vendredi 19 septembre 2014

Un bilan à responsabilités partagées

Dans un récent article de Libération (30-31 août 2014) Laurent Joffrin rappelait que nos anciens hommes politiques étaient d’abord « des frénétiques dévoreurs de livres et d’irrépressibles pondeurs d’articles… »
Plus proche de nous, pour sa première campagne présidentielle Bill Clinton s’était entraîné à tout dire en 90 minutes pour s’adapter au temps médiatique.
Aujourd’hui, nos responsables se conforment aux formats des médias qui répondent à la demande des publics. Plus c’est bref, mieux c’est.

Si les émissions de débat de fond, ou même de littérature ne font pas d’audience, à qui la faute ? Est-ce la responsabilité des débatteurs, des médias ou des téléspectateurs et auditeurs ?
Si l’abstention s’accentue d’élection en élection, qui est responsable ?  Est-ce les candidats, l’organisation des scrutins ou les électeurs qui ne se déplacent pas ?
Les politiques ont débattu mais les téléspectateurs n’ont pas écouté trop occupé à admirer Nabila pour sa trop célèbre formule « Allo quoi ! ».
photo-libre.fr
Les écrivains ont essayé de parler de leurs œuvres mais les lecteurs sont de moins en moins nombreux. Et j’affirme que l’argument de la médiocrité ne tient pas dans ce cas.
Les candidats font campagne avec leurs discours, leurs poignées de main et leurs projets mais les électeurs désertent les isoloirs.

Nos journaux se vendent de moins en moins, pourtant la diversité des sujets abordés devrait satisfaire le plus grand nombre. La tendance actuelle est de raccourcir de plus en plus les articles pour que les lecteurs n’en aient pas trop à lire. Que dire ?
Il y a de bonnes émissions de débat ou de littérature en France, mais elles sont rejetées dans les fonds abyssaux des grilles de programme faute d’intérêt du plus grand nombre. A qui la faute ?

Ce que je veux dire c’est que tout n’est pas blanc d’un côté  et que tout n’est pas noir de l’autre. Les tords sont certainement partagés.  J’ai donc une position nuancée. La responsabilité me paraît collective et ne peut être rejetée sur une seule des parties.  C’est beaucoup trop facile à mon goût.
Le langage de vérité me semble une bonne manière d’aborder les problèmes. Le tous pourris, tous mauvais n’est pas la bonne approche. Il faut savoir mesurer ses propres égarements.

Je dirais donc que nous sommes, sur ce point, face à un bilan à responsabilités partagées.

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