Dans
un récent article de Libération (30-31 août 2014) Laurent Joffrin rappelait que
nos anciens hommes politiques étaient d’abord « des frénétiques dévoreurs
de livres et d’irrépressibles pondeurs d’articles… »
Plus
proche de nous, pour sa première campagne présidentielle Bill Clinton s’était
entraîné à tout dire en 90 minutes pour s’adapter au temps médiatique.
Aujourd’hui,
nos responsables se conforment aux formats des médias qui répondent à la
demande des publics. Plus c’est bref, mieux c’est.
Si
les émissions de débat de fond, ou même de littérature ne font pas d’audience,
à qui la faute ? Est-ce la responsabilité des débatteurs, des médias ou
des téléspectateurs et auditeurs ?
Si
l’abstention s’accentue d’élection en élection, qui est responsable ? Est-ce les candidats, l’organisation des
scrutins ou les électeurs qui ne se déplacent pas ?
Les
politiques ont débattu mais les téléspectateurs n’ont pas écouté trop occupé à
admirer Nabila pour sa trop célèbre formule « Allo quoi ! ».
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| photo-libre.fr |
Les
écrivains ont essayé de parler de leurs œuvres mais les lecteurs sont de moins
en moins nombreux. Et j’affirme que l’argument de la médiocrité ne tient pas
dans ce cas.
Les
candidats font campagne avec leurs discours, leurs poignées de main et leurs
projets mais les électeurs désertent les isoloirs.
Nos
journaux se vendent de moins en moins, pourtant la diversité des sujets abordés
devrait satisfaire le plus grand nombre. La tendance actuelle est de raccourcir
de plus en plus les articles pour que les lecteurs n’en aient pas trop à lire.
Que dire ?
Il
y a de bonnes émissions de débat ou de littérature en France, mais elles sont
rejetées dans les fonds abyssaux des grilles de programme faute d’intérêt du
plus grand nombre. A qui la faute ?
Ce
que je veux dire c’est que tout n’est pas blanc d’un côté et que tout n’est pas noir de l’autre. Les
tords sont certainement partagés. J’ai
donc une position nuancée. La responsabilité me paraît collective et ne peut
être rejetée sur une seule des parties.
C’est beaucoup trop facile à mon goût.
Le
langage de vérité me semble une bonne manière d’aborder les problèmes. Le tous
pourris, tous mauvais n’est pas la bonne approche. Il faut savoir mesurer ses
propres égarements.
Je
dirais donc que nous sommes, sur ce point, face à un bilan à responsabilités
partagées.

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