En
journalisme, il existe un grand principe que Franck Reuven, ancien président de
NBC News, définit ainsi « Les
nouvelles sont quelques choses dont les gens ne savent pas que ça les intéresse
avant qu’on leur en parle. Le travail du journaliste est de prendre ce qui est
important et de le rendre intéressant. » Encore faut-il s’entendre sur
ce qui est important.
Le journalisme de solution
Un
courant, de plus en plus important, affirme que les lecteurs,
téléspectateurs, auditeurs ou encore internautes recherchent des solutions
plutôt que des problèmes. Il s’agit du journalisme « d’impact » ou
encore « positif », « constructif », « de
solution ». Quelque soit le nom, l’intention est la même : un journalisme
qui met en avant les initiatives sociales et environnementales.
Le
«Guardian», quotidien britannique, propose désormais une nouvelle
rubrique d’informations constructives. Le "Impact Journalism Day" voit publier le "Libé
des solutions" ou encore "Ouest France des solutions". Depuis
2012, «Sparknews» est une plateforme de contenus médias qui met en
valeur les projets des citoyens et entrepreneurs sociaux. Aux Etats-Unis le
réseau du journalisme de solutions a vu le jour. Au Danemark, un cours de
journalisme constructif est dispensé depuis 2013.
L’information angélique ?
Les
réticences à cette forme de journalisme sont encore très fortes. Un article de
« La Croix » s’interroge « C’est
leur assimilation à la propagande qui les décrédibilise auprès du public. Aujourd’hui encore cet engagement résolument « optimiste » pose la
question des frontières entre journalisme et communication. Le journalisme
peut-il promouvoir les initiatives sans se transformer en agent publicitaire ? ».
Pour Christopher Dawson, producteur pour CNN, « On allume son poste parce que des gens meurent. » Eleonor
Mills, journaliste anglaise du Sunday Times constate que les journalistes sont
plus habitués à « creuser, chercher
ce qui ne fonctionne pas. »
Les nouvelles positives
« On est actuellement face à un journalisme de
peur, qui surtraite certains sujets » constate le journaliste Eric
Turpin et auteur de l’essai « Les
défricheurs ». Face à cela, les nouvelles positives ne peuvent être
cantonné « aux chats qui font du
skateboard ou à ces vidéos de soldats américains retrouvant leurs enfants »
rappelle le quotidien « Le Monde ». Pour le « Guardian »
« Ce ne sont pas des « bonnes
nouvelles », mais un journalisme constructif, centré sur les solutions et
les réponses, sans pour autant les approuver. » L’association
« Reporters d’espoirs » défend également l’idée que les journalistes peuvent aussi
donner envie d’agir.
Sources :
« Désormais,
le « Guardian » préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié
vide », le Monde du 8 juin 2016
. « Pour
un journalisme constructifs », www.courantpositif.fr
. « Le
journalisme d’impact ou comment donner envie d’agir », www.lexpresse.fr
. « Le
journalisme de solution, une solution pour le journalisme ? », www.franceculture.fr
. « A
l’heure du journalisme de solution », www.la-croix.com
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