jeudi 22 février 2018

La spontanéité en communication


La communication c’est de transmettre un message. C’est sa fonction principale.
Bien que l’émotion soit aujourd’hui l’un des vecteurs essentiels de cette transmission, tout est maîtrisé, encadré, mesuré. C’est l’émotion sans la spontanéité. Faut-il le regretter ou non ? La communication a-t-elle intérêt à intégrer de la spontanéité ?

Sur l’autel de la prudence
A l’heure de l’hyper communication, des réseaux sociaux et des bad buzz à emballement instantané, plus rien ne semble naturel, tant les risques sont grands. Le contrôle se fait au détriment du vrai, de la simplicité, de la franchise dans beaucoup de cas. La spontanéité est sacrifiée sur l’autel de la prudence et du principe de précaution. L’aspérité est gommée, l’altérité est lissée. L’ennui est à nos portes.

Nos responsables politiques ne dévient plus d’un iota des éléments de langage au point de devenir « langue de bois » afin d’éviter les fameux couacs. «  Couacs » un terme d’aujourd’hui qui symbolise parfaitement cette tendance morbide à ne plus accepter que les politiques ne soient, en définitive, que des femmes et des hommes et non des robots préenregistré. La part humaine, faillible de tout un chacun a donc disparu.

Il en va de même pour les dirigeants d’entreprises, la moindre parole décalée est tout aussitôt reprise, sortie du contexte où elle a été prononcée et exploitée au-delà du raisonnable parfois. L’erreur est humaine disait-on autrefois, mais plus aujourd’hui, c’est devenu interdit. La moindre parole hors norme est qualifiée de dérapage. Et il faut bien dire que les normes sont étroites de nos jours.

Une communication aseptisée
La communication est tout aussi aseptisée. « Le poids des mots et le choc des photos » sont d’une époque lointaine. Plus rien de particulier, d’étonnant, d’un tant soit peu provocateur n’est autorisé sous peine d’être épinglé, montré du doigt, agonie.

Dans d’autres domaines, c’est tout aussi vrai. Ne prenons que le cas des humoristes, ils ne s’autorisent plus grand-chose. Où sont nos Desproges ou nos Coluche ?

Nous sommes les premiers responsables
Nous en sommes les premiers acteurs et les premiers responsables. C’est nous qui naviguons sur le réseau social de l’ennui qu’est devenu Facebook et qui propageons ces Bad buzz. Nous en sommes parfois à l’initiative. Mais c’est aussi nous qui reprochons à nos responsables politiques, économiques ou à nos artistes d’être trop « langue de bois ».

Vieux ringard
Je sais bien que de dire cela me fera immédiatement classé dans les « c’était mieux avant ». Et tant pis si c’est le cas. J’assume de ne pas me satisfaire d’une situation qui ne me semble pas positive même si elle actuelle. Cela voudrait dire qu’il faut tout accepter d’aujourd’hui du fait même que c’est du présent et regarder le passé comme ringard. C’est un peu rapide et je n’ai pas ce regard méprisant pour ce qu’on fait et construit nos prédécesseurs.

Les réseaux de l’ennui
Ce n’est pas parce que nous nous ennuyons, seul, devant nos écrans, que nous devons en vouloir à nos anciens qui devaient bien se marrer, ensemble, en laissant la spontanéité diriger leurs conversations et leur faire commettre des erreurs de langage qui deviendront, au final, les sujets de leurs prochaines blagues.
Mais aujourd’hui, nous traînons notre ennui sur les réseaux sociaux. Nous ne savons pas quoi faire de nos vies alors nous cherchons chez les autres la moindre faiblesse que nous pourrons exploiter. Parce que c’est bien là le point crucial : la spontanéité est exploitée comme une faiblesse. Si c’est cela que l’on appelle progrès !

Un texte spontané
Ce texte est écrit d’un jet, spontanément. Et tant pis si je bougonne un peu. Et tant mieux s’il met un peu de vie chez ceux qui utilisent les réseaux sociaux pour nous dire qu’ils ne font rien ou nous proposer la photo de leurs assiettes.

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