J’ai des projets en réserve. Et dans le silence de la plume qui s’active pourtant la forme rejoint le fond. Neuf, dix, onze et douzième ouvrages, ils sont tous soit en chantier, soit en gestation, soit en hibernation. Etre dans un incessant flot d’idées et de mots nécessite d’avoir des sujets et des habitudes d’écriture.
J’écris toujours vite, jamais très bien,
souvent à profusion. Résultat, je jette beaucoup. Je ne garde qu’une petite
quantité pour ne pas m’embarrasser de ce qui ne le mérite pas. La valeur ne
vient pas de la quantité mes du choix fait ensuite. Cela explique la raison
pour laquelle j’écris en permanence tout en étant si peu productif. Un flot de
mots qui peut s’apparenter à une écriture automatique pour ne retenir que
quelques phrases au bout du compte.
Je voudrais pourtant que toutes mes phrases
soient justes mais ce n’est pas le cas. La plupart s’égare dans l’imprécision d’une
pensée encore incertaine. Il faut de nombreuses lignes pour que l’idée devienne
plus claire.
Est-ce que l’écriture est une action ? Sans doute, comme toute autre chose, cela
dépend de ce que l’on en fait. A quoi cela va-t-il servir ? Quelle forme
cela prendra ? Vers qui se tournent nos intentions ? Nous en revenons encore et toujours aux 3S, c’est-à-dire :
Sens, Simplicité, Sincérité. Le pourquoi, le comment, le pour qui ? Une
obsession peut-être, une certitude, assurément. Comment s’engager, créer,
partager sans les convictions nécessaires ? Elles structurent, rappellent
les fondamentaux, donnent les lignes directrices.
L’écriture représente ma passion, mon
pourquoi, ma forme d’expression, mon comment, mon envie de partage, mon pour
qui. Ecrire pour comprendre et exprimer sa pensée, pour concrétiser et formuler
ses idées, pour affirmer et défendre ses convictions. Ecrire pour ne rien
oublier et partager, pour expliquer et convaincre, pour développer et faire
connaitre. Ecrire pour que chaque mot résonne, pour que chaque phrase expose,
pour que chaque paragraphe éclaire.
En tout temps, quelques lignes de plus font la
différence. Les quelques mots supplémentaires que l’on recherche et qui en
disent plus pour imaginer, comprendre et décrire. On défend mieux sa pensée
dans la structure d’une phrase, dans l’enchainement d’un paragraphe. On en
revient toujours à l’écriture et aux mots.
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