samedi 25 juin 2016

Le journalisme qui donne envie d’agir

En journalisme, il existe un grand principe que Franck Reuven, ancien président de NBC News, définit ainsi « Les nouvelles sont quelques choses dont les gens ne savent pas que ça les intéresse avant qu’on leur en parle. Le travail du journaliste est de prendre ce qui est important et de le rendre intéressant. » Encore faut-il s’entendre sur ce qui est important.

Le journalisme de solution
Un courant, de plus en plus important, affirme que les lecteurs, téléspectateurs, auditeurs ou encore internautes recherchent des solutions plutôt que des problèmes. Il s’agit du journalisme « d’impact » ou encore « positif », « constructif », « de solution ». Quelque soit le nom, l’intention est la même : un journalisme qui met en avant les initiatives sociales et environnementales.

Le «Guardian», quotidien britannique, propose désormais une nouvelle rubrique d’informations constructives. Le "Impact Journalism Day" voit publier le "Libé des solutions" ou encore "Ouest France des solutions". Depuis 2012, «Sparknews» est une plateforme de contenus médias qui met en valeur les projets des citoyens et entrepreneurs sociaux. Aux Etats-Unis le réseau du journalisme de solutions a vu le jour. Au Danemark, un cours de journalisme constructif est dispensé depuis 2013.

L’information angélique ?
Les réticences à cette forme de journalisme sont encore très fortes. Un article de « La Croix » s’interroge « C’est leur assimilation à la propagande qui les décrédibilise auprès du public. Aujourd’hui encore cet engagement résolument « optimiste » pose la question des frontières entre journalisme et communication. Le journalisme peut-il promouvoir les initiatives sans se transformer en agent publicitaire ? ». Pour Christopher Dawson, producteur pour CNN, « On allume son poste parce que des gens meurent. » Eleonor Mills, journaliste anglaise du Sunday Times constate que les journalistes sont plus habitués à « creuser, chercher ce qui ne fonctionne pas. »

Les nouvelles positives
« On est actuellement face à un journalisme de peur, qui surtraite certains sujets » constate le journaliste Eric Turpin et auteur de l’essai «  Les défricheurs ». Face à cela, les nouvelles positives ne peuvent être cantonné « aux chats qui font du skateboard ou à ces vidéos de soldats américains retrouvant leurs enfants » rappelle le quotidien « Le Monde ». Pour le « Guardian » « Ce ne sont pas des « bonnes nouvelles », mais un journalisme constructif, centré sur les solutions et les réponses, sans pour autant les approuver. » L’association « Reporters d’espoirs » défend également  l’idée que les journalistes peuvent aussi donner envie d’agir.


Sources :
   « Désormais, le « Guardian » préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide », le Monde du 8 juin 2016
. « Pour un journalisme constructifs », www.courantpositif.fr
. « Le journalisme d’impact ou comment donner envie d’agir », www.lexpresse.fr
. « Le journalisme de solution, une solution pour le journalisme ? », www.franceculture.fr
. « A l’heure du journalisme de solution », www.la-croix.com


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