Les vieilles recettes sont-elles devenues ringardes et les professionnels de l’ancien monde avec elles ? La question taraude et interroge celles et ceux qui ont fait profession de cet art du message.
La
question vaut aussi pour l’écrit qui se serait fait écrasé, laminé par l’image
devenue reine de la promotion et de l’influence. Les influenceurs et autres
youtubeurs (ses), les placements de produits qui vont avec, en seraient le haut
de l’iceberg.
Devons-nous mettre au rencart nos campagnes publicitaires, nos média plannings, nos visuels… ? Faut-il se résoudre à toutes et tous devenir des community manager ?
C’est
peut-être oublié un peu vite que Facebook commence à perdre des abonnés, qu’un
nouveau réseau rend ringard le précédent et que les utilisateurs migrent plutôt
que d’ajouter. Chacune et chacun choisit son réseaux ou sa plateforme en
fonction de son style, de son objectif, des bénéfices qu’il compte en retirer.
La gestion d’une présence multiple relève de la gageure et fait se concentrer
sur un ou deux mais rarement davantage. Netflix vient d’annoncer un abonnement
moins cher avec publicité. Celle-là même qui paraissait agonisante voilà peu.
Il est évident qu’il faut intégrer le numérique dans la stratégie globale. Mais
intégration ne veut pas dire substitution.
Trop de facilités
Je
sais que je vais encore passer pour le vieux ronchon de type « c’était mieux avant ». Mais ce
n’est pas du tout cela. Ma réflexion porte plutôt sur les effets de mode et les
transformations des pratiques induites par les bouleversements numériques et
technologiques. Nous avons tous à portée
de main les moyens de production et de diffusions de nos messages, de nos
images et de nos vidéos. C’est une avancée spectaculaire, presque une
révolution et cela paraît si facile. Mais est-ce pour autant que nous nous
sommes tous transformé en communicant n’ayant besoin de personne pour
promouvoir ses idées, ses produits, sa personnalité, ses croyances ou encore
son mode de vie.
Les politiques utilisent et abusent de la vidéo notamment si la cible visée est jeune. Mais « Qui trop embrasse, mal étreint » comme le dit le proverbe. Le contenu, l’approche et la finalité sont souvent laissés de côté au profit de la présence à outrance. La simplicité d’accès peut induire des abus, des dérives, des loupés, de la lassitude et provoquer une overdose. L’équation de la communication n’est certainement pas de soustraire mais plutôt de conjuguer. Il n’y a pas de c’était mieux avant ou c’était mieux après, il y a juste à ne pas tout rejeter, tout abandonner. Il faut vivre avec son temps, s’adapter et proposer des approches nouvelles.
Que faire de nous ?
Des
anciens, comme moi, peuvent se dire parfois, que ce monde n’est plus le leur,
qu’il a tellement évolué tant dans les mentalités que dans les technologies et
les approches numériques de la communication, qu’ils ne sont plus en capacité de s’y mouvoir, d’y agir
avec efficacité. Il faudrait se retirer,
laisser la place aux jeunes geeks qui sont nés avec un ordinateur à la main et
un smartphone au bout des doigts. Les réseaux et les plateformes sont leurs
médiums de préférences et de références. Ils sont comme des poissons dans l’eau
dans cet univers numérique alors que nous nous serions les balourds armés de
palmes et de tubas essayant de se mouvoir dans un océan virtuel, s’accrochant
tant bien que mal au big data et buvant la tasse rien qu’en pensant au métaverse
qui s’approche.

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