La fin des journaux » sur « le manque de
fiabilité de très nombreux sites » et se demande « comment une
« opinion publique » peut se former dans un contexte de dispersion et
de fragmentation de l’offre d’information ? ».
L’hypertrophie
de la blogosphère pose donc une double
question : sur sa fiabilité d’abord mais aussi sur la capacité à se faire
entendre dans ce qui ressemble de plus en plus à une jungle ?
Sur
ce dernier point, je repense à la règle simple d’Alain Cayzac, le C de RSCG,
qui au bout de quarante ans d’expérience aime à rappeler cette loi universelle
de la communication « Si l’on veut être entendu, il faut commencer par
parler plus fort que son voisin » (« Tout ce qu’on ne m’a pas appris
à l’école » éditions Le Poche du Moment).
En
grand professionnel du marketing, il ajoute que lorsque que l’on cherche à
faire connaître un produit, quel qu’il soit,
il faut d'abord réfléchir à savoir « En quoi est-il unique ? Comment éviter de finir noyé dans la masse des ses concurrents ? Traquer
l’argument qui va faire mouche auprès de monsieur et madame tout-le monde, dans
son quotidien. Cette singularité, elle est souvent ténue, il faut alors ruser,
l’amplifier, insister sur son importance ».

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