Nous jugeons généralement sévèrement les autres – surtout les personnages publics, au nom d’un principe d’exemplarité –, et plus durement encore les responsables politiques. Nous portons des accusations souvent infondées, guidés par de simples impressions ou des a priori négatifs. Nous décrétons la culpabilité sans même en connaître les motifs. Il s’agit là d’un jugement de valeur alimenté par l’ignorance et, parfois — pour ne pas dire presque toujours —, par la bêtise.
Juger sans savoir ne semble plus déranger
personne. Les réseaux sociaux et les adeptes du complotisme apportent des
justifications à ce qui échappe à toute logique. La raison : voilà le combat,
sinon le combat le plus essentiel. C'est d'autant plus vrai dans une société de
l’hyper-communication et de la surmédiatisation, à l’ère des médias d’opinion
triomphants, de la poussée sans précédent des extrêmes de tous bords, de la
superficialité et de l’individualisme élevé au rang de mode de vie.
Nous n’avons plus la lucidité nécessaire pour
reconnaître en nous ce que nous reprochons aux autres. Ainsi, l’ambition est
jugée légitime pour nous-mêmes, mais devient un défaut chez les autres. Il en
va de même pour les revenus, la promotion sociale, le succès, la
reconnaissance, les fonctions électives, le niveau de vie, le patrimoine
immobilier, la création d’entreprises, les récompenses de toutes sortes,
l’exposition médiatique et bien d’autres aspects encore. Aucune liste ne
saurait être exhaustive tant la nature humaine se révèle surprenante. C’est
ainsi que la jalousie, les incompréhensions, les rancœurs et l’ignorance ne
connaissent aucune limite.
On en revient, encore et toujours, à la raison,
dont l’absence autorise toutes les dérives, tous les mauvais comportements,
tous les rejets injustifiés et injustifiables, ainsi que tous les jugements
péremptoires. Et ce, sans que la moindre once de réalité n’intervienne comme
correcteur, ou comme un retour salvateur à un raisonnement intelligent, étayé
et sans préjugés.
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