mardi 14 janvier 2020

La communication ne se résume pas à des techniques


La communication ce sont des techniques qu’il faut apprendre et maîtriser. C’est la règle de base. C’est pour cela que Jean Michel Goudard écrit dans « Je vous salue Fiasco » (éditions JC Lattes) « Les règles de ce métier tiennent en une page et se retiennent en une vie. »
Mais ce n’est pas suffisant. La communication c’est plus que cela. C’est une dynamique qui vit à son rythme, avec ses événements particuliers, ses respirations propres, son tempo, son agenda personnel…
Aucune communication ne ressemble à une autre communication. Chacune est unique. Cette conviction faisait que jacques Pilhan, celui qui fit élire deux présidents de la République, avait pour habitude de ne rien garder, convaincu qu’aucune action de communication ne ressemblait à une autre. C’est ce que raconte François Bazin dans son ouvrage « le sorcier de l’Élysée » (éditions Plon).
Pour nourrir cette dynamique, il faut être créatif et curieux. Voir, lire, entendre, découvrir demandent d’être constamment en éveil et de multiplier et varier les sources d’informations.
Il faut « vivre » la communication, lui donner un corps, une existence, une histoire. Une communication se raconte comme on retrace la vie d’un personnage.
Une communication est une vision, à un moment donné, qui doit pouvoir se transformer en mots. Lacan disait « Ce qui ne peut se nommer n’existe pas ». C’est pareil pour la communication, si elle n’est pas racontable c’est qu’elle n’existe manifestement pas.
Et plus c’est simple, mieux c’est. « Less is more » ce mouvement architectural, symbolisé par Ludwig Mies van der Rohe, s’applique parfaitement à la communication. Moins c’est plus. Exactement.
Une communication se comprend immédiatement. Une communication compliquée, ardue, difficile n’existe pas. Ce n’est pas de la communication. C’est de l’information, de l’explication, de la justification, tout ce que l’on veut, mais pas de la communication.

Les conditions de l’efficacité en communication.
La communication est une action, c’est la principale et la première leçon qu’il faut retenir. En communication, j’agis dans un objectif précis. La communication pour communiquer n’a aucune valeur. On agit seulement pour atteindre un but. Le vide dans l’action n’existe pas. Reste que l’action de communication doit être efficace.
Pour ma part, je vois trois conditions à cette efficacité. Je peux résumer cela à la règle des 3S : sens, simplicité, sincérité.
Donner du sens à sa communication, c’est déjà lui assigner un objectif, avant tout autre chose. Pourquoi j’agis ? C’est la première et indispensable question à se poser. Le vide se repère très très vite.
La simplicité est la condition sine qua non de la compréhension. Celle-ci doit être immédiate. Mais attention, comme le disait Jacques Pilhan « Faire simple, il n’y a rien de plus compliqué ». 
La communication doit aussi être sincère sinon elle sonne faux. Le mensonge est le seul défaut qui est impardonnable, surtout en communication et en communication politique plus encore.
Croire à sa communication représente le minimum du minimum sans lequel rien n’est possible.
Si vous donner du sens, si vous faîte simple et que vous y croyez, vous avez rassemblé les conditions pour faciliter l’action de communication.
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. », cette citation de Nicolas Boileau résume en peu de mots la règle des 3S.
La communication n’a rien à voir avec l’art d’avoir toujours raison développer par Arthur Schopenhauer. La communication est une action de confiance. Il faut de l’honnêteté dans les intentions et un effort pour se faire comprendre.

La communication est positive
La communication est essentiellement positive car il s’agit avant tout d’émotion.
Citer moi une seule campagne insultante qui ait fonctionné.
Salaud, connard, ordure… ne font pas rêver vous en conviendrez aisément avec moi. L’insulte est une solution fainéante. La pédagogie de l’insulte n’existe pas. Choquer par l’insulte ou surprendre par la créativité, le choix s’impose de lui-même. On se souvient tous de ces campagnes de sensibilisation créatives du type "1 verre ça va…, je suis de la couleur de ceux qu’on persécute, le sida, il ne passera pas par moi, sortez couvert !, les antibiotiques ce n’est pas automatique, c’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien mais ça peut vous sauver la vie" et tant d’autres.
Convaincre en étant négatif est un concept qui n’existe pas en communication, ni ailleurs d’ailleurs.  On peut arriver à de bons résultats avec l’émotion.
Pour faire de la bonne communication, il y a un principe de base, incontournable, inattaquable : l’émetteur doit se placer dans la peau du récepteur pour être sûr d’élaborer un message efficace. Il faut définir l’objectif et les cibles de la communication. En communication une idée qui n’est pas comprise instantanément n’est pas une bonne idée. Quelle message, quelle image, quelle réputation, quelle efficacité construire sur la négativité ?

Une bonne histoire à raconter
Une bonne communication raconte d’abord une bonne histoire. Une histoire où se mélange émotion, arguments et l’espoir  à la fin. Les éléments, les ingrédients sont à chaque fois différents en fonction des sujets, des objectifs et des situations.
Mais le principe est toujours le même, il faut une histoire à raconter.
Et c’est cette histoire qui permet à la communication d’exister, d’être audible, cohérente et efficace. Une histoire ancre la communication dans une réalité, une linéarité, une vérité.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire