Sur les réseaux sociaux, les fâcheux trouvent enfin un espace d’expression. Ils peuvent, à leur aise, déverser billes et propos haineux, sans retenue, sans limites, à flot continu. Rien ne trouve grâce à leurs yeux. Les fâcheux n’aiment que les critiques qu’ils formulent comme les camions bennes charrient leurs ordures après leurs tournées quotidiennes.
Les faire changer d’avis, les convaincre, faire percevoir les
aspects positifs ressemble à une mission impossible. D’autant qu’un biais
cognitif appelé « exposition sélective à l’information» fait que
nous avons naturellement tendance à ne retenir que l’information qui confirme
nos préjugés et nos croyances initiales. Plus encore, nous nous exposons
principalement aux seules informations qui accréditent nos croyances et nous
rejetons les autres.
Mais surtout nous pouvons nous demander si les fâcheux ne cachent
pas un sentiment d’échec qu’ils doivent absolument attribuer à tout et à rien
en particulier, à tout le monde et notamment à celles et ceux qui réussissent
visiblement ou qui accèdent à un niveau de responsabilité quel qu’il soit. Et plus
la frustration grandit, plus les fâcheux attribuent la faute aux autres et à
tout propos. Il y a celles et ceux qui agissent, bien ou mal selon nous, mais
qui essaient. Et puis il y a celles et ceux qui critiquent engoncés dans leurs
inactions chroniques. Les fâcheux trouvent dans les réseaux sociaux les moyens
d’une expression qui autrement ne rencontreraient aucun écho, une caisse de
résonnance inespérée.
La question des fâcheux se situent dans le nombre et donc dans le sentiment d’agression ressenti lorsqu’ils s’en prennent à l’une ou à l’autre pour des motifs aussi futiles qu’incompréhensibles. Plus personne, plus aucun projet, plus aucune opinion, plus aucune action ne se trouve à l’abri d’un déferlement de fâcheux.
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