Les mots portent. Ils ont un impact, mais aussi leurs victimes. En effet, les mots peuvent blesser durement, durablement, et parfois mener au pire. Les suicides consécutifs au harcèlement sur les réseaux sociaux en sont les malheureux témoignages.
Les mots sont puissants : ils peuvent toucher au cœur, à l’âme et brouiller les esprits. Ils sont parfois lourds à porter, surtout lorsqu’ils se font accusations, moqueries ou humiliations. Pour les auteurs, ce ne sont que des mots, mais pour les victimes, ce sont des blessures allant jusqu’à une souffrance parfois impossible à apaiser. Le fait de les savoir accessibles à tous agresse encore plus profondément. Le ridicule qu’ils diffusent fait rire, et les commentaires qui en rajoutent achèvent le travail du mal.
Nous devons prendre conscience de la responsabilité de nos paroles, de leur poids et de leurs conséquences. Les mots peuvent être des blessures qui ne se referment jamais, comme autant de plaies béantes. Car les mots ne s’envolent pas : ils restent, s’incrustent et se gravent. Ils pèsent sur notre manière d’être, d’agir, et sur ce que nous devenons. C’est en cela qu’ils poussent leur perversité jusqu’au bout : se construire avec eux revient à bâtir un édifice plein de fissures.
Les mots peuvent être aussi doux que rugueux, aussi bénéfiques que venimeux, aussi positifs que malveillants. Nos paroles n’ont jamais rien d’anodin, tout comme nos silences d'ailleurs. Les braillards et les "baveux" peuvent être tout aussi malsains les uns que les autres. Nous devons comprendre que nos mots ne sont jamais innocents ; ils tirent leur force de nos intentions et percutent plus ou moins violemment la sensibilité des destinataires.
Nous avons le choix des mots. Ceux que nous prononçons sont l’expression consciente de ce que nous voulons transmettre. Il est vrai que nous pouvons être dépassés par la colère, l’impatience ou l’exaspération, mais il ne s’agit alors que d’écarts isolés. Lorsqu’ils se répètent, cela révèle une intention délibérée.
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