mercredi 24 août 2022

C’était mieux avant VS c’était mieux après

Les vieilles recettes sont-elles devenues ringardes et les professionnels de l’ancien monde avec elles ? La question taraude et interroge celles et ceux qui ont fait profession de cet art du message.

La question vaut aussi pour l’écrit qui se serait fait écrasé, laminé par l’image devenue reine de la promotion et de l’influence. Les influenceurs et autres youtubeurs (ses), les placements de produits qui vont avec, en seraient le haut de l’iceberg.

Devons-nous mettre au rencart nos campagnes publicitaires, nos média plannings, nos visuels… ? Faut-il se résoudre à toutes et tous devenir des community manager ?

C’est peut-être oublié un peu vite que Facebook commence à perdre des abonnés, qu’un nouveau réseau rend ringard le précédent et que les utilisateurs migrent plutôt que d’ajouter. Chacune et chacun choisit son réseaux ou sa plateforme en fonction de son style, de son objectif, des bénéfices qu’il compte en retirer. La gestion d’une présence multiple relève de la gageure et fait se concentrer sur un ou deux mais rarement davantage. Netflix vient d’annoncer un abonnement moins cher avec publicité. Celle-là même qui paraissait agonisante voilà peu. Il est évident qu’il faut intégrer le numérique dans la stratégie globale. Mais intégration ne veut pas dire substitution.

 

Trop de facilités

Je sais que je vais encore passer pour le vieux ronchon de type « c’était mieux avant ». Mais ce n’est pas du tout cela. Ma réflexion porte plutôt sur les effets de mode et les transformations des pratiques induites par les bouleversements numériques et technologiques.  Nous avons tous à portée de main les moyens de production et de diffusions de nos messages, de nos images et de nos vidéos. C’est une avancée spectaculaire, presque une révolution et cela paraît si facile. Mais est-ce pour autant que nous nous sommes tous transformé en communicant n’ayant besoin de personne pour promouvoir ses idées, ses produits, sa personnalité, ses croyances ou encore son mode de vie.

Les politiques utilisent et abusent de la vidéo notamment si la cible visée est jeune. Mais « Qui trop embrasse, mal étreint » comme le dit le proverbe. Le contenu, l’approche et la finalité sont souvent laissés de côté au profit de la présence à outrance. La simplicité d’accès peut induire des abus, des dérives, des loupés, de la lassitude et provoquer une overdose.  L’équation de la communication n’est certainement pas de soustraire mais plutôt de conjuguer. Il n’y a pas de c’était mieux avant ou c’était mieux après, il y a juste à ne pas tout rejeter, tout abandonner. Il faut vivre avec son temps, s’adapter et proposer des approches nouvelles.


 Que faire de nous ?

Des anciens, comme moi, peuvent se dire parfois, que ce monde n’est plus le leur, qu’il a tellement évolué tant dans les mentalités que dans les technologies et les approches numériques de la communication, qu’ils ne sont  plus en capacité de s’y mouvoir, d’y agir avec efficacité. Il faudrait  se retirer, laisser la place aux jeunes geeks qui sont nés avec un ordinateur à la main et un smartphone au bout des doigts. Les réseaux et les plateformes sont leurs médiums de préférences et de références. Ils sont comme des poissons dans l’eau dans cet univers numérique alors que nous nous serions les balourds armés de palmes et de tubas essayant de se mouvoir dans un océan virtuel, s’accrochant tant bien que mal au big data et buvant la tasse rien qu’en pensant au métaverse qui s’approche.

 Faut-il pour autant nous ranger au rayon dinosaures ?  Ce serait sans doute aller trop vite en besogne. Nous portons une expérience, des connaissances, des sensibilités, des parcours avec de belles réussites et quelques revers, d’un savoir-faire qui ne peut s’acquérir qu’au long des années, un savoir-être qui n’a rien d’inné. 

 La technologie peut s’intégrer aussi rapidement que nous le souhaitons et à la mesure des efforts que nous sommes prêts à consentir. Mais l’expérience, certainement pas. Nous avons aussi nos convictions, nos originalités, notre créativité nourrit de l’histoire, du vécu et des projets précédents.

 
La communication c’est avant tout de l’action. Ce sont donc des choix créatifs, des contenus, des mises en forme et des médias adaptés.

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