En politique, il faut savoir provoquer des ruptures, mais seulement lorsqu’elles sont nécessaires, demandées et attendues par la population. À défaut, il ne s’agit que d’une posture.
Cette rupture doit être
évidente et nette, sans pour autant effrayer. Il convient alors de l’expliquer,
d’en faire comprendre la nécessité, le déroulement et l’aboutissement. Il faut
donner du sens au changement. L'enjeu est d'en livrer simplement les clés et de
démontrer la sincérité de la démarche. Autrement, celle-ci ne pourra être ni
comprise, ni acceptée, ni perçue comme une solution pertinente.
Marquer sa différence par
une rupture clairement explicitée la rend identifiable sans effort et permet
aux relais d’opinion de s’en approprier aisément la substance. Ils doivent
pouvoir se saisir de ce projet de changement, l’exprimer simplement et
l’argumenter avec facilité. Il n’existe pas de plus puissant canal de
communication que le bouche-à-oreille.
La rupture est souvent
présentée comme une solution en soi, sans que l'on explique précisément avec
quoi il faut rompre. Elle doit pourtant s'ancrer dans des valeurs, des
principes et des idées fortes. Trop souvent, rien de tout cela n’est explicité.
« Rupture, rupture, rupture… » : cette incantation est déclamée comme si elle
renfermait un pouvoir magique et se suffisait à elle-même. Sur quelles valeurs
faut-il se fonder ? Sur quels principes s’appuient les propositions ? En quoi
ces dernières marquent-elles une rupture avec l'existant ? C’est précisément là
que les convictions politiques prennent toute leur importance. Apporter
quelques nuances ici ou là ne constitue pas une rupture ; il s'agit d'un abus
de langage, pourtant très répandu. D’où parlons-nous ? Quelles sont les
fondations sur lesquelles se construit le programme ?
Vouloir « faire mieux »
suppose que la direction prise est la bonne, mais qu’il reste seulement des
améliorations à apporter. C’est reconnaître implicitement le bien-fondé des
actions entreprises et vouloir y apposer sa marque sans rien changer sur le
fond, en se contentant de récupérer l’existant.
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