« Vous êtes les médias maintenant » ce tweet du propriétaire du réseau social X relance la question de ce que sont les médias, les journalistes et l’information.
Les réseaux sociaux ne se revendiquent pas comme des médias et ne
respectent donc pas les règles inhérentes. Ils s’en défendent en arguant qu’ils
ne produisent pas de contenus. Seuls les utilisateurs en diffusent.
Le partage ne fait pas la fonction. Nous ne sommes pas toutes et
tous des journalistes du simple fait que nous diffusons du contenu, à chaque
fois partiel et toujours partial. Nous ne respectons ni les règles, ni la
déontologie attachées à cette profession. Ce qui nous passe par la tête, nos
colères, nos admirations ne peuvent être assimilés à de l’information. Il s’agit
d’une expression individuelle, rien de plus.
L’information justement, elle se confond trop souvent à des
publications sans importances, des volontés de désinformation, des vérités
alternatives, des fake news, des deepfakes et désormais toutes les possibilités
offertes par l’intelligence artificielle. L’information déformée devient une
arme de guerre psychologique, une tentative de manipulation, électorale
notamment.
Il faut être vigilant. Il faut apprendre à ne pas se laisser
berner, à comprendre et dépasser les tentatives de manipulations, à connaître
la situation et les acteurs, à savoir faire la différence et à résister, à
analyser et décrypter les enjeux et les nouvelles formes de propagandes.
Aujourd’hui, il devient impossible de ne pas enseigner et ne pas
apprendre cette nouvelle donne en matière d’information tronquée.
L’EMI, l’Education aux Médias et à l’Information, a pris place
dans les parcours scolaires. De manière trop réduite cependant. Il s’agit d’aller
plus loin et de développer un véritable enseignement dans ce domaine et un
cursus universitaire qui permettra de former des spécialistes dont nous aurons
de plus en plus besoin. Une véritable filière professionnelle ne demande qu’à
naître.
Le problème ne concerne pas uniquement les fâcheux, les haters,
mais aussi les puissances étrangères qui tentent d’interférer dans les
processus démocratiques, les puissances économiques qui veulent imposer leurs
points de vue, les concurrents à la recherche de parts de marché à grignoter,
les extrêmes qui souhaitent imposer leurs visions de la société, les
collectivités qui ont besoin de rétablir des vérités, des entreprises pour
faire face aux rumeurs, à toutes organisation publique afin de ne pas laisser s’installer
de fausses accusations…
Il s’agit incontestablement d’un enjeu de société. Il faut par
conséquent une action éducative déterminée.
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