Ne plus se soucier des autres, de son environnement ni de son impact sur le monde devient, pour certains, une manière d’exister au quotidien. Faire comme si les autres n’existaient pas - ou du moins, n'existaient que comme décorum. Se rêver seul au monde, dispensé d’égards, affranchi de toute règle, autorisé à agir selon son seul bon plaisir.
C’est se croire
supérieur, exiger des autres une adaptation constante tout en refusant catégoriquement
la moindre réciprocité. L’égocentrisme érigé en mode de vie, l’égoïsme pratiqué
comme une seconde nature.
Ce retrait du lien
social ne relève plus seulement de l'incivilité : c'est un aveuglement choisi.
À force de nier l'altérité, on finit par assécher son propre monde. Car la
liberté sans la responsabilité des autres n'est qu'une illusion brutale, un
château de cartes qui s'effondre au premier coup de vent. À ignorer la présence
de chacun, on oublie surtout ce qui nous tient debout ensemble.
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