La
communication c’est de transmettre un message. C’est sa fonction
principale.
Bien
que l’émotion soit aujourd’hui l’un des vecteurs essentiels de
cette transmission, tout est maîtrisé, encadré, mesuré. C’est
l’émotion sans la spontanéité. Faut-il le regretter ou non ?
La communication a-t-elle intérêt à intégrer de la spontanéité ?
Sur
l’autel de la prudence
A
l’heure de l’hyper communication, des réseaux sociaux et des bad
buzz à emballement instantané, plus rien ne semble naturel, tant
les risques sont grands. Le contrôle se fait au détriment du vrai,
de la simplicité, de la franchise dans beaucoup de cas. La
spontanéité est sacrifiée sur l’autel de la prudence et du
principe de précaution. L’aspérité est gommée, l’altérité
est lissée. L’ennui est à nos portes.
Nos
responsables politiques ne dévient plus d’un iota des éléments
de langage au point de devenir « langue de bois » afin
d’éviter les fameux couacs. « Couacs » un terme
d’aujourd’hui qui symbolise parfaitement cette tendance morbide à
ne plus accepter que les politiques ne soient, en définitive, que
des femmes et des hommes et non des robots préenregistré. La part
humaine, faillible de tout un chacun a donc disparu.
Il
en va de même pour les dirigeants d’entreprises, la moindre parole
décalée est tout aussitôt reprise, sortie du contexte où elle a
été prononcée et exploitée au-delà du raisonnable parfois.
L’erreur est humaine disait-on autrefois, mais plus aujourd’hui,
c’est devenu interdit. La moindre parole hors norme est qualifiée
de dérapage. Et il faut bien dire que les normes sont étroites de
nos jours.
Une
communication aseptisée
La
communication est tout aussi aseptisée. « Le
poids des mots et le choc des photos »
sont d’une époque lointaine. Plus rien de particulier, d’étonnant,
d’un tant soit peu provocateur n’est autorisé sous peine d’être
épinglé, montré du doigt, agonie.
Dans
d’autres domaines, c’est tout aussi vrai. Ne prenons que le cas
des humoristes, ils ne s’autorisent plus grand-chose. Où sont nos
Desproges ou nos Coluche ?
Nous
sommes les premiers responsables
Nous
en sommes les premiers acteurs et les premiers responsables. C’est
nous qui naviguons sur le réseau social de l’ennui qu’est
devenu Facebook et qui propageons ces Bad buzz. Nous en sommes
parfois à l’initiative. Mais c’est aussi nous qui reprochons à
nos responsables politiques, économiques ou à nos artistes d’être
trop « langue de bois ».
Vieux
ringard
Je
sais bien que de dire cela me fera immédiatement classé dans les
« c’était mieux avant ». Et tant pis si c’est le
cas. J’assume de ne pas me satisfaire d’une situation qui ne me
semble pas positive même si elle actuelle. Cela voudrait dire qu’il
faut tout accepter d’aujourd’hui du fait même que c’est du
présent et regarder le passé comme ringard. C’est un peu rapide
et je n’ai pas ce regard méprisant pour ce qu’on fait et
construit nos prédécesseurs.
Les
réseaux de l’ennui
Ce
n’est pas parce que nous nous ennuyons, seul, devant nos écrans,
que nous devons en vouloir à nos anciens qui devaient bien se
marrer, ensemble, en laissant la spontanéité diriger leurs
conversations et leur faire commettre des erreurs de langage qui
deviendront, au final, les sujets de leurs prochaines blagues.
Mais
aujourd’hui, nous traînons notre ennui sur les réseaux sociaux.
Nous ne savons pas quoi faire de nos vies alors nous cherchons chez
les autres la moindre faiblesse que nous pourrons exploiter. Parce
que c’est bien là le point crucial : la spontanéité est
exploitée comme une faiblesse. Si c’est cela que l’on appelle
progrès !
Un
texte spontané
Ce
texte est écrit d’un jet, spontanément. Et tant pis si je
bougonne un peu. Et tant mieux s’il met un peu de vie chez ceux qui
utilisent les réseaux sociaux pour nous dire qu’ils ne font rien
ou nous proposer la photo de leurs assiettes.
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