jeudi 30 mai 2024

Pots ou ne pas être : la question se pose-t-elle encore ?

Je publie des posts donc je suis.

J’expose ma vie sur les réseaux donc j’existe.

Je dépose mon désir d’être remarqué à la vue et à l’avis de tout le monde.

J’impose mon quotidien à une communauté d’ « amis (es) » virtuels pour paraître vivre autre chose que ma réalité.

Je suppose apparaître sous un jour plus favorable qu’en vérité.

Je superpose mes envies avec les images que je donne à voir.

Je fais reposer sur les autres mon souhait de m’extraire de la banalité.

Je propose une version plus idéale de moi-même, celle que je veux que l’on perçoit de préférence au réel.

Je n’oppose aucune résistance aux commentaires bien trop flatteurs.

J’explose d’indignation à la moindre remarque qui est forcément un signe de jalousie.

Je compose avec la réalité et avec la vérité, afin de me forger une autre histoire.

Je me recompose dans cette vie rêvée à travers le regard des autres, les réseaux sociaux et le nombre de « like ».

William Shakespeare a écrit « Je tiens ce monde pour ce qu'il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. »  Il ne connaissait pas les réseaux sociaux mais il avait parfaitement cerner l’âme humaine. Il ajoutait d’ailleurs « Un homme honnête, par le temps qui court, on en rencontre un sur dix mille ». Que dirait-il aujourd’hui ? Un sur … A vous d’en juger !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire