Souvent, je me demande si je dois continuer d’écrire ou m’arrêter un instant pour reprendre mon souffle. Je n’ai pas de don particulier, seulement un peu de ténacité. J’écris beaucoup pour ne garder que peu. Je n’ai pas cette faculté d’être incisif dès le premier jet : il me faut toujours exprimer un surplus avant d'atteindre le texte final.
Pourtant, nous devons
garder la ferme conviction que ce qui reste mérite d’être publié. Dans le cas
contraire, mieux vaut passer notre chemin et nous attaquer à un autre projet.
L’intérêt de ce que je produis peut-il faiblir à certains moments ? À cette question,
la réponse en appelle une autre : peut-on véritablement épuiser un sujet ?
Nous avons toutes et tous des choses à dire, ainsi que le désir d’être écoutés - ou lus, dans ce cas précis. C’est une aspiration si naturelle que l’on peut se demander s'il est bien utile de la questionner. Ne sommes-nous pas, après tout, des êtres sociaux profondément animés par le besoin de communiquer ? Chacun possède sa propre manière de le faire, et toutes les formes d’expression et d’art y contribuent.
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