mardi 26 août 2014

Émettre est une chose, être reçu en est une autre

Émettre est une chose, être reçu en est une autre. En effet, émettre une information ne suffit plus. Il faut obligatoirement créer les conditions de sa bonne réception.

De plus, il est nécessaire de veiller à ce que cette information puisse sortir du lot. C’est un paradoxe, l’uniformisation des messages croît avec la massification des médias. D’autant que les avancées technologiques rendent l’accès à l’information de plus en plus facile. « Près de la moitié de la population française possède un smart phone et donc trimbale Internet dans sa poche, allant jusqu’à y passer deux heures en moyenne par jour » (Aujourd’hui en France du 24 août 2014).

On est bien loin de la plaquette d’argile cuit vieille de 3000 ans et considérée comme le plus vieux texte écrit et déchiffrable en Europe. Elle a été découverte en 2011 sur une colline d’Ikléna à 300 km au sud-ouest d’Athènes (le Monde du 8 avril 2011). Pour la petite histoire probablement d’un document financier. ,

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Faire la différence devient de plus en plus difficile face à un déferlement grandissant, d’informations, d’opinions, de faits plus ou moins vérifiés ou vérifiables et les tentatives de manipulation. Le web est sans frontière et il faut donc se positionner au niveau mondial où l’on dénombre 500 millions de surfeurs et 250 millions de micro bloggeurs. En mai 2006, il existait déjà 35,3 millions de blogs référencés dans le monde. Ils étaient 50 millions 3 mois plus tard. La même année, en France, trois millions d’internautes avaient créé leur blog en un trimestre. C’est dire si la blogosphère ne cesse de croître chaque année.

En 2008, le magazine l’Express nous apprend que 72% des 11-15 ans utilisent une messagerie instantanée, que 38% disposent d’un blog et que 36% jouent en réseau. Depuis, les choses n’ont fait que s’amplifier.

La même année, dans la revue « Débat » Bernard Boulet et Vincent Giret s’interrogent dans « La fin des journaux » sur « le manque de fiabilité de très nombreux sites » et se demande « comment une « opinion publique » peut se former dans un contexte de dispersion et de fragmentation de l’offre d’information ? ».

L’hypertrophie de la blogosphère  pose donc une double question : sur sa fiabilité d’abord mais aussi sur la capacité à se faire entendre dans ce qui ressemble de plus en plus à une jungle ?

Sur ce dernier point, je repense à la règle simple d’Alain Cayzac, le C de RSCG, qui au bout de quarante ans d’expérience aime à rappeler cette loi universelle de la communication «  Si l’on veut être entendu, il faut commencer par parler plus fort que son voisin » (« Tout ce qu’on ne m’a pas appris à l’école » éditions Le Poche du Moment).

En grand professionnel du marketing, il ajoute que lorsque que l’on cherche à faire connaître un produit, quel qu’il soit,  il faut d'abord réfléchir à savoir « En quoi est-il unique ? Comment éviter de finir noyé dans la masse des ses concurrents ? Traquer l’argument qui va faire mouche auprès de monsieur et madame tout-le monde, dans son quotidien. Cette singularité, elle est souvent ténue, il faut alors ruser, l’amplifier, insister sur son importance ».

Se faire entendre dépend donc de notre capacité à bien le dire et en insistant sur ce qui fait la différence. Il y a le fond et la forme. C’est aussi le cas dans un échange entre deux personnes : les mots prononcés comptent pour 7% dans le message reçu, l’intonation pour 38% et la gestuelle pour 55%. 

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