La
communication ce sont des techniques qu’il faut apprendre et maîtriser. C’est
la règle de base. C’est pour cela que Jean Michel Goudard écrit dans « Je
vous salue Fiasco » (éditions JC Lattes) « Les règles de ce métier
tiennent en une page et se retiennent en une vie. »
Mais
ce n’est pas suffisant. La communication c’est plus que cela. C’est une
dynamique qui vit à son rythme, avec ses événements particuliers, ses
respirations propres, son tempo, son agenda personnel…
Aucune
communication ne ressemble à une autre communication. Chacune est unique. Cette
conviction faisait que jacques Pilhan, celui qui fit élire deux présidents de
la République, avait pour habitude de ne rien garder, convaincu qu’aucune
action de communication ne ressemblait à une autre. C’est ce que raconte
François Bazin dans son ouvrage « le sorcier de l’Élysée » (éditions
Plon).
Pour
nourrir cette dynamique, il faut être créatif et curieux. Voir, lire, entendre,
découvrir demandent d’être constamment en éveil et de multiplier et varier les
sources d’informations.
Il
faut « vivre » la communication, lui donner un corps, une existence,
une histoire. Une communication se raconte comme on retrace la vie d’un
personnage.
Une
communication est une vision, à un moment donné, qui doit pouvoir se
transformer en mots. Lacan disait « Ce qui ne peut se nommer n’existe
pas ». C’est pareil pour la communication, si elle n’est pas
racontable c’est qu’elle n’existe manifestement pas.
Et
plus c’est simple, mieux c’est. « Less is more » ce mouvement
architectural, symbolisé par Ludwig Mies van der Rohe, s’applique parfaitement
à la communication. Moins c’est plus. Exactement.
Une
communication se comprend immédiatement. Une communication compliquée, ardue,
difficile n’existe pas. Ce n’est pas de la communication. C’est de
l’information, de l’explication, de la justification, tout ce que l’on veut,
mais pas de la communication.
Les
conditions de l’efficacité en communication.
La
communication est une action, c’est la principale et la première leçon qu’il
faut retenir. En communication, j’agis dans un objectif précis. La
communication pour communiquer n’a aucune valeur. On agit seulement pour
atteindre un but. Le vide dans l’action n’existe pas. Reste que l’action de
communication doit être efficace.
Pour
ma part, je vois trois conditions à cette efficacité. Je peux résumer cela à la
règle des 3S : sens, simplicité, sincérité.
Donner
du sens à sa communication, c’est déjà lui assigner un objectif, avant tout
autre chose. Pourquoi j’agis ? C’est la première et indispensable question
à se poser. Le vide se repère très très vite.
La
simplicité est la condition sine qua non de la compréhension. Celle-ci
doit être immédiate. Mais attention, comme le disait Jacques Pilhan
« Faire simple, il n’y a rien de plus compliqué ».
La
communication doit aussi être sincère sinon elle sonne faux. Le mensonge est le
seul défaut qui est impardonnable, surtout en communication et en communication
politique plus encore.
Croire
à sa communication représente le minimum du minimum sans lequel rien n’est
possible.
Si
vous donner du sens, si vous faîte simple et que vous y croyez, vous avez
rassemblé les conditions pour faciliter l’action de communication.
« Ce
que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent
aisément. », cette citation de Nicolas Boileau résume en peu de mots la
règle des 3S.
La
communication n’a rien à voir avec l’art d’avoir toujours raison développer par
Arthur Schopenhauer. La communication est une action de confiance. Il faut de
l’honnêteté dans les intentions et un effort pour se faire comprendre.
La communication est positive
La
communication est essentiellement positive car il s’agit avant tout d’émotion.
Citer
moi une seule campagne insultante qui ait fonctionné.
Salaud,
connard, ordure… ne font pas rêver vous en conviendrez aisément avec moi.
L’insulte est une solution fainéante. La pédagogie de l’insulte n’existe pas. Choquer
par l’insulte ou surprendre par la créativité, le choix s’impose de lui-même.
On se souvient tous de ces campagnes de sensibilisation créatives du type "1
verre ça va…, je suis de la couleur de ceux qu’on persécute, le sida, il ne
passera pas par moi, sortez couvert !, les antibiotiques ce n’est pas
automatique, c’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien mais ça peut vous
sauver la vie" et tant d’autres.
Convaincre
en étant négatif est un concept qui n’existe pas en communication, ni ailleurs
d’ailleurs. On peut arriver à de bons résultats
avec l’émotion.
Pour
faire de la bonne communication, il y a un principe de base, incontournable,
inattaquable : l’émetteur doit se placer dans la peau du récepteur pour
être sûr d’élaborer un message efficace. Il faut définir l’objectif et les cibles
de la communication. En communication une idée qui n’est pas comprise
instantanément n’est pas une bonne idée. Quelle message, quelle image, quelle
réputation, quelle efficacité construire sur la négativité ?
Une
bonne communication raconte d’abord une bonne histoire. Une histoire où se
mélange émotion, arguments et l’espoir à
la fin. Les éléments, les ingrédients sont à chaque fois différents en fonction
des sujets, des objectifs et des situations.
Mais
le principe est toujours le même, il faut une histoire à raconter.
Et
c’est cette histoire qui permet à la communication d’exister, d’être audible,
cohérente et efficace. Une histoire ancre la communication dans une réalité,
une linéarité, une vérité.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire