La valorisation, voire la sublimation, de soi sur les réseaux sociaux devient un substitut de la vie réelle. C'est une manière de supporter la réalité que l’on veut cacher aux autres et, plus grave encore, à soi-même. L’insatisfaction est-elle devenue à ce point insupportable ou insurmontable ? Bien souvent, celles et ceux qui cherchent désespérément à survaloriser chaque moment du quotidien - même sans réelle valeur - compensent une insatisfaction chronique. La vie sur les réseaux sociaux doit apparaître plus belle que la réalité aux yeux de tous. Elle conduit à vivre par procuration dans le regard d’autrui ; elle n’est bien souvent qu’une projection idéalisée du désir de la vie espérée.
Se contenter de
faire semblant ne peut suffire à changer les choses. Se mettre dans la peau de
ce que l’on souhaite devenir et agir en conséquence relève d’une bonne
démarche. À l'inverse, paraître sans rien faire d’autre revient à s’enfermer
dans une illusion, un déni de réalité.
Car cette mise en
scène numérique n'est souvent qu'un paravent dressé pour fuir ce que l'on
cherche à oublier. On embellit son présent pour ne pas avoir à affronter les
ombres de son histoire.
Or, le passé ne s’efface
jamais. Il fait partie de nous, de notre histoire, de notre construction et de
notre bagage. Nous devons maîtriser ses conséquences et essayer de tenir les
vieilles habitudes néfastes à distance. À chaque fois que nous les sentons
revenir, il s’agit de détourner notre attention afin de retrouver le chemin le
plus conforme à nos ambitions.
Votre passé vous a
conduit là où vous en êtes. Vous pouvez en être déçu, désabusé, perdu ou en
colère, et rien ne pourra vous en défaire. Mais il n’est pas question qu’il
fasse de vous sa victime : vous avez la possibilité et la faculté de continuer
en construisant autre chose.
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