Lors d’une campagne électorale, il y a celles et ceux qui dialoguent, en s’ouvrant à d’autres sensibilités, souvent de proximité. Et puis, il y a celles et ceux qui s’isolent refusant d’écouter d’autres voix, ne tolérant qu’un seul rang au garde-à-vous. Deux états d’esprits qui s’opposent. Deux logiques qui ne conduisent pas aux mêmes résultats, à la même manière de dire, de faire et de se comporter. La première rassure, la seconde effraie. Une élection met les électrices et les électeurs face à un choix important. Voilà pourquoi, au-delà des propositions, il faut également observer les comportements, les manières d’être, d’agir, de considérer les autres. Les attitudes séparent les candidats, racontent ce qui les différencient réellement et révèlent comment chacun (e) envisage sa conception du pouvoir.
Dans
une campagne électorale, chacune des parties est légitime à se battre avec ses
armes, avec les possibilités à sa portée, avec sa compréhension des situations
et ses propositions. Mais comment qualifier les fausses promesses, la foire aux
illusions, aux engagements impossible à tenir, autant d’attitudes qui
engendreront des déceptions. De celles qui créent une méfiance vis-à-vis des
politiques. Une campagne électorale est révélatrice des personnalités, des
caractères, des réelles dispositions de chacun(e) à diriger. Proposer des
orientations, des mesures, des actions en constituent l’essence. Mais elles
doivent s’inscrire dans la sincérité, dans une réelle vision stratégique, dans
un projet cohérent. Promettre sans aucune mesure représente une véritable
dérive. Entre engagements et fantaisies, il existe une différence, une vraie
barrière, qui sépare le sérieux de l’excessif.
Une
campagne électorale exacerbe tout. Elle avive les tensions. Elle attise les
colères. Elle aggrave les ressentiments. Elle intensifie les sensibilités. Elle
enflamme les échanges. Elle exalte les passions. En campagne électorale tout
est multiplié par 100, par 1000. Un temps où les relations à l’autre ne semble
plus pouvoir être normales. Elles doivent obligatoirement se situer dans un
contexte de confrontation. Comme si la raison se mettait entre parenthèse. Si
tu n’es pas d’accord avec moi alors tu es obligatoirement un adversaire, voire
un agent de l’ennemi. Chaque mot semble chargé d’une intensité électrique,
d’une matière inflammable. Afin d’éviter ce genre de dérives, il faut savoir
rester serein, l’esprit clair, la tête froide. Il faut pouvoir maîtriser ses
émotions et ne pas tomber dans l’excès. Il faut réussir à contrôler ses
soutiens pour ne pas perdre la main sur sa propre démarche. Une campagne
électorale ne s’improvise pas et doit être dirigée.
La stratégie du Caliméro
consiste à se lamenter en permanence que le monde est trop méchant, trop
injuste avec soi. Une technique pour se faire plaindre et attirer la sympathie.
Mais à force de crier au loup Caliméro finira par se retrouver seul comme dans
la fable d’Esope. Il existe deux manières bien distinctes d’exister : la
première par ses actions, sa créativité, sa capacité à mobiliser autour d’idées
fortes. La seconde en s’inventant des ennemis, partout et tous le temps, en
étant dans la négativité systématique, dans les lamentations perpétuelles. Une
campagne électorale ne peut pas être une longue plainte. Se positionner comme
seul face au reste du monde représente une posture qui ne correspond pas à ce
que doit être une campagne. C’est-à-dire un espace d’ouverture, de rencontre,
d’échange, de confrontation soft parfois, mais toujours de respect. Une
campagne est une aventure humaine qui se partage plutôt que de s’affronter aux
autres dans une espèce de conflit imaginaire. Aucune campagne positive ne peut
sortir d’un positionnement de ce genre.
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