vendredi 2 mai 2025

Les fâcheux

Sur les réseaux sociaux, les fâcheux trouvent enfin un espace d’expression. Ils peuvent, à leur aise, déverser billes et propos haineux, sans retenue, sans limites, à flot continu. Rien ne trouve grâce à leurs yeux. Les fâcheux n’aiment que les critiques qu’ils formulent comme les camions bennes charrient leurs ordures après leurs tournées quotidiennes.

Les faire changer d’avis, les convaincre, faire percevoir les aspects positifs ressemble à une mission impossible. D’autant qu’un biais cognitif appelé « exposition sélective à l’information» fait que nous avons naturellement tendance à ne retenir que l’information qui confirme nos préjugés et nos croyances initiales. Plus encore, nous nous exposons principalement aux seules informations qui accréditent nos croyances et nous rejetons les autres.

Mais surtout nous pouvons nous demander si les fâcheux ne cachent pas un sentiment d’échec qu’ils doivent absolument attribuer à tout et à rien en particulier, à tout le monde et notamment à celles et ceux qui réussissent visiblement ou qui accèdent à un niveau de responsabilité quel qu’il soit. Et plus la frustration grandit, plus les fâcheux attribuent la faute aux autres et à tout propos. Il y a celles et ceux qui agissent, bien ou mal selon nous, mais qui essaient. Et puis il y a celles et ceux qui critiquent engoncés dans leurs inactions chroniques. Les fâcheux trouvent dans les réseaux sociaux les moyens d’une expression qui autrement ne rencontreraient aucun écho, une caisse de résonnance inespérée.

La question des fâcheux se situent dans le nombre et donc dans le sentiment d’agression ressenti lorsqu’ils s’en prennent à l’une ou à l’autre pour des motifs aussi futiles qu’incompréhensibles. Plus personne, plus aucun projet, plus aucune opinion, plus aucune action ne se trouve à l’abri d’un déferlement de fâcheux.

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