La solitude extrême est maintenant qualifiée de "mort sociale". Terrible sentence définitive. Un isolement sans espoir qui ne retrouve plus ni émotions, ni envie, ni énergie. Un abandon total qui ne peut se vivre que dans le désespoir et l’attente d’une issue. Dans ces conditions, la vie elle-même peut devenir un fardeau quasi insupportable. Où est la vie qui doit se lire comme une espérance ? Elle s’abime dans l’abandon de toutes et de tous.
Nous
avons osé inventer l’expression de "mort sociale" comme si nous
cherchions un moyen de ne pas essayer d’agir. La mort est une fin. Il n’est
donc plus besoin d' agir. C’est notre honte. Il s’agit d’un
nouvel et terrifiant abandon, celui de la société toute entière. Un dernier
espoir qui s’éteint pour les personnes concernées.
Selon
une étude des « Petits frères des pauvres », en 2017, en France, 900 000
personnes âgées de 60 ans et plus sont isolées de leur famille et de leurs
amis. Parmi elles, 300 000 sont dans un isolement extrême et ne
rencontrent quasiment jamais ou très rarement d’autres personnes. Elles sont en
situation de "mort sociale".
Une
nouvelle étude, en 2021, révèle une nette aggravation de l’isolement sociale des
personnes âgées en France. A cette date, 530 000 personnes âgées étaient
en situation de "mort sociale", soit une augmentation de 77% en
quatre ans. Quant au nombre d’aînés isolés des cercles familiaux et amicaux il atteint 2 millions de personnes, soit une augmentation de 122%.
Je
reparle de ce phénomène car la solitude s’accroit et la tendance à l’isolement
s’amplifie. Alors que la technologie invente en permanence de nouveaux canaux,
l’illusion de la communication est de plus en plus grande. L’utilisation de ces
nouveaux moyens est principalement solitaire et, en définitive, nous éloigne
les uns des autres.
Le
paradoxe de notre société d’hyper communication est que la solitude s’aggrave dramatiquement.
Et les premiers touchés sont nos ainés.
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