Faire
parler de soi n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. Si les colonnes des
faits divers sont les plus facilement accessibles, à la moindre bêtise, c’est
fait, vous y êtes, elles ne sont pas recommandées.
Pour
se donner une image positive, il s’agit
de ne pas faire n’importe quoi. Il faut d’abord avoir une légitimité. Elle est
donnée par la position (parti politique, mandat, présidence…). Il faut prendre
une initiative qui mérite potentiellement d’être connu par le plus grand nombre.
Il faut donc que votre information soit suffisamment attractive pour être
choisie par la presse au détriment d’une autre. Est-elle suffisamment
significative, représentative, surprenante… ? Il faut également bien se
préparer et savoir mettre son initiative en récit (communiqué et dossier
de presse, interviewes...).
Une bonne polémique, bien maîtrisée, n’est jamais inutile. L’objectif est de ne pas
passer inaperçu, de faire parler de soi quel qu’en soit la raison, d’être
l’objet des conversations, des commentaires et de faire référence. C’est aussi
être repris corrigé, décrié tout autant que salué, admiré, suivi, voire pris en
exemple.
On
parle de moi donc j’existe ! Son importance se calcule aux récurrences
médiatiques. Ce que certain appelle l’UBM, l’Unité de Bruit Médiatique. Il
s’agit plus précisément d’un indice développé par TNS-Sofres qui mesure
l’exposition médiatique d’un sujet d’actualité, d’une personnalité, d’une
entreprise, et la tonalité de cette exposition (source wikipédia).
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C’est
Oscar Wilde qui disait « Il y a une chose pire que le fait qu’on dise des
choses sur vous, c’est que l’on ne parle pas de vous. » Une notoriété
s’entretient dans la durée. Un coup d’éclat ne suffit pas pour s’inscrire dans
l’inconscient des gens. Et pourquoi vouloir à tout prix être consensuel ?
Aujourd’hui, c’est interprété comme un signe de faiblesse. Il faut commencer
par écrire « con » en quelque sorte.
Il
ne faut pas oublier la règle d’or en communication : pour être entendu, il
faut parler plus fort que les autres. Emerger du lot n’est pas chose aisée.
Cela nécessite de savoir parler plus fort que les autres, d’avoir de l’habilité
mais aussi de la persévérance.
Il
faut un discours bien tranché. J’affirme donc je suis ! Il y aura toujours
un écho pour renvoyer une approbation et la multiplication des moyens de
communication aidant, vous aurez sûrement la chance de trouver un public.
Jack
Lang, homme politique populaire, a dit « Quand les gens engagent des
polémiques contre vous, c’est la preuve que vous êtes vivant. » Parole
d’expert.
C’est
une reformulation du vieil adage qui veut que « peu importe que l’on parle
de vous en bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de vous » Cela
reste encore le meilleur conseil qui puisse être donné. Attention toutefois à
la théorie de l’élastique : à trop tendre l’élastique d’un côté et de
l’autre, d’aller trop loin dans ses positions,
sa rétraction peut se révéler brutale et douloureuse.
Dans
tous les cas, le plus important reste d’alimenter le « bouche à oreille ».
Je ne parle pas de la rumeur, mais bien de l’arme la plus efficace de la
communication. L’échange entre personne reste le moyen de diffusion, de
persuasion et de notoriété le plus performant que l’on ne pourra jamais
inventer.
Faire et faire savoir
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Faire
et faire savoir, autrefois l’un n’allait pas sans l’autre. Mais aujourd’hui, dans
un renversement des valeurs, le faire savoir devient plus important que le
faire. La forme prend le pas sur le fond. L’hyper communication de notre
société conjugué à l’instantanéité se traduit par une prédominance du paraître.
Il suffit d’une phrase, même absurde, « Mais allo, quoi,
allo ! » pour devenir une starlette.
Notre
impatience est devenue absolue. En 1984, Jean Louis Servan Schreiber relevait
déjà dans « L’Art du Temps » (éditions Fayard) cette accélération
parfois déraisonnable :
« Le
mode de communication le plus sophistiqué est devenu le message publicitaire
télévisé, puisqu’il faut tout dire en 30 secondes… »
« Un
temps de réponse de 5 secondes sur un ordinateur est vécu comme
interminable… »
« On
a aussi mesuré au bout de combien de temps d’attente un professeur qui vient
d’interroger un élève a l’impression de celui-ci ne va pas répondre.
Réponse : 0,9 seconde. »
« A
l’arrivée du Concorde à New York, une panne d’électricité a coincé durant
quelques instants la porte de sortie. Au bout de 7 minutes, les passagers calculaient ce qu’ils allaient demander comme
indemnité à Air France. Au bout d’un quart d’heure, ils étaient au bord de
l’émeute. »
Nous
avons le même comportement lorsqu’il s’agit de se faire une opinion, de choisir
ou d’être convaincu. Le plus long des reportages des journaux télévisés
culminent à 90 secondes et au-delà de 2 minutes une musique est coupée en
radio. C’est dire que nous nous forgeons une conviction en quelques secondes.
Celle-ci ne peut donc être basée sur des arguments qui n’ont plus le temps
d’être déployés. Ce sont désormais sur des critères plus subjectifs que nous
nous basons : l’apparence physique, le style vestimentaire, la manière de
bouger, de parler, le ton de la voix, la bonne formule…
La
séduction a pris la place de la réflexion. Le faire savoir l’a emporté sur le faire.
L’importance se juge à la visibilité médiatique.


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