vendredi 28 mai 2021

Impudeur, polémiques et illusions : les nouvelles réalités numériques !

La sonnerie du téléphone portable au maximum du volume importune tout le monde. Ils hurlent à côté de vous et vous imposent leurs insignifiantes conversations, la plupart du temps en visio. Mais qu’importe ! L’utilisateur est seul au monde et se comporte comme-ci vous n’existiez pas. L’autre est transparent, invisible, insignifiant. Pourquoi s’en préoccuper ?

La société s’individualise de plus en plus et l’autre dérange. Il a le tort d’être là. L’autre doit s’adapter à moi et ce n’est certainement pas à moi de m’adapter à qui que ce soit. Dans ces conditions le contrat social se délite forcément. Une déliquescence qui diffuse un venin qui empoisonne nos valeurs républicaines.

Nous verrons avec le temps si la pandémie du covid 19 a accentué ou pas le phénomène. L’autre est subitement devenu un danger, une cause de maladie, voire de décès. Déjà qu’il dérangeait. Tenir l’autre à distance est la règle. Le soupçon de la contamination est présent en permanence.

Cette période a également renforcé l’utilisation des moyens numérique de communication et l’intensification des comportements impudiques et sans-gêne.  

Une utilisation qui vient en résonnance avec les manières de faire et d’être sur les réseaux sociaux.

 


Tout est polémique

Un clash, un buzz, une polémique sont aujourd’hui la condition sine qua non, d’existence médiatique ou de notoriété numérique. Le jeu consiste à faire des vagues, du hors-piste.

Dans une société d’hyper communication, tout est à notre portée. Les moyens de communication sont désormais des outils du quotidien, avec une facilité d’utilisation déconcertante. Si l’on ajoute à cela l’envie de sortir du lot, tous les ingrédients sont là pour le meilleur parfois, pour le pire bien souvent. Et lorsque ce dernier survient on cherche un coupable, le plus facile, le plus pratique. On dénonce donc les réseaux sociaux.

Mais la technique n’explique pas tout. Elle n’est pas responsable de l’utilisation que nous en faisons. L’accuser c’est se dédouaner à peu de frais.

Nous sommes parfaitement responsables de notre manière d’utiliser  ces outils de communication. Leur facilité est un confort non une explication. C’est se cacher derrière son petit doigt, comme le dit une expression populaire.

Communiquer, quel que soit le contenu, est une action consciente. Il y a d’abord une pensée puis des manipulations techniques qui demandent une volonté, la mise en œuvre de connaissances et de capacités. Tout cela demande une démarche intellectuelle, a minima.

C’est donc bien celui qui communique qui est responsable de sa communication. Il ne peut en être autrement. Chacun doit prendre la responsabilité de ses actes et ne peut en rejeter la faute sur les moyens et les outils.

Tout acte a des conséquences, si ce n’est la responsabilité, qu’elle soit morale ou pénale, de l’auteur.

La rapidité, l’immédiateté peuvent être mise en cause. Comme si la technique pouvait agir plus vite que notre pensée.

Ce serait bien pratique. Mais l’intention précède toujours l’action.

Accuser le moyen plutôt que l’utilisateur permet à ce dernier de se déculpabiliser.

L’outil met aussi de la distance. On est presque toujours plus courageux chez soi, loin du front, qu’en face à face, au contact direct. On se cache derrière un clavier, un pseudo, un relatif anonymat.

 


La grande illusion

La grande illusion des réseaux sociaux est de laisser croire à une célébrité, qui n’en est pas une. Mais il suffit que l’illusion soit là, et tant pis s’il s’agit plus de poudre aux yeux que de réalité.

Se sentir reconnu, important, au-delà de la banalité du quotidien. Se sentir exister dans le regard des autres pour ne plus voir ses solitudes, pour que je partage l’image de mon assiette, de mes pieds au soleil, de mon dernier bricolage, ou plus insignifiant encore, avec mes « amis » virtuels.

Sur les réseaux sociaux fleurissent les réalités surjouées, un quotidien fantasmé, un univers clos mais que l’on partage parce qu’on l’imagine exceptionnel.

Notre envie de briller autant que d’être reconnu nous conduit à partager notre égoïsme.

 

 Images: photo-libre.fr

 

 

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