Le 10 mai 1981, je me
souviens encore de l’émotion profonde, de l’explosion de joie collective devant
le visage du nouveau président de la République qui s’affichait sur nos écrans
de télévision. Je me rappelle très bien de ce défilé spontané dans les rues de
ma ville. Jamais aucune autre élection n’aura eu cette intensité ou porté un
espoir aussi immense. Nous avions, ce soir-là, la sensation d’avoir bougé le
monde, d’avoir vraiment changé la vie.
Cette campagne
présidentielle fut ma première. J’avais 14 ans. La politique est entrée dans ma
vie. Nous pouvions bousculer les forces réticentes au progrès social, nous
pouvions construire une ambition collective et des jours meilleurs.
Mais l’époque et les
codes ont changés. La politique a évolué, en bien ou en mal c’est à chacun de
se déterminer. Les techniques et les campagnes se sont transformées, est-ce un
bien, est-ce un mal ? A chacun de le dire.
Je ne regrette rien de
mes engagements passés. Mon histoire est faite de convictions, de batailles
électorales, de défaites et de victoires.
Faut-il pour autant
désespérer de la ou des politiques. Je ne le crois pas.
Les convictions
reprendront le dessus, le ni-ni n’est qu’une illusion et ne durera ce que dure
les modes, les tendances et l’air du temps.
Les repères restent
essentiels. Les idéaux nous conduisent à une mise en œuvre de politiques bien
différentes.
La gauche et la droite
ne se valent pas. Il suffit de faire le bilan des transformations apportées par
les deux mandats de François Mitterrand et les mandats de Jacques
Chirac, de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Macron additionnés.
Ça n’a rien à voir. Jacques Attali dans son dernier ouvrage Il y aura
d’autres jolis mois de mai (édts Fayard) écrit « Les grands
combats d’aujourd’hui (l’écologie, la justice sociale, les mœurs, la
démocratie, la laïcité, la sécurité) » et il a singulièrement raison. Sur
tous ces sujets la droite et la gauche n’ont pas les mêmes réponses, loin s’en
faut.

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