A un candidat aux dernières législatives à qui je proposais une aide en communication m’a répondu en toute sincérité « Merci, mais j’ai déjà une graphiste ! »
Sur le coup cette réponse m’a étonné. Mais en allant plus avant dans la réflexion, elle ne faisait que confirmer la tendance actuelle qui tend à confondre communicant et graphiste. Cette confusion est, me semble-t-il, concomitante avec la montée en puissance des réseaux sociaux et autres plateformes. Son corollaire est la primauté donnée à l’image sur les mots, dans cet univers de l’immédiateté, de l’instantanéité.
Avec cette réponse, le candidat mettait de côté : le conseil, la stratégie, le positionnement, l’identification, l’étude de la carte électorale, l’agenda des messages, l’argumentation, le choix des propositions fortes, les relations médias, la mobilisation militante, l’animation du réseau associatif, la coordination des actions de terrain…Le communicant et le graphiste doivent d’évidence travailler de concert puisque le second à en charge toute la partie visuelle, que ce soit en communication politique mais aussi institutionnelle ou commerciale. Ce qui n’est pas une mince affaire et qui exige une réelle spécialisation.
Mais plus encore, en regardant de récentes offres d’emploi, la confusion s’est accrue avec le community management. La communication n’étant plus perçue essentiellement qu’au travers des réseaux sociaux, le communicant « nouvelle génération » doit pouvoir produire les visuels afin d’assurer une présence numérique satisfaisante et c'est à peu près tout.
C’est oublier, me semble-t-il, une partie non négligeable du public. C’est faire fi du travail de fond. C’est ne plus vouloir s’inscrire dans la durée, dans le concret, dans la vie quotidienne des gens.

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