J’explore chaque sujet sous différents angles, en espérant lui trouver de bons arguments. Lorsque les idées se bousculent, le sujet reste vivant : il s’impose et trace les phrases comme un autoportrait qui se dessine tout seul. Les inévitables répétitions ne rendent pas moins intéressant tout ce qui s’y ajoute. Malgré les efforts de dépersonnalisation, les paragraphes qui s’enchaînent continuent de raconter nos obsessions, nos craintes et nos défauts, tout autant que nos qualités. Souvent cachés dans les développements, ils s’inscrivent comme une marque indélébile. Les mots nous reviennent comme des révélateurs qui en disent plus sur nous que nous ne le voudrions. Nous tentons d’effacer ces aspects de nous-mêmes sans y parvenir pleinement, laissant, sans réellement nous en rendre compte, des indices involontaires.
Il n’est pas si
facile de laisser libre cours à sa pensée, de peur d’en révéler trop et de ne
plus rien maîtriser. Pouvons-nous faire autre chose que d’être sincères ?
Peut-on parler d’autres vies plus simplement que de la sienne ? A-t-on d’autre
choix que la sincérité et la ressemblance ? Nous avons beau nous projeter
au-delà de la seconde ou de la minute présente, nous ne faisons jamais qu’écrire
depuis ce que nous sommes à cet instant précis.
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