samedi 24 août 2024

La presse et le journalisme selon Albert Camus

Dans « Actuelles » Albert Camus évoque la presse et le journalisme, dans un contexte particulier de la seconde guerre mondiale et de la résistance. A cette époque, il écrit dans le journal « Combat ».

Le désir qu’il partage, à l'approche de la libération, avec ses autres compagnons résistants du journal « d’autant plus profond qu’il était souvent muet, était de libérer les journaux de l’argent et de leur donner un ton et une vérité qui mettent le public à la hauteur de ce qu’il y a de meilleur en lui. »

Il affirme une conviction : la presse est le reflet d’un pays. Il écrit à ce propos «  nous pensions alors  qu’un pays vaut souvent ce que vaut la presse. Et s’il est vrai que les journaux sont la voix d’une nation, nous étions décidés, à notre place et pour notre faible part, à élever ce pays en élevant son langage. A tort ou à raison. »

Il appelle celles et ceux qui font les journaux à leurs responsabilités : «  la tâche de chacun de nous est de bien penser ce qu’il propose de dire, de modeler peu à peu l’esprit du journal qui est le sien, d’écrire attentivement et de ne jamais perdre de vue cette immense nécessité où nous sommes de redonner à un pays sa voix profonde. Si nous faisons que cette voix demeure celle de l’énergie plutôt que de la haine, de la fière objectivité et non de la rhétorique, de l’humanité plutôt que de la médiocrité, alors beaucoup de choses seront sauvées et nous n’aurons pas démérité. »

Déjà à cette époque il constate une dérive qui perdure jusqu’à nos jours, bien malheureusement, et qui ne semble pas être en voie de correction « on veut informer vite au lieu d’informer bien. La vérité n’y gagne pas. » Il met donc en garde les lectrices et les lecteurs « l’avantage serait de mettre en garde son sens critique au lieu de s’adresser à son esprit de facilité. »

Il n’oublie cependant pas de faire de même pour le journalisme « le métier qui consiste à définir tous les jours, et en face de l’actualité, les exigences du bon sens et de la simple honnêteté d’esprit ne va pas sans danger. A vouloir le mieux, on se voue à juger le pire et quelque fois aussi ce qui est seulement moins bien. Bref, on peut prendre l’attitude systématique du juge, de l’instituteur ou du professeur de morale. De ce métier à la prétention ou à la sottise, il n’y a qu’un pas. »  

Albert Camus est lucide, il s’inclut dans cette critique « nous ne sommes pas sûr que nous ayons échappé toujours au danger de laisser entendre que nous croyons avoir le privilège de la clairvoyance et la supériorité de ceux qui ne se trompent jamais. »

En ce moment, il est vrai, je reviens sur d’anciennes lectures. Tout simplement parce qu’elles me paraissent importantes à évoquer et à partager. Je les crois incontournables, du moins de mon point de vue. J’espère seulement que vous en retenez quelques idées, en ressortez quelques extraits et en intégrants des bribes dans vos propres approches.

 

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