Je publie des posts donc je suis.
J’expose ma vie sur les réseaux donc j’existe.
Je dépose mon désir d’être remarqué à la vue et à l’avis de tout
le monde.
J’impose mon quotidien à une communauté d’ « amis (es) »
virtuels pour paraître vivre autre chose que ma réalité.
Je suppose apparaître sous un jour plus favorable qu’en vérité.
Je superpose mes envies avec les images que je donne à voir.
Je fais reposer sur les autres mon souhait de m’extraire de la
banalité.
Je propose une version plus idéale de moi-même, celle que je veux
que l’on perçoit de préférence au réel.
Je n’oppose aucune résistance aux commentaires bien trop
flatteurs.
J’explose d’indignation à la moindre remarque qui est forcément un
signe de jalousie.
Je compose avec la réalité et avec la vérité, afin de me forger
une autre histoire.
Je me recompose dans cette vie rêvée à travers le regard des
autres, les réseaux sociaux et le nombre de « like ».
William Shakespeare a écrit « Je tiens ce monde pour ce
qu'il est : un théâtre où chacun doit jouer son rôle. » Il ne connaissait pas les réseaux sociaux
mais il avait parfaitement cerner l’âme humaine. Il ajoutait d’ailleurs « Un
homme honnête, par le temps qui court, on en rencontre un sur dix mille ». Que dirait-il aujourd’hui ? Un sur … A vous d’en juger !
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