vendredi 23 juin 2017

La communication du rebond

Un échec, un mauvais lancement, une stratégie défaillante, une érosion lente et inexorable du chiffre d’affaire… les accrocs qu’une entreprise ou une personne peuvent vivre tout au long de leurs parcours sont quasi infinis. Ces déconvenues  font parties de la vie. Mais certains coups sont plus durs que d’autres à encaisser. Que ce soit une réorganisation ratée ou une promotion qui vous échappe, des investissements désastreux ou une maladie qui remet en cause vos projets,  un incident qui met à mal votre image de marque ou un échec électoral… les mauvaises passes, les coups d’arrêts ne manquent pas. Encore faut-il savoir comment y faire face et comment faire pour rebondir. Là encore la communication a une part importante dans ce type de processus. Il faut faire appel à tous les moyens humains, matériels, créatifs et psychologiques pour y parvenir.  

Une stratégie du rebond
Photo-libre.fr 
Mais comment monter une bonne stratégie de communication du rebond ? Cela ne peut pas être un simple plan de communication traditionnel, car nous sommes beaucoup plus proches de la communication de crise. Mais cette dernière ne peut pas être suffisante car la communication du rebond doit vous repositionner, vous redonner une crédibilité, vous réinstaller une situation, réhabiliter votre expertise. Elle ne peut être qu’un simple jeu de défense. Il faut retourner à l’attaque, à une touche de balle, rapide, agile et efficace (pour filer la métaphore footballistique que tout le monde aime bien).

Les élections législatives de 2017 peuvent servir d’exemples dans un certains nombres de cas. En effet, nous avons pu constater que des candidats en 2012 ne rassemblaient que 1,6%, 2,3 % ou 3,8 % et que cinq ans plus tard ces mêmes personnes rassemblaient, au premier tour, 28,6%, 36,2% et 31,2%. Le quotidien « Libération » constatait dans un article du 16 juin 2017 que «  Qu’est-ce qui a changé … ? Une étiquette. Ou plutôt, ce qui est associé à l’étiquette. »  C’est tout.

Naviguer entre les torrents
Je ne parle ici, ni de « l’effet rebond » en économie, ni du « taux de rebond » en marketing, dont les aspects sont plutôt, voire largement négatifs dans ces matières. En psychologie on appelle cela « la résilience ». Nous sommes, à l’évidence, beaucoup plus proche de cette capacité mentale à résister. « L’art de naviguer entre les torrents » comme le définit le célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik.

Viré d’Apple, Steve Jobs crée « NEXT »  tout aussitôt et met en scène médiatiquement, dans un show dont il a le secret,  le lancement du « Blake Cube »  qui cible le marché de l’éducation et qui n’a pourtant pas d’OS, de système d’exploitation. Steve Jobs a passé du temps afin de créer une anomalie optique du cube. L’aspect visuel est à ce moment-là plus important pour sa communication. Le Système d’exploitation ne verra le jour qu’un an plus tard et sera racheté par Apple. Ce qui signe le retour de Steve Jobs qui sortira l’I.Mac qui sera un succès énorme notamment sur le marché…  de l’éducation. Le Film « Steve Jobs » de Danny Boyle retrace à merveille cet épisode.

Le sort à ses retours
Sénèque écrivait « triste ou riant, le sort a ses retours » avant d’ajouter «  Te voilà au fond de l’abîme c’est l’heure de te relever. De l’adversité on passe à de meilleurs destins… » Parler juste, parler vrai, parler au bon moment, au bon endroit, aux bonnes personnes, c’est simple à énoncer, presque comme des évidences, mais c’est beaucoup plus difficile à mettre en pratique de manière efficace, productive, ciblée, économe et dans un mouvement en crescendo.

Lorsque l’on évoque la capacité de quelqu’un à rebondir, nous avons tous à l’esprit le Phoenix, cet oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Le Phoenix ne meurt Jamais, il est le symbole de la renaissance, de l’immortalité et du soleil. Il est cet exemple indéfinissable  auquel on peut, sans peine, s’identifier. Nous sommes tous des Phoenix en puissance.

De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace
Il faut prendre la décision de se battre. Il faut connaitre sa situation réelle et savoir ou  on veut aller. Est-ce l’occasion de faire des changements que l’on n‘aurait peut-être pas entrepris autrement ? Pourquoi pas, la question mérite d’être posée. Il faut mobiliser les ressources restantes, celles que l’on peut trouver et celles que l’on doit inventer. Il faut bien se dire que l’on n’y arrivera jamais seul. Il faut miser sur le meilleur. Il faut souvent faire preuve d’audace et avoir de la persévérance.


Une fois les réponses apportées, il est temps de communiquer. Comment, pourquoi, pour qui ? La stratégie de rebond se met en place. Il existe des méthodes, des approches, des recettes, peut-être des secrets et parfois... des miracles. Mais là, chut !  C’est entre un communicant et son client. 

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