Les réseaux sociaux bouleversent notre rapport à la réalité, à la vérité. En mal de visibilité, de notoriété numérique, certaine et certain n’hésite plus à inventer de fausse querelle, quitte à déformer des faits ou des propos pour les rendre plus sensibles, plus critiquables, plus polémiques.
Il est regrettable d’avoir à élever le
ton pour être entendu. Il s’agit sans doute d’un signe des temps, mais je
n’arrive pas à me satisfaire de la rudesse des relations d’aujourd’hui. Il est d’autant
déplorable que la gentillesse et la courtoisie soient considérées comme une
marque de faiblesse exploitable à son profit, au mépris de tout ce que peuvent ressentir les autres.
Je suis probablement inadapté à ce monde, de plus en plus tourné exclusivement sur soi, pour croire que dans les
relations humaines, interpersonnelles, une certaine bienveillance doit avoir
cours. J’ai sans doute tort d’y tenir si fermement, un peu trop naïf
assurément.
Au fur et à mesure que la société s’individualise,
nous faisons de moins en moins attention aux conséquences de nos actions et de
nos choix sur autrui. L’écoute se résume bien souvent à de l’indifférence à peine dissimulée. Pour
en sortir, certain essaie de se faire remarquer,
de sortir du lot, par le poids d’une image, le choc d’une déclaration, la force
d’une altercation, la surprise d’une interpellation.
Ce sont généralement celles et ceux qui
ne font rien qui critiquent celles et ceux qui essaient, au risque de se
tromper. A ce propos Albert Camus a très justement écris « … c’est la
foule des commentateurs, la galerie, les seconds plans, et tous ceux qui
« auraient dû », qui « auraient pu », et qui n’ont rien
fait, ou pas grand-chose, et il leur reste alors à juger les autres qui à leurs
yeux ne font jamais ce qu’il faut, et qu’eux auraient fait si justement ils ne
l’avaient pas fait, par malchance. »
Tout cela participe à se créer une
fausse réalité de soi, des autres et du monde en général.
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