La
communication est devenue un fourre-tout. Tout y passe, les fautes, les
erreurs, les oublis ou le manque de préparation.
Tout
le monde se pique d’être un connaisseur averti. Il y a plus de 60 millions de
communicants en France et quelques milliards sur la terre.
Si
c’était si simple, tous nos problèmes seraient déjà résolus depuis longtemps.
Tout
le monde à sa petite idée sur le sujet, et pourtant rien avance.
C’est
une constante, plus il y a de personne s’en mêle, plus une situation devient
chaotique. Beaucoup ne savent pas vraiment de quoi il parle.
Cela
est vrai au niveau du gouvernement que dans l’entreprise, dans une collectivité
ou une association.
La
communication est un métier avec des techniques, des règles, des stratégies à
appliquer. Il faut éviter les « couacs ».
C’est
un long apprentissage, fait d’essais et d’erreurs si chers à Karl Popper. C’est
un ensemble de disciplines qui sont autant de spécialité.
La
communication ne s’improvise pas. Elle ne tolère pas l’amateurisme. Elle
supporte très mal les improvisations et la gestion au doigt mouillé.
Beaucoup
par le communication alors qu’il s’agit bien souvent de tout autre chose, du
marketing par exemple.
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La
communication fait très souvent figure de coupable idéal. La moindre erreur, le
plus petit retard dans un projet, une mauvaise commande, un oubli ou une
préparation incomplète, c’est aussitôt la faute à un manque ou une absence de
communication. Mais c’est tellement évident !
La
responsabilité devient aussitôt diffuse et ne peut être imputé à quelqu’un en
particulier. C’est si facile, si pratique, si déresponsabilisant.
Il
s’agit souvent d’une question de management, de gestion de projet ou encore de
mauvaise décision mais tout mettre sur le dos de la communication et si
tentant, si déculpabilisant. C’est la facilité et l’évitement.
Il
n’est pas question de faire la leçon à qui que ce soit, mais de mettre en
évidence que la plupart du temps la « communication » à bon dos,
surtout quand il n’en est pas question.
La
communication est un processus qui permet l’explication, la compréhension, la
transmission. C’est convaincre. Le
marketing s’est satisfaire, influencer et créer un besoin.
Aujourd’hui,
un homme politique est d’abord jugé sur sa capacité à bien communiquer. Quant à
ses convictions, ses idées, ses projets, ce ne sont que des préoccupations de
second ordre. Le storytelling devient une manière de mettre en scène sa vie
publique. Les séquences viennent rythmer les agendas médiatiques de tous les
responsables politiques qui se respectent.
La
polémique, la controverse et la petite
touche people viennent à propos pour relancer l’intérêt du public qui
s’émousse pour une personnalité.
Le
silence devient l’arme de ceux qui se sont crachés afin de retrouver une
virginité, une aura. Ne rien dire attire la curiosité et donne plus d’impact
aux rares mots prononcés. C’est un phénomène bien connu. Une cure régénératrice
qui a profité à beaucoup de leader politique : Mitterrand, Chirac, Juppé,
Sarkozy…
L’absence
de communication devient la meilleure des communications. L’absence de parole
devient signifiante. La rareté devient prestige. C’est la grande théorie de
Jacques Pilhan, le communicant de François Mitterrand et de Jacques Chirac.
« Le sorcier de l’Elysée » comme l’a surnommé François Bazin dans un excellent ouvrage (éditions PLON). Créer
ou recréer le désir, voilà ce que permet la rareté de parole, du moment qu’elle
soit bien contrôlé pour qu’elle ne conduise pas à l’absence, puis au désintérêt
avant l’oubli.
On
le voit, la communication s’est davantage et bien mieux que ce que l’on veut en
faire à force de l’employer à mauvais escient, de la rendre responsable de tous
les maux, de l’utiliser comme bouclier protecteur, bien souvent de nos propres
erreurs. La phrase « je ne suis pas
un spécialiste de la communication mais je pense que… » me rend
immédiatement méfiant. Je l’ai trop entendu et quasiment toujours pour échapper
à ses responsabilités.

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